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L’écosystème intestinal : notre épicentre

En marge des analyses de laboratoire usuelles, il existe une panoplie de tests et analyses dits " fonctionnels ", peu connus et peu utilisés, sauf par quelques praticiens spécialisés. Cette approche est souvent pertinente pour tantôt anticiper la survenue de troubles, tantôt évaluer plus finement un terrain en souffrance, et le cas échéant, mieux le corriger.

Jean-Pierre Giess

En approche fonctionnelle, la sphère digestive est le point de départ dans la quête de l’amélioration du terrain ; elle est aussi au premier rang des " victimes " de notre style de vie actuel, en particulier à cause de la malbouffe et du stress. Les " propositions " habituelles, quand on souffre de douleurs intestinales, de crampes, de ballonnements, d’un transit trop lent ou trop rapide, se résument souvent à des antiacides, des antispasmodiques, des laxatifs, voire des antidépresseurs. Des réponses peu satisfaisantes sur le long terme. Alors que faire d’autre ?

Candidose ou dysbiose : que dit mon microbiote ?

L’importance et le pouvoir de notre microbiote, sur la digestion mais aussi sur l’immunité et le cerveau, sont désormais bien établis. En cas de problèmes intestinaux, connaître l’état et la composition de son microbiote est donc essentiel.

Selon les indications de l’anamnèse, le praticien peut opter pour une analyse métagénomique bactérienne – appliquée aux espèces dont il soupçonne qu’elles pourraient être impliquées dans les problèmes de santé de son patient. Il peut aussi recourir à une analyse des métabolites bactériens dans les urines, ceux-ci étant des signatures de la présence de certaines catégories de micro-organismes, en particulier les pathogènes. Ces analyses permettent d’éclairer plusieurs types de dysfonctionnements :

• une dysbiose de fermentation, associée à des ballonnements et des douleurs dans le côlon ascendant, côté droit, et s’accompagnant d’une production importante de gaz et d’un transit perturbé ;

• une dysbiose de putréfaction, qui siège plutôt dans la partie descendante du colon, côté gauche, et se caractérise par des gaz et selles malodorantes et un transit aléatoire ;

• une candidose, quand Candida albicans prolifère à l’excès, ce qui se manifeste par : ballonnements, altération du transit, colite, démangeaisons au niveau de l’anus, fatigue persistante et sensibilité accrue aux infections virales et bactériennes.

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Comment détecter les hypersensibilités alimentaires ?

À la différence de l’allergie, phénomène aigu nécessitant la prise en charge par un allergologue, les hypersensibilités alimentaires sont moins virulentes, mais plus courantes et surtout chroniques. Comme elles se traduisent par des symptômes très diversifiés, le lien échappe généralement au sujet.

Une recherche d’anticorps de type immunoglobulines G (IgG) anti-aliments dans le sang permet de les mettre en évidence et d’y remédier par l’éviction des aliments désignés.

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De l’importance des fibres

Il est capital de savoir si l’on consomme assez de fibres (en particulier les solubles, prébiotiques) car elles sont le substrat vital sur lequel se développe une bonne flore intestinale. Les fibres, après avoir nourri les micro-organismes intestinaux, sont dégradées en acides gras à chaîne courte (AGCC), qui représentent un bon baromètre, par le biais d’un dosage dans les selles, de l’approvisionnement en fibres (insuffisant chez une grande partie de la population).

Les AGCC présentent aussi de nombreux bénéfices santé, et favorisent la bonne santé du tube digestif. On trouve les fibres solubles les plus aptes à fournir des AGCC dans de nombreux légumes, céréales et fruits : asperges, artichauts, ail, oignons, légumineuses, pommes, oranges, bananes, blé et seigle complets…

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Détecter la porosité intestinale

La fonction intestinale peut être perturbée par de nombreux facteurs, notamment dus à l’alimentation moderne, comme le suggèrent les travaux de Jean Seignalet (NDLR : lire L’alimentation ou la troisième médecine, éd. du Rocher). La porosité intestinale est donc un dysfonctionnement courant, bien qu’à des degrés divers. Lorsque tel est le cas, de nombreux fragments (d’aliments ou de micro-organismes) passent au travers, induisant une inflammation et des problèmes de santé divers.

La naturopathie estime qu’elle intervient dans de nombreux troubles, notamment inflammatoires et auto-immuns, tels la fatigue chronique, les hypersensibilités alimentaires, l’anxiété, les phénomènes arthritiques, la sclérose en plaques, l’autisme… Situations qu’on ne met pas spontanément en relation avec un intestin poreux, et qui peuvent donc justifier un dosage dans le sang ou les selles de la zonuline, protéine qui régule la jonction des cellules intestinales, et dont la concentration est corrélée au risque de porosité de l’intestin grêle.

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Une composante génétique à ne pas négliger

Avec le modernisme post-Seconde Guerre mondiale, molécules et mode de vie entraînent un « polymorphisme » génétique – une légère mutation sur un gène. Par exemple, sur certains d’entre eux qui régulent l’expression d’une enzyme. Cela peut induire des déficiences au niveau du métabolisme, des défauts d’élimination ou encore des dérèglements de l’immunité (cf. AS n° 127, S’alimenter selon ses génotypes, p. 18-19).

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