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Champignons médicinaux : au service de notre microbiote

La mycothérapie, science qui étudie l’utilisation médicinale des champignons, est multimillénaire. Confortée par un nombre croissant d’études scientifiques, elle n’a rien à envier à la phytothérapie ou la micronutrition. Mais quels champignons ont prouvé leur efficacité et pour quel usage ? Comment agissent-ils ? Comment les choisir sans se tromper ? Un univers à redécouvrir à la lumière des connaissances actuelles.

Dimitri Jacques

Parmi les milliards de bactéries qui peuplent nos intestins, chaque espèce occupe une niche écologique, l’ensemble conservant une cohérence nécessaire à notre santé. Mais des places laissées vacantes peuvent se retrouver occupées durablement par des bactéries opportunistes. C’est un jeu de chaises musicales. Plusieurs champignons (crinière de lion, reishi et shiitake, notamment) ont montré leur capacité à corriger des déséquilibres du microbiote, non seulement au niveau intestinal mais également vaginal et cutané.

L’ensemble des fonctions intestinales est concerné par l’action de la mycothérapie. Elle peut réguler l’inflammation et la réponse immunitaire, agir sur les capteurs de la douleur et sur l’axe intestin-cerveau, renforcer l’intégrité de la muqueuse en l’aidant à se régénérer. Cette dernière capacité est d’ailleurs intéressante pour la protection de l’estomac et la prévention des ulcères.

Des champignons qui favorisent les bonnes bactéries intestinales

Les substances nourrissant les bonnes bactéries et favorisant leur développement sont regroupées sous l’appellation de prébiotiques. Les champignons médicinaux en sont une source bien établie. Au point que certaines de leurs propriétés thérapeutiques seraient dues à leurs capacités à favoriser sélectivement des bactéries intestinales. Des expériences in vitro ont montré que l’Hericium favorise le développement des bactéries L. plantarum et L. rhamnosus, des probiotiques courants. Des études cliniques démontrent des changements dans la composition du microbiote, favorisant les bactéries qui nous sont bénéfiques, réduisant les niveaux de bactéries opportunistes, en parallèle de l’optimisation des paramètres immunitaires.

Parmi les composants majeurs des champignons, les polysaccharides qui sont fermentés par des bactéries productrices d’acides gras à chaîne courte (AGCC). Ces derniers renforcent l’intégrité de la muqueuse et améliorent l’absorption des nutriments. Plus encore, ils sont connus pour réguler le métabolisme énergétique, l’immunité et la communication nerveuse. En parallèle, d’autres composants pourraient contrarier le développement des bactéries opportunistes.

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Problème de thyroïde, pensez mycothérapie !

Lorsque la thyroïde souffre, souvent l’intestin aussi. Dans les thyroïdites d’Hashimoto (inflammation chronique d’origine auto-immune), une hyperperméabilité intestinale, des taux élevés de métabolites bactériens pro-inflammatoires, une candidose et des hypersensibilités alimentaires (le plus souvent au gluten) sont fréquemment rencontrés.

Le champignon du soleil et le reishi ont des effets régulateurs de la réponse immunitaire et régénérateurs des cellules thyroïdiennes, avec un abaissement significatif des anticorps anti-thyroglobuline et une TSH qui revient à la normale. Des études ont montré une amélioration du surpoids, de la fatigue, des myalgies et des états dépressifs associés à une maladie thyroïdienne. Serait-ce parce que ces champignons soutiennent également l’intestin ?

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SIBO, intestins irritables : que peuvent les champignons médicinaux ?

Flatulences incessantes, ballonnements majeurs, douleurs spasmodiques, votre ventre se transforme en champ de bataille après chaque repas. Il s’agit peut-être d’un Sibo (Small Intestine Bacterial Overgrowth), autrement dit une prolifération anormale de bactéries de fermentation qui, normalement cantonnées au côlon, ont envahi l’intestin grêle. Des bactéries habituellement considérées comme bénéfiques peuvent devenir pathogènes dans certains contextes. Même les bactéries courantes de notre microbiote sont concernées.

Le reishi et l’Hericium, utilisés conjointement, encadrent le développement de ces bactéries chez les patients atteints du syndrome de l’intestin irritable. Une étude clinique a montré qu’au bout de huit semaines de mycothérapie combinée à un régime pauvre en aliments fermentescibles, 70 % des participants ne se plaignaient plus d’aucun symptôme, contre 40 % avec le régime seul. La diminution des bactéries a été confirmée par le test respiratoire à l’hydrogène conventionnel. Mais ce n’est pas tout : les patients ont exprimé une amélioration significative de leurs niveaux de stress et d’émotions, montrant une fois encore l’importance de l’axe intestin-cerveau.

Sirop de reishi pour les enfants qui ont mal au ventre

Dans une étude sur 29 enfants souffrant de troubles intestinaux fonctionnels (diagnostiqués selon les critères pédiatriques de Rome IV, un document présentant des critères de diagnostics des troubles gastro-intestinaux fonctionnels), l’administration d’un sirop à base d’extraits brevetés de reishi et d’Hericium, associé à de la vitamine D3, a apporté une amélioration significative de la fréquence et de la sévérité des douleurs, une normalisation des selles et même un sommeil de meilleure qualité.

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