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Arthrose : quels traitements allopathiques ? (III)

Article paru dans le journal nº 87 Acheter ce numéro
  • Dans les mesures non-pharmacologiques, ­l’implication du patient est essentielle.Dans les mesures non-pharmacologiques, ­l’implication du patient est essentielle.
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Comment la médecine de ville prend elle en charge les patients souffrant d’arthrose ? Les mesures pharmacologiques ? Une fois le diagnostic clinique et (ou) radiologique posé, en première intention, le médecin prescrit du paracétamol pour diminuer la douleur à la dose maximale de 4 g par jour. Si ce n’est pas suffisant pour soulager la douleur, il aura en seconde intention le choix avec des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) par voie orale, dont la tolérance est variable et les effets indésirables comme l’ulcère gastro-­duodénal et (ou) les interactions médicamenteuses chez les personnes âgées, sont importants. D’où des doses les moins élevées possibles et pour un temps de prise le plus court. En troisième intention, le médecin de ville peut passer au stade supérieur, avec les antalgiques opiacés. Ils sont indiqués en cas ­d’insuffisance d’efficacité du paracétamol ou des AINS. Leur utilisation est limitée du fait de ­l’apparition du risque d’addiction.

Au rang des infiltrations

Côté infiltrations, les médecins peuvent prescrire des injections intra-articulaires d’acide hyaluronique dans le traitement de la gonarthrose, à côté des autres thérapeutiques habituelles. Il s’agit d’un traitement antiarthrosique dont l’action peut se prolonger jusqu’à six mois ou un an. L’infiltration intra-articulaire de cortisone peut être prescrite quand les traitements anti-inflammatoires n’ont pas réussi. L’effet antalgique est présent, mais limité dans le temps (une à quatre semaines).

Enfin, les mesures chirurgicales peuvent être ­indiquées de manière préventive, lorsque l’on suspecte que l’articulation peut favoriser l’évolution de l’arthrose. Les mesures chirurgicales radicales comme la pose de prothèses sont envisagées devant une arthrose évoluée avec handicap et ­détérioration radiologique importante.

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Sans les médicaments

Dans les mesures non-pharmacologiques, ­l’implication du patient est essentielle. Cette ­participation est la conséquence de l’éducation thérapeutique du patient (ETP). L’objectif de cette démarche est d’amener le patient à être autonome dans la prise en charge de sa maladie, de s’assurer l’observance des traitements, de l’inciter à mettre en application l’ensemble des mesures thérapeutiques prescrites.

La perte de poids est un facteur essentiel. Elle permet de réduire les contraintes mécaniques subies par l’articulation. En effet, cinq kilos de moins sur dix ans diminuent de moitié le risque de gonarthrose.

Les exercices de rééducation permettent une diminution de la douleur, un renforcement de l’équilibre, de la force musculaire et des capacités à marcher. Le médecin précisera au patient que l’interruption des exercices entraîne une dégradation des résultats obtenus. Ce sera pour le patient un mode de vie nouveau à intégrer dans son quotidien. D’autant qu’une fois les exercices acquis avec l’aide d’un kinésithérapeute, ils devront être répétés quotidiennement par le patient.

À la phase aiguë et inflammatoire, il est nécessaire de soulager les contraintes imposées à l’articulation, voire de la mettre en « décharge » en proposant l’utilisation d’une canne simple, ou d’une canne anglaise le plus souvent, ou d’orthèse de repos pour le pouce par exemple. De plus, le recours à ces appareillages permet de maintenir l’articulation dans une bonne position pour ­pouvoir pratiquer des activités diverses.

Il est à noter que les médecins de ville les plus éclairés proposent des cures thermales. Paradoxalement, la Ligue européenne contre les rhumatismes (EULAR) n’a pas intégré les cures dans ses recommandations, mais leur efficacité a été étudiée et avérée par de nombreuses études.

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Diagnostic radiologique et clinique

L’arthrose se caractérise par des lésions radiologiques manifestes comme un amincissement du cartilage se traduisant par un pincement en général localisé sur l’interligne articulaire, des excroissances osseuses (des ostéophytes), des condensations osseuses. L'arthrose est une maladie hétérogène, complexe. Les symptômes ne sont pas exactement corrélés à l’importance de l'atteinte articulaire. Ils associent une douleur mécanique s'aggravant au mouvement et cédant au repos. Cette douleur est absente la nuit sauf en cas de mouvement. Elle apparaît à la mise en route (dérouillage matinal) et au bout d'un certain délai (douleur de fatigue). L'évolution se fait par crise sur fond peu ou pas douloureux. Les poussées sont inflammatoires et peuvent correspondre à une destruction rapide du cartilage. Il existe une raideur articulaire avec impotence fonctionnelle, limitation d'amplitude articulaire et déformation des articulations. Un épanchement articulaire mécanique est parfois retrouvé et se caractérise par la présence de moins de 2 000 éléments blancs/mm3.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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