Méthodes vidéos

Détecter les signaux d’alerte faibles

En marge des analyses de laboratoire usuelles, il existe une panoplie de tests et analyses dits " fonctionnels ", peu connus et peu utilisés, sauf par quelques praticiens spécialisés. Cette approche est souvent pertinente pour tantôt anticiper la survenue de troubles, tantôt évaluer plus finement un terrain en souffrance, et le cas échéant, mieux le corriger.

Jean-Pierre Giess

D’innombrables syndromes aux tableaux cliniques complexes ont émergé au cours des dernières décennies. L’une de leurs particularités réside dans le fait qu’ils sont souvent associés à un pathogène (virus ou microbe). Que ce dernier ait d’abord provoqué une infection aiguë ou non, il peut entraîner un dérèglement du système immunitaire, et rester latent pendant des années sans éveiller la moindre suspicion (lire aussi p. 13). C’est pourquoi il est utile dans de nombreuses situations d’entreprendre des sérologies virales (herpès, virus Epstein-Barr et cytomégalovirus) et bactériennes (Borrelia…), qui révèlent couramment des réactivations de pathogènes

Les HLA, des signatures très personnelles

Les Human Leukocyte Antigen (HLA, ou antigènes des leucocytes humains) sont des marqueurs protéiques à la surface des cellules, qui permettent à celles-ci d’être reconnues par le système immunitaire comme appartenant à cet organisme. Les HLA forment le complexe majeur d’histocompatibilité (CMH), qui est quasiment une carte d’identité pour chaque individu, car il n’est jamais le même. Ce CMH est notamment utilisé en cas de greffe ; il permet de s’assurer que le greffon et le receveur ont une certaine " proximité " en termes de HLA, ce qui limitera le phénomène de rejet.

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Et en cas de troubles neuropsychiques ?

Ces dernières années ont été marquées par une progression de l’anxiété (post-Covid, environnementale, sociétale, etc.), mais aussi du déclin cognitif, des troubles de l’attention, de la perte de motivation, etc. Des situations qui peuvent, en fonction de l’anamnèse, attirer l’attention sur les principaux neurotransmetteurs, par le biais de leurs métabolites urinaires : la dopamine (plaisir, motivation…), le binôme adrénaline/noradrénaline (réponse au stress, attention…) et la sérotonine (humeurs…).

Des réponses nutritionnelles ciblées sont souvent efficaces pour les moduler : des protéines fournissant de la tyrosine face à un déficit en dopamine, une supplémentation en magnésium, vitamine B6 et zinc quand dopamine et adrénaline sont trop élevées (surexcitation), des aliments apportant du tryptophane ou une supplémentation en Griffonia si la sérotonine est basse.

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Réguler l’influence des HLA

La recherche a identifié une corrélation entre certains HLA et la susceptibilité à développer certaines maladies. La présence de HLA B27, par exemple, est associée à un risque plus élevé de maladies auto-immunes comme la spondylarthrite ankylosante, l’arthrite réactive ou des uvéites. Une personne porteuse de cette protéine devrait apporter une attention toute particulière à ce qui, dans son mode de vie, pourrait favoriser l’inflammation.

La détermination des HLA se fait sur la base d’un échantillon de sang. Lorsque l’un d’eux est identifié comme faisant courir un risque de santé plus élevé, ou comme participant à des symptômes déjà établis, on peut faire prendre au sujet ce HLA sous forme de très hautes dilutions, qui réguleront son influence sur l’organisme.

Des réponses là où il n’y en avait pas

La combinaison des indications fournies par le typage lymphocytaire, le profil protéique et les HLA permet d’envisager une réponse spécifique à de nombreux syndromes. Y compris ceux relatifs à certaines maladies orphelines et ceux qui conduisent encore souvent leurs porteurs à un parcours diagnostique et de soins sans fin et sans solution véritable.

Cette combinaison a aussi une portée prédictive, puisqu’elle permet de détecter des dysfonctionnements bien avant que les valeurs ne sortent des normes sur les analyses de laboratoire usuelles. C’est par exemple le cas de symptômes qui indiqueraient que la thyroïde est impliquée, alors qu’en même temps les valeurs de référence habituelles ne sont pas alarmantes. Cela vaut aussi devant le risque cardio-vasculaire, la fonction hépatique, les fonctions digestives, le risque tumoral, etc.

L’intérêt de ce type de démarche, outre de n’entraîner pour ainsi dire aucun effet indésirable, réside dans la possibilité de personnaliser au plus près les réponses thérapeutiques proposées. Qu’elles reposent sur l’immunogénétique ou sur des compléments nutritionnels, des plantes, des huiles essentielles ou d’autres outils bien connus de la naturopathie.

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Dosages, analyses : combien ça coûte ?

Comme souvent en médecine alternative, l’approche fonctionnelle exige elle aussi de mettre la main à la poche, pour tout ou partie. De nombreux dosages et analyses peuvent être remboursés dès lors qu’ils sont prescrits par un médecin, y compris un profil protéique et certaines sérologies. Idéalement, on s’adressera à un professionnel dûment formé à l’approche fonctionnelle, celle-ci réclamant une expertise spécifique pour la bonne interprétation des situations.

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