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Des oligoéléments ciblés pour chaque situation

Zinc, cuivre, argent, phosphore, manganèse... Les minéraux que sont les oligoéléments sont présents à des doses minimes dans nos organismes mais ils sont essentiels à de nombreuses fonctions corporelles. Découvrez comment vous en servir au mieux, selon votre profil ou pour favoriser une fonction précise.

Frédéric Bernard

Si l’oligothérapie peut s'utiliser selon des profils particuliers, pour redresser un terrain avec un ensemble de caractéristiques, les oligoéléments peuvent aussi être utilisés de façon unitaire, ciblée, en fonction de leurs propriétés très variées de l’un à l’autre, allant par exemple d’un effet anti-infectieux puissant à une capacité antioxydante, en passant par des vertus anti-inflammatoires et autres.

Tous les oligoéléments se retrouvent dans le tableau périodique des éléments de Mendeleïev. Voici une liste des principaux utilisés en oligothérapie, avec leurs indications.

  • Argent (Ag) : désormais bien connu grâce à la renommée médiatique de l’argent colloïdal, il est un anti-infectieux de premier ordre et un stimulant immunitaire. C’est là son principal usage (bien que la consommation interne ne soit pas autorisée en France), de façon ponctuelle lors d’un épisode infectieux. Capable de tuer de nombreux germes (bactéries, virus, champignons), il est utilisé depuis bien longtemps (pour des usages qui ont été officiellement validés) par des compagnies aériennes et dans des navettes spatiales américaines et russes pour purifier l’eau, ainsi que dans des hôpitaux pour éviter la légionellose dans leurs réseaux d’eau chaude, etc.
  • Bismuth (Bi) : très spécifique, il est utilisé avec un grand bénéfice en cas de mal de gorge, de par son action anti-inflammatoire et antiseptique.
  • Chrome (Cr) : cet oligoélément étant un cofacteur de la pénétration cellulaire du glucose, il permet de faire baisser la glycémie et n’est pas dénué d’intérêt en cas de compulsions sucrées, pour diminuer les envies de sucre.

Chrome trivalent et chrome hexavalent : à  ne pas confondre !

Certains se posent peut-être des questions sur les risques liés à la consommation de chrome. En effet, certains types sont particulièrement toxiques (et rendus célèbres par un film de procès avec Julia Roberts*). C’est le cas du chrome hexavalent, un cancérigène avéré.

Rassurez-vous, ce n’est pas la forme utilisée en thérapie, où l’on retrouve du chrome trivalent : chlorure, picolinate, etc. De plus, les dosages utilisés en oligothérapie ne présentent aucun danger.

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  • Cobalt (Co) : c’est un puissant vasodilatateur (il augmente le diamètre des vaisseaux sanguins), avec pour conséquence directe d’exercer un effet hypotenseur et de faciliter la circulation. Son mécanisme d’action passe par un équilibrage du système neurovégétatif en diminuant l’activité de la branche orthosympathique. Il sera intéressant dans les cas de migraines circulatoires, d’artérite, etc., ainsi que dans l’hypertension d’origine nerveuse ou les spasmes (en association éventuelle avec le magnésium ou le phosphore). Le complexe formé en association avec le manganèse équilibre le profil 1.
  • Cuivre (Cu) : voici un élément doté de multiples facettes. Très bon anti-­infectieux et stimulant immunitaire, il fait merveille dans des cas de grippe par exemple, avec une amélioration de l’état très rapide. Dans ce type de cas, la prise est ponctuelle, sur quelques jours, à raison de trois doses par jour pour un adulte. Mais il est également intéressant lors d’une inflammation articulaire par exemple. En effet, il va réduire le stress oxydatif dans les articulations (par son activation de la superoxyde dismutase), diminuer l’inflammation et soutenir la qualité des tissus conjonctifs (ici le cartilage) par son rôle dans la synthèse du collagène. Il pourra dans cet usage être pris sur du plus long terme à doses moins importantes (une par jour). Pour rappel, il fait partie de la triade qui traite le profil 4.
  • Lithium (Li) : grand régulateur du psychisme comme tranquillisant et anxiolytique, il sera indiqué en cas d’angoisses, d’anxiété, d’insomnies nerveuses, de dépression légère à modérée, d’irritabilité, etc. En oligothérapie, étant donné le faible dosage, on peut prendre sans surveillance particulière jusqu’à 6 doses par jour (lire encadré ci-dessous).

Pour le lithium, tout est dans la dose

Les traitements à base de lithium proposés en oligothérapie ne doivent pas être confondus avec les médicaments psychiatriques utilisant le même élément. En effet, le Théralithe, utilisé comme régulateur de l’humeur, nécessite une surveillance particulière en cas d’insuffisance rénale ou cardiaque par exemple, étant donné les dosages importants. Les risques ne sont pas comparables heureusement avec les faibles apports en oligothérapie.

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  • Manganèse (Mn) : antiallergique (régulateur de la D1), il est aussi antioxydant en servant à l’activité de la superoxyde dismutase, et utile à la qualité des tissus conjonctifs (cartilages, trame osseuse, ongles, etc.). Il est donc indiqué en cas de terrain arthritique.
  • Molybdène (Mo) : jouant un rôle dans la formation de l’ADN et le métabolisme de certains acides aminés, il est aussi impliqué dans des mécanismes hépatiques d’élimination de toxiques (notamment sulfites et formaldéhydes), ainsi que dans la croissance osseuse et la structure dentaire.
  • Or (Au) : excellent anti-infectieux à large spectre, tout comme l’argent et le cuivre avec lesquels il forme le complexedu profil 4, il est aussi stimulant immunitaire puisqu’il augmente la phagocytose. Par ailleurs, en stimulant l’activité cellulaire, il permet d’accélérer la cicatrisation des plaies.
  • Phosphore (P) : très bon antispasmodique par son rôle dans l’activité neuromusculaire, il est également indispensable à la bonne fonction des glandes parathyroïdes (métabolisme phosphocalcique) et impliqué dans l’efficacité de certaines fonctions cognitives. Voilà qui le rend pertinent dans des indications assez variées, comme les spasmes, les crampes, l’asthénie cérébrale, les troubles du métabolisme du calcium, la spasmophilie, les dysesthésies des membres, etc.

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Ni trop ni trop peu

Autant la carence d’un élément est délétère, autant l’excès de certains peut également s’avérer dangereux. Prenons l’exemple du sélénium, dont les signes d’intoxication par excès ont été décrits pour la première fois par Marco Polo, lorsqu’il observa que ses chevaux tombaient malades (déformations et fissures des sabots), ce qui n’était pas le cas des chevaux locaux.

Il a également observé que ces derniers ne consommaient pas l’astragale (plante connue pour accumuler le sélénium lorsqu’elle puise dans un sol en contenant beaucoup, ce qui est le cas dans l’ouest de la Chine). C’est ce type d’épisodes qui a fait craindre que le sélénium ne soit toxique, avant d’en comprendre les vertus.

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  • Sélénium (Se) : oligoélément permettant d’activer le glutathion péroxydase, une enzyme à l’activité antioxydante, le sélénium est également impliqué dans le fonctionnement des muscles squelettiques (ceux qui, s'insérant dans les os, permettent la posture et le mouvement). Sa prise permet aussi d’augmenter l’élimination de l’urée, de stimuler les échanges cellulaires et de lutter contre les néoformations. Petit rappel, les fumeurs ont des besoins en sélénium augmentés de par le stress oxydatif généré.
  • Soufre (S) : indispensable aux mécanismes hépatiques de détoxication, il est aussi intéressant lors d’encombrements respiratoires et de pathologies ORL récidivantes. Il sert à la fabrication des protéoglycanes, c’est-à-dire de constituants essentiels du cartilage. Ceci sans compter sur son rôle dans la production de collagène donc l’entretien des tissus conjonctifs, ainsi que sur sa capacité à améliorer l’état cutané. Enfin, associé à une prise de manganèse, il participe à l’amélioration des symptômes allergiques. Comme vous pouvez le constater, le soufre est un oligo­élément particulièrement polyvalent.
  • Zinc (Zn) : impliqué dans l’activité de plus de 200 enzymes, difficile de dresser une liste exhaustive de ses indications : faiblesse immunitaire, cicatrisation, régulation hypophysaire, utilisation et stockage de l’insuline, déséquilibre du système neurovégétatif, retard de croissance, etc. Associé au cuivre, il forme le complexe régulateur du syndrome de désadaptation.

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Alimentation : misez sur les fruits de mer, noix, graines et crucifères

Comme évoqué précédemment, plus votre alimentation sera industrielle et transformée et moins elle contiendra les précieux oligoéléments. Hormis cette recommandation générale, il y a des aliments qui sont particulièrement intéressants, et en premier lieu les huîtres et autres fruits de mer, qui, vivant dans une eau chargée en minéraux et en éléments traces, sont d’excellents pourvoyeurs de ces nutriments.

Si ensuite vous cherchez à mettre l’accent sur un apport spécifique, les possibilités sont multiples. Le zinc est par exemple bien présent dans les graines de courge, le foie de veau, le seigle germé ou les champignons shiitakés, tandis que les apports en soufre seront assurés par les fèves, les écrevisses, la volaille, les plantes de la famille des brassicacées (anciennement crucifères) et particulièrement les choux verts, les radis et radis noirs.

Si c’est le sélénium que vous recherchez, orientez-vous vers les cèpes, les noix du Brésil, les calamars, les homards ou les langoustes, mais si vous voulez favoriser vos apports en manganèse, vous pouvez miser sur les pois cassés et les pois chiches, les myrtilles, le germe de blé, les noisettes ou les moules.

Bref, vous l’avez compris, avec une alimentation variée et non dénaturée, vous aurez normalement des apports corrects.

Tabac, stress, alcool, médicaments : comment ils nuisent à l'assimilation des oligoéléments

Veiller à des apports oligoélémentaires suffisants dans l’alimentation ne fait pas tout, car certaines de nos consommations ou de nos expositions peuvent provoquer des fuites, des baisses d’assimilation ou des surconsommations de nutriments. C’est par exemple le cas du tabagisme, de l’abus d’alcool, du stress chronique, mais aussi de la prise de certains médicaments, comme la pilule contraceptive ou les antibiotiques.

La pollution est également vectrice de carences : hydrocarbures, métaux lourds, pesticides, ou composés halogénés utilisés dans beaucoup d’industries (textile, plastique, papetière, pharmaceutique…).

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