La rédaction
L’actée à grappes noire (Actea racemosa) est le principe actif essentiel du premier traitement connu de la ménopause, inventé en 1875, le " composé végétal de Lydia Pinkham ", encore commercialisé de nos jours. Depuis, la phytothérapie et l’aromathérapie ont exploré nombre d’autres plantes qui aident à soulager les symptômes de la ménopause
À l’aide d’huiles essentielles (HE) mimant l’action des œstrogènes ou stimulant les récepteurs hormonaux, vous pouvez atténuer les bouffées de chaleur. En effet, les œstrogènes ont un rôle bénéfique sur les parois du cœur et des vaisseaux sanguins qu’ils aident à se dilater quand il fait chaud et à se rétracter quand il fait froid. Lorsque leur taux chute à la ménopause, le corps trouve un moyen temporaire d’adaptation à la chaleur et va pour cela dilater brutalement et puissamment les vaisseaux sanguins tout en induisant une transpiration.
Sur les zones exposées à la température extérieure, un changement de température ou une émotion peuvent donc générer une bouffée de chaleur, autrement dit une tentative par le corps de se rafraîchir rapidement. En appliquant de façon appropriée des HE à l’action pro-œstrogènes, vous pouvez soulager les bouffées de chaleur (lire encadré ci-dessous).
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Les bouffées de chaleur accompagnant la ménopause sont généralement liées à une baisse des œstrogènes (hypo-œstrogénie). Les huiles essentielles (HE) qui miment l’action des œstrogènes ou favorisent leur sécrétion peuvent alors aider, comme :
Lorsque les bouffées de chaleur persistent après la ménopause, un léger dysfonctionnement du système nerveux autonome peut être en cause. Des HE apaisantes (en olfaction ou en massage) sont alors à favoriser, comme l’angélique officinale (Angelica archangelica) et la marjolaine à coquilles (Origanum majorana).
Des tisanes de sauge sclarée (Salvia sclarea) ou officinale (Salvia officinalis) à boire deux fois par jour sont un complément idéal.
À savoir : ces HE sont déconseillées en cas d’asthme, de diabète, de traitement anticoagulant, de calculs biliaires ou de cancer hormonodépendant.
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Une étude indique que quatre plantes ayurvédiques (toutes des adaptogènes) peuvent atténuer les désagréments de la ménopause. Le gudushi (Tinospora cordifolia) semble modifier le métabolisme des lipides, avoir une activité anti-inflammatoire et antipyrétique (contre la fièvre) et protéger le foie. L’ashwaghanda (Withania somnifera) joue, elle, un rôle antistress, anti-anxiété et antifatigue (soutien des glandes surrénales) et a un impact positif sur le sommeil et la récupération. Elle stimule aussi la glande thyroïde (hausse de la production d’hormones T4), propriété intéressante en cette période.
L’Asparagus racemosus agit plus particulièrement sur le système hormonal. Elle est souvent conseillée pour redynamiser la libido et prévenir l’ostéoporose (elle est à éviter en cas d’antécédents de cancer hormono-dépendant). Enfin, le guggul (Commiphora mukul), une résine utilisée pour remédier aux problèmes de prise de poids ou de cholestérol, révèle des effets positifs contre l’inflammation et l’hypothyroïdie (prudence donc en cas de traitement thyroïdien, de prise de bêtabloquants ou de vasodilatateurs, dont elle pourrait gêner l’efficacité).
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D’autres plantes semblent accompagner efficacement la ménopause, comme la violette en sirop (5 ml 2 fois/jour pendant un mois) qui améliore le sommeil, ou le thé vert à raison d’une tasse quotidienne de 50 cl qui réduit le risque de dépression en favorisant les sécrétions d’estradiol. Après un cancer du sein ou en cas d’hormonothérapie, attention toutefois car " toutes les plantes véritablement actives et efficaces sur la problématique des bouffées de chaleur sont alors contre-indiquées ", explique la Dre Laure Martinat, experte en phyto-aromathérapie.
Pour ne prendre aucun risque, optez plutôt pour quelques pschitts d’hydrolat de menthe poivrée conservé au réfrigérateur ou pour une diffusion par voie atmosphérique d’HE apaisantes : lavande vraie (Lavandula angustifolia), lavandin (Lavandula hybrida), menthe poivrée (Mentha piperata), oranger petit grain, ou oranger amer (Citrus aurantium ssp. amara) ou camomille (Chamaemelum nobile).
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Selon une étude récente, se masser mains et bras trente minutes deux fois par semaine avec quelques gouttes d’huile essentielle (HE) de menthe poivrée ou de citron diluées dans de l’huile d’amande douce est efficace : avec la menthe poivrée, sur les maux de tête, douleurs articulaires et musculaires et les symptômes urogénitaux (sécheresse vaginale, mictions fréquentes) ; et avec l'HE de citron contre les symptômes psychologiques : insomnie, anxiété, irritabilité…
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