La rédaction
Faut-il adapter ses routines de sommeil à chaque âge de la vie ? Et, lorsque les réveils nocturnes, ronflements, apnées et autres parasites du sommeil altèrent nos nuits, quand s’en inquiéter ? Certains conseils ne concernent que les sexagénaires, d’autres les nourrissons mais beaucoup sont à adapter de 7 à 77 ans.
" Lorsque l’on vieillit, globalement, la durée du sommeil reste la même, mais on dort différemment et il faut l’accepter ", commente la Dre Royant-Parola. Selon elle, ce sont surtout les mauvaises habitudes, particulièrement à l’âge de la retraite, qui déstabilisent notre sommeil : " Souvent, les sexagénaires veulent dormir plus que nécessaire et c’est, ironiquement, cela qui génère des difficultés d’endormissement. Beaucoup de personnes âgées aimeraient dormir de 20 h 30 à 8 heures le lendemain. Or ce n’est pas possible pour le cerveau, c’est trop. Ces personnes viennent ensuite nous voir avec une vraie plainte d’insomnie, de fatigue et de somnolence en journée. Il leur faut simplement réadapter leurs habitudes, se coucher plus tard, éviter les longues siestes ou de traîner le matin au lit. Cela permet souvent d’éviter un cercle vicieux ou la prise de médicaments. "
Après la ménopause chez les femmes et à la soixantaine chez les hommes, le sommeil devient plus fractionné, avec une envie de sieste en journée ou des réveils nocturnes, mais cela ne doit pas forcément vous inquiéter (lire plus bas). En revanche, si votre sommeil se révèle moins réparateur malgré de bonnes habitudes, la luminothérapie et une activité physique suffisante sont deux solutions qui ont fait leur preuve chez les sujets âgés.
[lireaussi:8869]

Pour Sylvie Royant-Parola, « tout dépend. Si c’est une à deux heures en plus le week-end, ça peut-être une bonne idée mais pas plus de deux heures, sinon cela forme une rupture de rythme qui est déconseillée ».
Non seulement le sommeil manqué la semaine ne se rattrape pas réellement le week-end, mais changer vos habitudes de sommeil le week-end peut, à terme, avoir un effet négatif sur vos rythmes circadiens et rendre encore plus difficile le réveil matinal du lundi matin.
[lireaussi:8706]
La cohorte Elfe, qui suit 18 000 enfants français nés en 2011, montre chez l’adolescent un impact négatif proportionnel dose/réponse sur le sommeil de l’utilisation dans la soirée d’ordinateurs ou de smartphones. Plus de deux heures d’écrans en soirée modifient " considérablement " la durée du sommeil en semaine avec une " vraie privation " ou restriction de sommeil (nuit de moins de six heures).
Somnolence, manque d’énergie, irritabilité… les conséquences sont visibles dès le lendemain. L’utilisation des écrans durant la nuit a des effets encore plus délétères et ce, même avec une exposition de moins de trente minutes. Ainsi, " ce n’est pas l’utilisation des écrans qui est en soi un problème, c’est le contexte et la manière de les utiliser ", résume Sylvie Royant-Parola. Et cela altère les capacités d’attention, de concentration et de mémoire de nos enfants, jusqu’à " parfois entraîner des difficultés scolaires " et, chez les tout-petits, " principalement des troubles du comportement les rendant plus agressifs ou instables ".
Deux règles simples pour éviter cet écueil : moins de deux heures d’écran en soirée, et zéro écran au lit et durant la nuit. En effet, 43 % des parents sous-estiment le besoin de sommeil de leurs enfants. Sachez donc qu’un enfant a besoin de :
[lireaussi:8726]

Un exercice physique intense en soirée peut affecter l’endormissement en augmentant la température corporelle et notre adrénaline. Toutefois, une étude menée par l’université de Caen-Normandie montre qu’une activité physique modérée pratiquée une heure avant l’endormissement n’affecte que " légèrement " l’efficacité du sommeil (de 1,5 % pour être précis, et chez des adultes en bonne santé). Selon les chercheurs, cela ne devrait donc " pas dissuader de faire un peu de sport avant la nuit si c’est le seul moment disponible dans la journée ".
En effet, les personnes ayant une activité physique modérée à vigoureuse ont globalement un sommeil moins perturbé. Mieux vaut donc favoriser un effort modéré en soirée avec, comme le conseille la Dre Pascale Gélis Imbert, un temps de retour au calme " nécessaire à la diminution de l’activité des centres de l’éveil " et " une douche fraîche et rapide, pour abaisser la température corporelle ".
[lireaussi:8979]
Le réveil nocturne est la bête noire de nos nuits. Lorsqu’il survient par période, notamment en lien avec un stress personnel ou professionnel et/ou que vous parvenez à vous rendormir derrière, il n’y a pas à s’inquiéter. Notre sommeil traverse environ six cycles durant une nuit, et de courts éveils sont tout à fait normaux. C’est lorsque cela devient systématique qu’il faut aller consulter, c’est-à-dire au moins trois réveils nocturnes par semaine (durant lesquels vous avez du mal à vous rendormir) et ce durant trois mois.
Sachez aussi que soupers copieux et alcool sont deux facteurs qui favorisent les réveils nocturnes. L’alcool perturbe la sécrétion de mélatonine (l’hormone du sommeil) et conduit à un sommeil irrégulier et de mauvaise qualité. Il aggrave aussi l’apnée du sommeil et perturbe le sommeil profond (jusqu’à générer des réveils nocturnes durant lesquels vous n’arrivez pas à vous rendormir). L’idéal est d’arrêter de boire de l’alcool au moins trois heures avant d’aller se coucher pour qu’il n’ait pas ce type d’impact négatif.
[lireaussi:9283]

Efficace pour s’endormir, l’autohypnose (notamment à l’aide d’un enregistrement audio disponible sur Internet) calme les pensées intrusives et coupe des stimuli extérieurs pour un endormissement plus rapide. Dans une ambiance tamisée, accompagné d’une musique apaisante, allongez-vous sur le dos et respirez en gonflant le ventre.
[lireaussi:9342]
Le ronflement chronique concerne un quart des femmes, 40 à 60 % des hommes et 10 % des enfants, selon la National Sleep Foundation. Pour autant, s’il ne génère pas de troubles du sommeil ou d’apnée, il n’est pas considéré comme un problème de santé. Lié à des causes anatomiques (déviation de la cloison nasale, mâchoire petite ou en retrait, obésité, amygdales, langue ou palais mou volumineux) ou temporaires (grossesse, rhume, médicaments sédatifs), il peut s’améliorer via des méthodes naturelles ou certains accessoires, comme un oreiller (lirePositions, literie : dormir du bon pied).
Parmi les méthodes efficaces – et avant d’en venir aux orthèses d’avancée mandibulaires ou aux appareils respiratoires à pression positive continue (PPC) –, figurent les exercices de musculation de la bouche et de la gorge qui encouragent la respiration par le nez, et peuvent améliorer l’apnée obstructive du sommeil et réduire le ronflement.
[lireaussi:9342]

• L’étirement de la langue : bouche ouverte, tirez la langue aussi loin que vous le pouvez. Essayez de toucher votre menton avec votre langue tout en regardant le plafond. Maintenez la position pendant dix à quinze secondes et augmentez progressivement la durée. Répétez 5 fois.
• La poussée de la langue vers le haut ou vers le bas : collez votre langue contre le palais ou contre vos dents inférieures, et appuyez toute votre langue contre ces derniers. Maintenez cette position pendant dix secondes. Répétez 5 fois.
• Répéter plusieurs fois les voyelles " a, e, i, o, u " ou des sons comme " ooh-aaah ".
Ces exercices sont à pratiquer au moins trois fois par jour pendant trois mois pour obtenir des résultats.
[lireaussi:9176]
S’il vous prend l’envie de vous procurer l’un de ces coûteux appareils de stimulation crânienne par électrothérapie (alias CES) qui prétendent " réinitialiser votre horloge biologique " pour vous aider à vous endormir, sachez qu’ils n’ont pas fait la preuve de leur efficacité sur l’insomnie. Vous lirez sûrement, ici et là, que ces électrodes – que l’on place sur le crâne et qui envoient dans le cerveau d’imperceptibles courants électriques – sont approuvées comme dispositifs médicaux par la Food and Drug Administration (FDA) mais elles l’ont été en 1979, sans soumission de données d’essais cliniques sur leur efficacité. Et la FDA reconnaît d’ailleurs aujourd’hui l’absence de " preuve définitive " de leur efficacité sur l’insomnie. Pour la Dre Sylvie Royant-Parola, ces dispositifs relèvent " d’un marketing totalement bidon basé sur un phénomène qui n’a pas scientifiquement fait ses preuves ".
Apprendre à dompter naturellement votre horloge biologique se révélera sûrement plus efficace. Pour cela, l’exposition à la lumière est l’un des facteurs les plus importants pour réguler notre rythme circadien et contribue à synchroniser le cycle veille/sommeil naturel du corps. Vous pouvez donc vous exposer un maximum à la lumière naturelle en journée, vous y exposer dès que possible le matin et tamiser les lumières deux heures avant le coucher en soirée.
N’oubliez pas, aussi, de vous créer une vraie routine de sommeil avec un endormissement à heure fixe, une tisane, une méditation ou toute autre activité calme.
[lireaussi:6658]

" Les bénéfices du cannabidiol sur le sommeil ne font pas l’objet de beaucoup d’études scientifiques ", rappelle le Pr Nicolas Authier dans son Petit livre du CBD. Pour autant, certaines études montrent une augmentation de la durée de sommeil pour une posologie de 160 mg/jour.
Cet effet anxiolytique du CBD ressenti par certains pourrait être lié à sa capacité à agir sur notre humeur (via notre sérotonine), facilitant ainsi l’endormissement.
[lireaussi:9343]
[lireaussi:9043]