La rédaction
Mal se tenir serait le " mal du siècle ". Ne sommes-nous pas ramollis par la sédentarité ? Mais le problème n’a-t-il pas commencé il y a plusieurs millions d’années, lorsque nous sommes passés de la posture à quatre pattes à la posture debout ? (Lire ci-dessous.) Si les choses ne sont pas si simples – nos ancêtres ayant souffert de maux liés à un travail physique intense –, la modernité nous offre le luxe de prendre soin de notre posture, et il serait dommage de ne pas en profiter.
Selon Nicolas Meyer, médecin généraliste, ostéopathe et spécialiste en posturologie, les contraintes posturales d’hier et d’aujourd’hui sont certes différentes, mais surtout nous n’avons pas tous " la même base ". Notre manière de nous tenir est " sous-tendue par la façon dont différents capteurs nous permettent de nous orienter dans l’espace : le regard, le tonus musculaire de la colonne vertébrale, l’oreille interne ou la façon dont nos pieds se posent sur le sol " ; le tout couplé aux contraintes environnementales, comme le fait de travailler assis huit heures par jour (lire "La posture au travail… vive la prévention !").
L’auteur du Grand livre de la posturologie (éd. Eyrolles) explique qu’ainsi, la posture que l’on a au quotidien n’est " pas forcément consciente " et plutôt " souvent inconsciente ", c’est-à-dire transmise par l’hérédité ou liée à un capteur postural défaillant.
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Il y a plus de 3,5 millions d’années, l’être humain a évolué de la posture à quatre pattes à la posture debout pour mieux se déplacer, libérer ses mains ou lancer des armes. Si cette position a nombre d’avantages, répartir tout notre poids sur nos deux seules jambes semble favoriser – comparativement aux primates et aux squelettes de nos ancêtres – les douleurs lombaires, hernies discales, l’arthrite aux hanches et aux genoux et un affaissement de la voûte plantaire.
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Les troubles les plus fréquents que voit le Dr Meyer dans son cabinet sont ceux de patients aux épaules très en avant, souffrant d’un léger surpoids ou de patients souffrant de tensions dans la mâchoire, chez qui il suffit parfois de " remettre une molaire là où elle manque " pour résoudre le problème.
Beaucoup de patients arrivent chez un posturologue en errance thérapeutique. Pourtant, le professionnel insiste : " Il ne faut pas négliger une gêne ou douleur chronique, se dire que c’est l’âge ou que c’est “normal” et souffrir par fatalisme. Certes, tout n’est pas lié à un trouble de posturologie (notamment en cas de douleurs articulaires, d’arthrose…) mais dans 70 % des cas, on trouve quelque chose à l’arrivée. "
Le métier de posturologue n’étant pas encore réglementé, attention aux diplômes privés, inégaux en qualité. D’où l’importance, insiste-t-il, de bien choisir son posturologue, c’est-à-dire si possible un médecin, titulaire du diplôme universitaire de posturologie, et qui ne va pas " tout mettre sur le compte de la posturologie ".
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Dans son Grand livre de la posturologie (éd. Eyrolles), le Dr Nicolas Meyer démonte plusieurs idées reçues à propos de la posturologie :
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