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L’inflammation chronique, ennemie insidieuse

En marge des analyses de laboratoire usuelles, il existe une panoplie de tests et analyses dits " fonctionnels ", peu connus et peu utilisés, sauf par quelques praticiens spécialisés. Cette approche est souvent pertinente pour tantôt anticiper la survenue de troubles, tantôt évaluer plus finement un terrain en souffrance, et le cas échéant, mieux le corriger.

Jean-Pierre Giess

S’il est un facteur engagé dans la quasi-totalité des troubles de santé, c’est bien l’inflammation chronique. Elle devrait donc être considérée avec le plus grand intérêt, aussi bien devant les maladies cardio-vasculaires qu’auto-immunes, métaboliques ou ostéoarticulaires. Alors que l’inflammation de haut grade est couramment traitée par des AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens), des corticoïdes et autres inhibiteurs du TNF (tumor necrosis factor, ou facteur de nécrose tumorale), l’inflammation de bas grade, insidieuse et asymptomatique, n’est jamais prise en charge. Or sa détection pourrait donner lieu à des ajustements alimentaires et d’hygiène de vie, de manière à contrôler son évolution.

Le tissu adipeux : un presque organe " qui  secrète des molécules

Faire attention à sa ligne n’a pas qu’un avantage esthétique. Le tissu adipeux est désormais considéré comme un " presque organe ", capable de secréter des dizaines de molécules interagissant avec la plupart des systèmes du corps. En particulier la leptine, l’hormone de la satiété, et l’adiponectine, hormone métabolique anti-inflammatoire et qui limite la résistance à l’insuline.

Or, dans le cadre de la prise de poids et d’une hygiène de vie défavorable, le tissu adipeux subit un stress oxydant, et notamment une hypoxie (manque d’oxygène), le tout évoluant souvent en inflammation. Résultat : il synthétise plus de leptine, ce qui induit une certaine insensibilité (phénomène de résistance), et moins d’adiponectine. Ces deux hormones sont faciles à doser dans le sang, leur rapport indiquant si le tissu adipeux participe éventuellement à une inflammation chronique.

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Vitamines B, zinc : soutenir l’élimination par la méthylation

Une moindre capacité à éliminer les déchets et toxines est le corollaire de nombreux soucis de santé. La méthylation est un processus biochimique qui active l’une des voies principales de l’évacuation (détox) des molécules indésirables. Elle consiste en l’attachement de groupes d’atomes CH3 sur la molécule à évacuer. Ce processus peut se trouver affaibli, notamment en raison d’un déficit en vitamine du groupe B (surtout B6, B9 et B12) et en zinc, mais aussi d’une variation génétique dans l’expression d’une enzyme nécessaire à la méthylation.

Dans ce cas, le dosage de l’homocystéine dans le sang augmente, ce qui en fait un marqueur fiable de la qualité de la méthylation. Cette augmentation doit être corrigée, non seulement pour favoriser la méthylation, mais aussi parce que l’homocystéine est suspectée d’augmenter le risque cardio-vasculaire et de nuire à la cognition.

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Doser les acides gras

Dans le domaine du métabolisme des lipides, tout le monde connaît le binôme cholestérol-triglycérides, couramment dosé, mais plutôt avare de pistes à suivre pour qui voudrait les corriger par l'hygiène de vie. Il existe un autre binôme, mieux indiqué, car reflet assez fidèle de l’approvisionnement alimentaire en matières grasses de qualité et du statut inflammatoire   : il s’agit de l’acide eicosapentaénoïque (EPA) et de l’acide arachidonique (AA).

Aisément dosables, ils se retrouvent dans les membranes des globules rouges, et reflètent la qualité des lipides ingérés sur les quatre derniers mois. Trop d’AA signifie trop d’acides gras de mauvaise qualité dans l’alimentation, alors qu’un ratio favorable à l’EPA indiquera que l’assiette contient assez de lipides de bonne qualité et une tendance plutôt anti-inflammatoire.

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CRP, le messager de l’inflammation

La protéine C réactive (CRP), une cytokine produite par le foie, est un indicateur d’inflammation souvent analysé. L’état inflammatoire est d’autant plus virulent que la CRP est élevée. Cependant, des valeurs " acceptables " de CRP (moins de 6 mg/l) ne signifient pas forcément qu’il n’existe pas d’inflammation ; en effet, les " maladies de civilisation " (diabète, maladies cardio-vasculaires, auto-immunes, etc.) et leurs précurseurs (dysbiose intestinale, syndrome métabolique…) s’accompagnent souvent d’une inflammation dite de bas grade, qui n’élève pas la CRP au-delà du seuil d’alerte.

C’est tout l’intérêt de la CRP ultrasensible de révéler ces phases précoces silencieuses, qu’il est plus facile de corriger, notamment par des adaptations de l’hygiène de vie, pour éviter que le terrain n’évolue vers une inflammation chronique manifeste.

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L’intolérance à l’histamine, plus courante qu’on ne croit

Depuis cinq décennies, une partie de la population développe une hypersensibilité, se traduisant par des maux de tête, des nausées, des douleurs abdominales, de l’urticaire, des arythmies… Pour s’en assurer, on peut procéder au dosage de la diamine oxydase (DAO), l’enzyme de la dégradation de l’histamine (cf. Histamine : l’allergie cachée qui empoisonne votre quotidien).

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