Jean-Pierre Giess
Le syndrome métabolique n’est pas une pathologie en soi, mais un lent glissement vers celles qui font le plus de dégâts dans le monde : surpoids, maladies cardio-vasculaires, diabète, cancers mais aussi dépression et démence. Typiquement, c’est la phase à laquelle personne (ou presque) ne s’intéresse avant que l’une de ces pathologies ne soit explicitement déclarée.
Cette déviance métabolique est très courante dans nos sociétés imprégnées de sucre. Elle est annonciatrice à moyen terme d’un diabète de type 2 si aucune correction n’est entreprise. Malheureusement, on ne se découvre diabétique en général qu’après un malaise dû à une hypoglycémie ou parce qu’une analyse a révélé une glycémie à jeun trop élevée. Alors qu’il existe au moins deux signaux d’alarme plus précoces : l’hémoglobine glyquée et l’indice Homa. L’HbA1c (désignation de l’hémoglobine glyquée) est bien connue des diabétiques ; elle reflète le degré de " caramélisation " des protéines sanguines et s’exprime en pourcentage de celles-ci. Plus il y a de sucre dans le sang (ce qui suggère une résistance à l’insuline), plus cette valeur est élevée.
L’indice Homa (pour Modèle d’évaluation de l’homéostasie, en français) est encore plus prédictif ; il repose sur la mise en équation de la glycémie et de l’insulinémie à jeun. Cet indice peut d’ailleurs aussi s’avérer utile vis-à-vis du syndrome des ovaires polykystiques, de l’infertilité chez la femme, du déclin cognitif ou de la stéatose hépatique non alcoolique. Le syndrome métabolique peut être corrigé grâce à un changement d'alimentation s’inspirant du régime méditerranéen, renforcé si nécessaire de certains micronutriments (zinc, sélénium, magnésium…).
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Le stress constitue un facteur tantôt déclenchant, tantôt aggravant dans de nombreux dysfonctionnements. S’il convient d’abord d’apprendre à le gérer, il faut aussi s’intéresser à deux de ses principaux marqueurs, détectables dans la salive. Le cortisol, déclencheur du réflexe de survie (« fight or flight », ou « combattre ou fuir »), renseignera sur la réponse au stress de l’axe cerveau-surrénales et sur son statut (surrégime ou épuisement).
À doser dès le réveil (a) puis trente minutes après (b) – c’est le Cortisol Awakening Response, ou réponse de réveil du cortisol. Un rapport b/a > 100 % indique un stress chronique, tandis que b/a < 50 % suggère un état d’épuisement. L’alpha-amylase (enzyme de la digestion des glucides) permet, elle, de détecter un surrégime du système nerveux orthosympathique. À doser aussi au réveil et trente minutes après. Si b > a, l’orthosympathique est en surstimulation.
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La thyroïde exerce une influence sur l’ensemble du métabolisme. Or on associe rarement la dysfonction thyroïdienne au syndrome métabolique (SM) ; de récentes études ont pourtant révélé un lien indubitable, notamment sur l’altération du profil lipidique et la résistance à l’insuline. Si on ne sait pas lequel impacte l’autre, il est probable que dysfonctionnement thyroïdien et SM s’accompagnent assez souvent dans leur étiologie, notamment sous l’influence de facteurs d’hygiène de vie).
Lorsqu’elle fonctionne bien, la thyroïde produit essentiellement deux hormones : la thyroxine (T4) et la tri-iodothyronine (T3). Il arrive que la thyroïde ne métabolise plus correctement la T4 : au lieu de la transformer en quantité suffisante en T3 libre, elle a tendance à l’orienter en excès vers une forme inactive et inutilisable par l’organisme, la T3 reverse (rT3). Dans ce cas, les tests de mesures usuels du fonctionnement thyroïdien (seulement TSH, ou TSH et T4) ne décèlent parfois rien d’anormal. Il est alors opportun de rechercher cette rT3, ou de vérifier si des carences ne compliquent pas cette conversion.
Il faut notamment veiller à l’apport suffisant de certains cofacteurs enzymatiques nécessaires à la transformation de T4 et T3. Ces cofacteurs sont des nutriments que l’on retrouve dans l’alimentation :
• la tyrosine dans les protéines animales ;
• l’iode dans les huîtres et les algues alimentaires… ;
• le fer dans les céréales non-raffinées, les lentilles, le soja… ;
• le zinc dans les viandes et abats, les huîtres, les germes de blé, le sésame… ;
• le sélénium dans les noix du Brésil, les poissons gras, le jaune d’œuf…
D’autres facteurs peuvent favoriser la transformation excessive de T4 en T3 inactive, tels un traitement aux corticoïdes et la production excessive de cortisol (stress chronique), un taux de ferritine bas, ainsi que certains traitements médicamenteux.
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C’est une molécule capitale de notre physiologie, avec une pléthore d’implications majeures. On l’assimile d’ailleurs désormais à une véritable hormone, ce qui lui rend justice sur le plan de son importance, notamment dans l’expression de nombreux gènes – en plus de tous ses autres rôles bien connus. Connaître son statut en " hormone D " est donc vital, 80 % de la population se trouvant en insuffisance (moins de 30 ng/ml selon l’étude nationale Nutrition Santé de 2006/2007).
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