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Thyroïde : l’apport des médecines naturelles

Article paru dans le journal nº 94 Acheter ce numéro
  • L'ashwagandha, remède ayurvédique pour l'hypothyroïdieL'ashwagandha, remède ayurvédique pour l'hypothyroïdie

Cette pathologie auto-immune concerne aujourd’hui environ une personne sur mille, la gent féminine étant dix fois plus affectée que la gent masculine. De toutes les hypothyroïdies, celle-ci est la plus fréquente. Afin d’en comprendre les mécanismes et, à partir de là, d’envisager des traitements, il convient de commencer par un rappel physiologique. C’est parti ! -Partie 4

Une approche par les médecines naturelles comporte les recommandations faites pour toute maladie auto-­immune : référez-vous au n° 90 d’Alternative santé (mai 2021) dédié à ce sujet. Cette démarche naturelle repose sur quelques principes.

L’explication du fonctionnement du traitement hormonal substitutif

Qu’il repose sur le Lévothyrox, l’Euthyral ou le Cynomel, le traitement allopathique ne fait que mettre en veilleuse le système de régulation de la production de la T4 par la thyroïde, une approche qui n’est pas sans inconvénients.

Faute de ne plus être stimulée, la thyroïde peut devenir totalement et définitivement incapable de produire de la T4 : le traitement substitutif est alors incontournable quelle que soit sa tolérance.

Le traitement substitutif ne permet pas le retour vers une normalisation de la fonction glandulaire (pour ce soit possible, il faudrait que le processus ­auto-immunitaire n’ait pas trop détruit le tissu thyroïdien). En effet, dans près d’un tiers des cas d’hypothyroïdie frustre, la fonction thyroïdienne se rétablit spontanément en quelques années.

Fort de ces informations, le malade reste toujours libre de conserver le traitement allopathique sans le modifier, comme il peut décider d’aménager le traitement grâce à une complémentation micronutritionnelle et une recommandation en phytothérapie.

Le bilan micronutritionnel

Parallèlement au bilan micronutritionnel systématique, réalisé principalement à partir de prélèvements sanguins, il convient de faire faire un dosage de l’iodurie (normale de 100 à 300 mg/l).

L’éviction de certains polluants environnementaux

De nombreuses substances sont toxiques pour la fonction thyroïdienne : cadmium, mercure, plomb, certains pesticides, les PCB (polychlorobiphényles), les bisphénols A et S, les PFC (composés perfluorés), le triclosan. En pratique, cela revient à :

  • Arrêter le tabagisme, prier le compagnon ou le colocataire fumeur de ne plus fumer qu’en extérieur,
  • Consommer essentiellement des aliments issus de l’agriculture biologique,
  • Privilégier le poisson de mer sauvage au poisson de mer d’élevage (parfois riche en PCB !), à condition néanmoins de ne choisir que les spécimens de petite taille afin de réduire l’impact des autres polluants comme le mercure,
  • Remplacer les conteneurs alimentaires en plastique par leurs équivalents en verre ou en acier 18/10 (dit chirurgical),
  • Préférer les ustensiles de cuisine qui ne sont pas recouverts d’une pellicule anti­adhésive (PCF),
  • Écarter les produits alimentaires industriels dont l’emballage contient un PFC ou un bisphénol,
  • Renoncer à tous les produits d’hygiène et de cosmétique contenant du triclosan

La recommandation alimentaire

En plus des recommandations communes à toutes les maladies auto-immunes, nous pouvons rappeler les deux points suivants :

  • Même s’il est certain que la consommation de crucifères – surtout crue – est susceptible d’inhiber la TPO (thyroperoxydase), l’éviction de ces aliments n’est pas à recommander parce que la protection qu’ils exercent vis-à-vis du cancer est toujours la bienvenue, et que leur effet indésirable peut être évité par une complémentation nutritionnelle adaptée.
  • Quant aux aliments à base de soja, seuls ceux qui sont riches en isoflavones posent réellement problème, à savoir les protéines de soja dont la consommation quotidienne ne devrait pas apporter plus de 30 mg/j d’isoflavones. Par exemple : 100 g de tofu délivrent environ 28 mg d’isoflavones.

Les crucifères, une grande famille

Ces plantes tiennent leur nom du fait que les pétales de leurs fleurs sont disposés en croix. Celles qui ont un usage alimentaire regroupent non seulement les choux – chou pommé, chou-fleur, choux de Bruxelles, chou chinois, chou kale, brocoli – mais aussi le cresson, le colza, la moutarde, le navet, le radis, le raifort…

Gare au glucose et au gluten

En effet, une intolérance au lactose est souvent associée à la thyroïdite d’Hashimoto : après abstention, le taux de la TSH et la fonction thyroïdienne peuvent alors se rapprocher de la normalité. D’autre part, chez les consommateurs de produits riches en gluten, la coexistence d’anticorps anti-gliadine et anticorps antithyroïdiens est souvent retrouvée. D’où l’impasse allopathique car le Lévothyrox et l’Euthyral contiennent du lactose comme excipient et le Cynomel – dont l’excipient est l’amidon de blé – contient du gluten !

La complémentation micro­nutritionnelle

Le bon fonctionnement de la thyroïde exige des apports satisfaisants multiples : fer, iode, sélénium, zinc, vitamines B2, B6, B12, D3.

  • Fer afin de faciliter la production de tyrosine à partir de la phénylalanine,
  • Iode (150 mg/j) et tyrosine afin de soutenir la production de T1 et T2, les précurseurs de la T4 et de la T3,
  • Sélénium indispensable à la transformation de la T4 en T3,
  • Zinc également indispensable à la transformation de la T4 en T3. De plus, le zinc est essentiel pour que la T3 exerce pleinement sa fonction,
  • Vitamine D3 sans laquelle la T3 ne peut pénétrer dans les cellules.

Plusieurs formules réunissent ces différents éléments et y associent des extraits de plantes, souvent empruntées à la médecine ayurvédique :

  • Coleus forskohlii (Makandi) dont la forskoline augmente la production des hormones thyroïdiennes,
  • Commiphora mukul (Guggul) dont les guggulstérones facilitent la conversion de T4 et T3,
  • Withania somnifera (Ashwagandha) en raison de son usage traditionnel dans le traitement de l’hypothyroïdie. Exemple : Natural thyro formula du laboratoire SuperSmart, 2 gélules 2 fois/j ou encore Régulinat du laboratoire Lescuyer, 1 comprimé 2 fois /j au repas.

Le suivi

Un bilan thyroïdien comprenant TSH ultrasensible de 3e génération et T4L est à prévoir à la fin du deuxième mois de complémentation. Dans le même temps, refaire un bilan micronutritionnel avec iodurie. À partir de ces résultats, le médecin versé à la nutrithérapie ou à la naturopathie ajustera les recommandations en complémentation micronutritionnelle.

Nouvelle menace : le syndrome de Shoenfeld

La fréquence des maladies auto-­immunes ne cesse d’augmenter au sein des pays de culture occidentale. Une possible explication à ce phénomène des plus inquiétants pourrait venir de la découverte d’un nouveau tableau nosologique.

Culpabilité des adjuvants : Le syndrome auto-immunitaire/inflammatoire induit par les adjuvants, ASIA (Autoimmune/inflammatory Syndrome Induced by Adjuvants), est un concept qui attend sa validation scientifique. Il est le fruit du travail de recherche d’une équipe de scientifiques israéliens dirigée par le Pr Yehuda Shoenfeld, immunologiste, responsable d'un centre de maladies ­auto-immunes.

Ce concept regroupe quatre voire cinq entités nosologiques :

  • La siliconose chez les femmes porteuses d’implants mammaires contenant de la silicone,
  • Le syndrome de la guerre du Golfe (SGG),
  • La myofasciite à macrophages (MFM),
  • Les réactions post-vaccinales, notamment avec le vaccin contre la grippe A/H1N1,
  • La métallose chez les porteurs d’implants métalliques (prothèse de hanche, implant buccal).

Le diagnostic de ce syndrome repose sur les critères suivants :

  • L’exposition à un facteur de risque avant la constitution du tableau clinique : adjuvant, silicone, huile de paraffine,
  • Un tableau clinique regroupant plus ou moins, fièvre, douleurs musculaires ou/et articulaires, sécheresse buccale ou oculaire, fatigue chronique, troubles cognitifs portant surtout sur la mémoire,
  • La découverte de lésions typiques dans les prélèvements biopsiques,
  • Et le fait que le tableau s’amende après l’élimination de l’agent causal.

Parmi les facteurs de risque jusqu’ici identifiés :

  • Une prédisposition génétique,
  • Des antécédents allergiques,
  • La carence en vitamine D.

Quel intérêt ? Ce syndrome est parfois associé à des maladies auto-immunes/inflammatoires telles que la maladie de Horton, la pseudo-polyarthrite rhizomélique, certaines myosites et fibroses pulmonaires, le syndrome de Gougerot-Sjögren, la maladie de Basedow, la thyroïdite d’Hashimoto… Ainsi, l’élimination des adjuvants est supposée améliorer le terrain immunitaire et, par-là, participer au traitement des maladies auto-immunes qui y sont associées.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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