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Stress, anxiété, maladies neurodégénératives : l'apport des champignons médicinaux

La mycothérapie, science qui étudie l’utilisation médicinale des champignons, est multimillénaire. Confortée par un nombre croissant d’études scientifiques, elle n’a rien à envier à la phytothérapie ou la micronutrition. Mais quels champignons ont prouvé leur efficacité et pour quel usage ? Comment agissent-ils ? Comment les choisir sans se tromper ? Un univers à redécouvrir à la lumière des connaissances actuelles.

Dimitri Jacques

Le stress chronique fait le lit de la dépression qui, si elle dure trop, augmente le risque de développer un jour une maladie neurodégénérative. Les champignons médicinaux peuvent agir à chacun de ces niveaux, mais le mieux reste la prévention dès le départ. L’excès de stress ralentit le renouvellement des neurones et abaisse les taux de BDNF (un facteur neurotrophique dérivé du cerveau et principal facteur de croissance cérébrale), contrarie le métabolisme de la sérotonine (principal neurotransmetteur apaisant) et participe à des phénomènes inflammatoires préjudiciables, en particulier à l’axe intestin-cerveau.

Stress, anxiété, dépression : agir dès que possible

En tête des champignons qui peuvent aider, Hericium erinaceus, aussi appelé crinière de lion. Même si son efficacité n’a pas encore été confrontée directement à celle des antidépresseurs, les études précliniques suggèrent un effet antidépresseur. L’Hericium relance le BDNF, stimule la production de sérotonine et encadre les réactions inflammatoires, dont les excès sont toujours préjudiciables au cerveau. Une étude montre une amélioration des symptomes de la dépression et de l’anxiété, selon l’échelle d'évaluation du Center for Epidemiologic Studies, grâce à la prise d’Hericium pendant quatre semaines. Ses principaux actifs, les héricénones et les érinacines, agissent sur le système nerveux autonome via le facteur de croissance GNF.

D’autres champignons ont leur mot à dire contre la dépression, comme le reishi. Ses propriétés anti-inflammatoires n’y sont sans doute pas étrangères. En effet, nous savons aujourd’hui que les dépressions résistantes sont associées à des phénomènes inflammatoires cérébraux. Lutter contre l’inflammation systémique est aujourd’hui considéré par la science comme une des stratégies possibles pour soigner la dépression.

Le Cordyceps a également une action antidépressive grâce à certains de ses constituants qui agissent sur les récepteurs adrénergiques et dopaminergiques des neurones. L’association du Cordyceps et de l’Armillaria mellea s’est montrée capable d’atténuer les comportements dépressifs en régulant la microglie, le système de défense et de réparation du cerveau, ce qui va dans le sens de la thèse inflammatoire de la dépression chronique.

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Le reishi pour lutter contre les douleurs menstruelles ou de ménopause

Non, il n’est pas normal d’être pliée en deux chaque mois. L’endométriose, les fibromes utérins, le syndrome prémenstruel et même des règles trop douloureuses sont la plupart du temps associés à une inflammation qui doit être jugulée.

Des recherches ont montré que le reishi peut réduire l’inflammation pelvienne dans toutes ces situations. Même à la ménopause, il participe à réguler les déséquilibres hormonaux en agissant sur les récepteurs à œstrogènes.

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Hericium et reishi pour prévenir la dégénérescence cérébrale

Un nerf est constitué de fibres tenues à distance égale par des neurofibrilles, à l’image d’une voie de chemin de fer avec ses rails et ses traverses. La distribution régulière des neurofibrilles est réglée par les protéines tau. Dans la maladie d’Alzheimer, ces protéines sont détruites et forment des amas appelés substance amyloïde. Les rails partent alors dans tous les sens et le message nerveux ne circule plus correctement.

Dans l’arsenal naturel contre la maladie d’Alzheimer, on retrouve là encore Hericium et reishi. Leurs polysaccharides et leurs triterpènes peuvent cibler plusieurs dimensions de la maladie : protection de la protéine tau, ralentissement de la formation des agrégats, régulation de l’inflammation cérébrale et de l’activité de la microglie, inhibition de l’apoptose prématurée des neurones. Une étude clinique a montré une amélioration significative des fonctions cognitives après douze semaines de supplémentation en Hericium. Les héricénones et les érinacines, stimulateurs du GNF, en seraient responsables.

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Hericium et champignon du soleil pour accompagner la sclérose en plaques

Hericium à crinière de lion

Survenant plutôt chez le jeune adulte, c’est une maladie dans laquelle le système immunitaire s’attaque à la myéline, gaine de protection des nerfs. Il en résulte une déperdition du signal nerveux et une difficulté à effectuer les mouvements moteurs.

Les terpénoïdes présents dans l’Hericium contribuent à la synthèse de myéline. Le microbiote, également soutenu par ce champignon, est nécessaire à l’expression des gènes régulant la production de myéline. Surtout, l’Hericium est un grand pourvoyeur d’ergothionéine, un acide aminé au fort potentiel antioxydant qui a la particularité de cibler les cellules en plus grosse demande, ce qui est le cas des neurones en difficulté. Le champignon du soleil, lui, aide à éviter une réponse exacerbée du système immunitaire contre les cellules nerveuses, comme cela se produit dans les maladies auto-immunes.

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