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Posture : apprendre à bien se tenir

Des maux de tête à la scoliose en passant par les lombalgies, les acouphènes et la dyslexie… des asymétries dans le corps sont à l’origine de nombre de troubles de santé, parfois très inattendus. Voici tout ce que vous devez savoir pour vous tenir éloigné des pathologies liées à une mauvaise posture et ce à tous les stades de la vie.

La rédaction

Scoliose, trouble de convergence des yeux apparaissant suite à la pose d’un appareil dentaire ou même dyslexie : les enfants et adolescents ne sont pas épargnés par les problématiques de posture et leurs conséquences sur la santé, et ce dès la vie in utero.

Périodes charnières et schémas corporels

Dès qu’il gambade à quatre pattes, joue ou tente de grimper sur le canapé, le bébé développe la communication entre ses cerveaux droit et gauche, et apprend ainsi à se tenir debout et effectuer des gestes complexes. Entre 9 et 12 mois, il acquiert des automatismes (« stratégies posturales ») qui doivent s’effectuer de façon correcte pour éviter des troubles du développement osseux (scoliose, genoux en X) ou neuropsychologiques (troubles de la coordination, dyspraxie, dyslexie).

Durant l’enfance, les tranches d’âge 3-4 ans, 7-8 ans puis 11-12 ans sont de véritables « charnières » en matière de posture. Un dépistage de problématique posturale peut alors s’avérer très utile.

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Dyslexie, dysgraphie : aggravées par la posture ?

« Il est à présent admis que la dyslexie, comme la plupart des troubles de l’apprentissage, est en relation avec l’intégration des apprentissages posturaux », explique le Dr Meyer. Toutefois, « il ne faut pas faire croire aux gens, ni diffuser la vision simpliste qu’en affublant les patients d’une paire de semelles, la dyslexie va disparaître du jour au lendemain ! Il est plus humble de comprendre et d’expliquer à l’enfant et à sa famille qu’il s’agira d’un long travail de rééducation et de reprise en main de la perception du corps, dans une prise en charge souvent pluridisciplinaire ».

Selon le spécialiste, si la posturologie peut donc « parfois » traiter la dyslexie, il est « important de prendre en compte la dimension psycho-émotionnelle et les conséquences sur la confiance en soi chez ces enfants, dont, au sein de l’entourage ou à l’école, on met encore trop souvent en cause, à tort, l’intelligence ».

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Enfants, bébés : les signaux posturaux qui doivent alerter

Chez le nourrisson, « plus on intervient tôt, plus le traitement montre des résultats rapides et efficaces », indique le Dr Meyer. Des détails aussi anodins que la position du lit peuvent en effet générer une asymétrie posturale. Si son couchage est placé contre un mur sur un côté, cela l’oblige sans cesse à tourner la tête du même côté pour observer qui entre dans la pièce. Surviennent des tensions dans le cou, le tronc et une plus grande difficulté à tourner les yeux vers le côté le moins stimulé. Heureusement, dans ce cas très simple, précise le médecin, « il suffit d’une ou deux séances de traitement manuel, de positionner le lit autrement et de stimuler un peu l’enfant dans les directions complémentaires pour traiter sa problématique ».

Un test à réaliser chez vous pour détecter un trouble postural chez un très jeune enfant est de le pencher en avant et de voir s’il se penche tout droit ou si son regard ou sa colonne se penchent plutôt d’un côté. De même, s’il marche sur la pointe des pieds ou les pieds en dedans, cela doit vous alerter. Les enfants étant adaptables et se plaignant peu, le spécialiste recommande de ne pas hésiter non plus à emmener un nourrisson qui souffre de coliques ou d’insomnies à une séance douce d’ostéopathie.

D’autres signes doivent alerter, tels « un accouchement difficile, un nourrisson qui semble plus tonique d’un côté, un enfant qui doit se rapprocher du tableau en classe, une dyslexie, une dyscalculie ou un niveau scolaire qui baisse inexplicablement ». Dépisté à temps ou, par exemple, équipé de lunettes, l’enfant pourra à nouveau développer « pleinement » son potentiel.

Tiens-toi droit ! Ou pas...

Faut-il embêter nos enfants et ados pour qu’ils se tiennent droit ? « Non, ce n’est pas utile, répond le spécialiste, car ils vont s’avachir à nouveau quasi immédiatement. » Cette position « inconsciente » est en effet « normale » durant leur croissance car ils n’ont pas un tonus musculaire suffisant ni totalement intégré la schématique de leur corps pour se tenir droit. Enfin, la scoliose, une déformation de la colonne vertébrale, est un autre sujet de préoccupation durant l’enfance qui peut être grandement amélioré grâce à la posturologie. Son intérêt est alors de réaligner peu à peu, par un « traitement postural adapté », pour éviter à l’enfant d’avoir à porter un corset ou à subir une chirurgie. Le Dr Meyer se souvient, par exemple, d’un patient de cinq ans atteint de scoliose qui souffrait de maux de tête fréquents qui se sont beaucoup améliorés suite à quelques séances d’ostéopathie.

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Mal de dos : le mal du siècle ?

Le mal de dos touche 9 Français sur 10 au moins une fois au cours de leur vie, et 15 à 20 % des adultes de façon chronique. Se déclarant souvent chez les jeunes adultes, c’est un véritable enjeu de santé publique pour lequel l’Assurance maladie a lancé en 2017 une campagne de sensibilisation au slogan simple : Mal de dos ? Le bon traitement, c’est le mouvement. Une application mobile dédiée (Activ’Dos) est mise à disposition gratuitement pour vous proposer des exercices préparés par des experts à réaliser chez vous.

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