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L’arthrose n'est pas inéluctable

Article paru dans le journal nº 87 Acheter ce numéro
  • L'arthrose, ni fatalité ni maladie de vieuxL'arthrose, ni fatalité ni maladie de vieux
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L’arthrose. Maladie inévitable liée à l’usure des articulations, liée à la vieillesse. C’est ce que l’on entend encore de nos jours. Mais dans quelle mesure ce paradigme est-il toujours d’actualité ? Et si le regard de la médecine change, quelles en seront les conséquences en termes de nouvelles pistes thérapeutiques ? Enfin, quelles sont celles qui sont proposées par la médecine alternative ?

L’arthrose est une maladie articulaire aussi répandue que douloureuse. Elle est reconnue comme l’affection rhumatismale la plus fréquente. L’arthrose concerne en France 10 millions de personnes, dont 4,6 millions présentent une arthrose symptomatique. C’est la troisième cause d’incapacité totale ou partielle en France chez les personnes âgées. Avec 68 % des patients arthrosiques de 50 ans, ce chiffre aura tendance à augmenter, du fait du vieillissement de la population, On estime la prévalence générale des formes symptomatiques à 17 % en France.

Les femmes plus touchées

Si jusqu’à la cinquantaine, l’homme et la femme sont atteints de manière équivalente, la fréquence augmente sensiblement chez la femme après la ménopause. On considère que les hormones sexuelles de la femme (les œstrogènes) jouent un rôle protecteur. Leur chute peut expliquer que les femmes soient plus touchées que les hommes après 65 ans. Et puisque nous abordons les localisations, elles sont malheureusement très nombreuses. On rencontre ainsi, chez les patients arthrosiques, l’arthrose des mains dans 75 % des cas, l’arthrose rachidienne dans 60 %, l’arthrose des genoux (gonarthrose) dans 35 %, l’arthrose des hanches (coxarthrose) dans 20 %.

Une prise en charge défaitiste

Parmi les causes de l’arthrose, on note le poids de l’hérédité puisque la part génétique est de l’ordre de 60 % pour la coxarthrose et l’arthrose des mains et de 40 % pour la gonarthrose. Mais les principaux facteurs de risque sont la surcharge ­pondérale (d’autant plus dans le cas des arthroses du genou), l’influence hormonale chez les femmes, les ­traumatismes (entorses, factures), les ­déformations (dysplasies de la hanche ou du fémur, varus ou valgus), une alimentation inadaptée (trop riche en acides gras saturés, en acides gras trans, en oméga-6, ou à index glycémique trop élevé), l’activité physique (trop faible ou trop élevée et conduisant à la répétition de traumatismes).

Mais il est un facteur aggravant pour le malade qui consulte, c’est une forme de défaitisme des médecins qui, encore aujourd’hui, associent arthrose avec vieillesse et usure inéluctable des articulations, qui conjuguent arthrose avec fatalité. On peut lire des retours de patients sur le site de l’Association française de lutte antirhumatismale (AFLAR) qui témoignent de ce défaitisme : « J’ai de l’arthrose, on me dit que c’est normal, que je vieillis, que ce sont les rides de l’articulation. Il n’y a rien d’autre à faire que de souffrir dans son coin… », « Mon médecin ne considère pas que j’ai une maladie », « Mon arthrose, personne ne veut s’en occuper », « Je suis désespéré… ».

Pourtant, le regard que portent la science et la médecine sur l’arthrose a bien évolué. La conception de la simple usure de l’articulation, inévitable et associée à l’âge et à l’utilisation des articulations est remise en cause. Avec pour promesse de nouvelles pistes thérapeutiques ? Peut-être, mais en attendant, la ­prévention reste de mise.

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Un coût annuel qui explose

L’arthrose ne fait pas que pourrir la vie des personnes qui en souffre. Sa prise en charge a un coût social. Avec 5 millions d’arrêts de travail en dix ans, l’arthrose est la première cause d’invalidité des plus de 40 ans, la deuxième cause de consultation chez le généraliste (derrière les maladies cardio-vasculaires). En 1993, une première évaluation des coûts socio-économiques l’estimait à moins d’1 milliard d’euros. En 2003, ce chiffre est porté à 1,8 milliard d’euros soit une progression de 8 % par an. En 2002, il y a eu 5 millions de journées d’arrêt de travail accordées à cause de l’arthrose. Cette année-là, les coûts directs de l’arthrose représentaient 1,7 % des dépenses de la Sécu. Une étude publiée en 2014, montre que le coût annuel de prise en charge d’un patient par médecin est de 755 euros en 2010. Le coût direct du traitement de l’arthrose par an s’élèverait à 3,5 milliards d’euros pour la France.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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