Jean-Pierre Giess
Si le rétablissement du terrain par la correction alimentaire, et le cas échéant, des compléments nutritionnels adaptés (vit. D, zinc, sélénium, etc.), constitue une base qui permet déjà une amélioration dans bien des cas, il faut quelquefois pousser l’investigation jusqu'au champ de l’immunité. Car, d’un côté, l’expression de nombreux gènes peut être perturbée par des facteurs environnementaux sur lesquels nous n’avons que peu de prise, et de l’autre, des virus courants comme l’herpès, Epstein-Barr (EBV) ou le cytomégalovirus (CMV), ou des bactéries comme Borrelia, sont souvent sous-jacents et contributeurs d’une grande diversité de troubles de santé.
Le Dr Gilbert Glady a transposé dans sa pratique des innovations récentes du domaine de la biologie cellulaire. Il a dénommé sa démarche la Bi(g) Med, pour BioImmune Gene MEDicine, qu’on pourrait traduire par " biomédecine immunogénétique ". Elle consiste en une conception à la fois holistique, dans la compréhension de la personne en souffrance, et cellulaire, sur le plan de l’intervention. " L’objectif est d’aider la cellule à rétablir ses propres processus d’autorégulation ", explique le Dr Glady. Ce qui est rendu possible par les récentes découvertes relatives aux processus immunologiques et génétiques impliqués dans les maladies chroniques.

On redécouvre aujourd’hui que les pathologies chroniques – qui ont pris l’ascendant sur les maladies inflammatoires depuis la Seconde Guerre mondiale du fait notamment de l’évolution des modes de vie – intègrent souvent une composante infectieuse par le biais de réactivations à bas bruit – on parle d’infections froides. Ainsi, le virus de l’herpès simplex (HSV-1) exposerait deux fois plus au risque de démence (Alzheimer…).
Le cytomégalovirus est fortement suspecté de favoriser le glioblastome (tumeur primitive du cerveau). Quant au virus d’Epstein-Barr, il est associé à de nombreux cancers, à la sclérose en plaques, Parkinson ou encore la thyroïdite de Hashimoto. Leur expression peut être contenue avec l’immunogénétique, ainsi que par des moyens naturels – lire sur notre site : Mononucléose et virus Epstein-Barr : quels remèdes naturels ?
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Comme le précise Narges Bahi, docteure en biologie et responsable scientifique de l'Association européenne de biomédecine immunogénétique (EBMA), " la démarche de la biomédecine immunogénétique s’éloigne de l’approche symptomatique classique pour intervenir en amont de l’émergence de symptômes ". Il s’agit donc d’abord d’évaluer le fonctionnement du système immunitaire, en particulier sa composante adaptative (par opposition à l’inné). Un premier bilan fera état d’un typage lymphocytaire, qui permet d’évaluer les populations constitutives du système immunitaire adaptatif. Des cellules comme les CD8 ou les lymphocytes T régulateurs peuvent suggérer, selon leur numération, une infection chronique ou un processus auto-immun en cours.
Autre bilan de fond, celui du profil protéique, qui est au génome ce que le papillon est à la chenille : l’expression d’un potentiel. Le profil protéique, ou protéome, est un ensemble en constante évolution en fonction des conditions extra et intra cellulaires. Pour donner une idée de son importance, il comporte davantage de protéines que le génome ne renferme de gènes. Le connaître permet de mieux comprendre les mécanismes moléculaires impliqués dans un grand nombre de fonctions cellulaires et physiologiques.
Le profil protéique porte sur une dizaine de familles de protéines produites par le foie. Il va donner une image de l’immunité sur les plans inflammatoire, infectieux et nutritionnel. " Le typage lymphocytaire va recenser les principales populations de cellules immunitaires, et le profil protéique les molécules engagées dans ce système ", explique Gilbert Glady. Ce tableau génère comme une cartographie du système immunitaire. À titre d’exemple, si l’analyse révèle un niveau élevé de protéine C3, le sujet est probablement aux prises avec une infection chronique post-aiguë – aussi appelée syndrome post-infection – comme Lyme, le Covid long, la fibromyalgie, la fatigue chronique…
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La rupture de l’homéostasie cellulaire est souvent due à un dysfonctionnement du mécanisme de transcription de l’ADN en ARN messager (ARNm) puis de sa traduction en protéines. Or, seul 3 % de notre ADN est transcrit en ARNm, le reste générant notamment des microARN, qui ont le pouvoir de rendre silencieux les ARNm non désirables.
Le Dr Glady utilise le pouvoir régulateur de ces microARN et la puissance des ultra-faibles doses (jusqu’à 200 CH) pour redonner aux cellules l’information nécessaire à leur bon fonctionnement et ainsi leur permettre de retrouver la voie de l’autoguérison.
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