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Perturbateurs endocriniens : comment les éviter

Article paru dans le journal nº 53 Acheter ce numéro
  • Privilégier l'alimentation biologique, de proximité et fraiche plutôt que transformée.Privilégier l'alimentation biologique, de proximité et fraiche plutôt que transformée.

Omniprésente, la menace des perturbateurs endocriniens nous oblige à faire preuve d'une vigilance accrue au quotidien. Les précautions à prendre concernent nos pratiques alimentaires, notre utilisation des produits cosmétiques et des médicaments allopathiques. Panorama des bons réflexes à acquérir.

Il est des situations où fuir devant l’ennemi n’est pas une honte, mais une question de survie. Autant que faire se peut, si l’on ne peut fuir les perturbateurs endocriniens, tout faire pour s’exposer le moins possible devient une urgence.

Faire le choix d’une alimentation plus saine

  • Avant tout, adopter un mode alimentaire reconnu parmi les plus sains : méditerranéen, végétarien, paléolithique ou cétogène. En cas de doute, les conseils avisés d’un médecin nutri­thérapeute ou naturopathe vous seront utiles.
  • Renoncer aux préparations industrielles et privilégier définitivement les aliments biologiques, de proximité (sans agent de conservation) et frais plutôt que transformés.
  • Quand un produit n’existe que sous forme emballée (lait de vache, lait végétal, jus de fruits, yaourt, fromage, charcuterie, plat préparé), préférer le verre à tout autre contenant : la plupart des PE migrent facilement dans la graisse, et ce transfert est d’autant plus important que le contact avec l’aliment est prolongé. Toutefois, cela impose souvent de se rendre au magasin muni de ses propres conteneurs.
  • De même, bannir les conserves et les cannettes (bière, sodas) dont la surface intérieure est revêtue d’un film plastique.
  • Limiter la consommation des produits dérivés du soja (une portion une à deux fois par semaine) : leur excès expose à une hypothyroïdie, à une baisse de la fertilité et à des altérations mammaires pouvant conduire au cancer du sein. Les produits dérivés du soja contiennent des inhibiteurs de la digestion, des protéines qui peuvent conduire à une carence d’apports en acides aminés essentiels. Ils renferment aussi de l’acide phytique, substance qui a pour effet de réduire considérablement l’absorption des minéraux indispensables (zinc, cuivre, magnésium, calcium, fer).
  • Limiter la consommation de viande rouge et de charcuterie à 200 g par semaine et celle de produits laitiers à une portion par jour, en veillant à ce qu’ils soient issus de la filière bio, car ceux-ci sont beaucoup moins imprégnés de dioxines. Avant de cuire la viande, en ôter la graisse, car il n’est jamais exclu qu’elle recèle des traces de PE.
  • Veiller à avoir un apport suffisant en oméga-3, tant en ALA (huile de colza, une cuillerée à soupe par jour) qu’en DHA et EPA (produits marins), afin d’assurer un bon équilibre dans la production de molécules pro- et anti-inflammatoires ainsi qu’une bonne neuroplasticité.
  • Du fait de l’extrême pollution de l’océan par les métaux toxiques et les PE, consommer de préférence :
    - Des poissons à la chair foncée (riches en oméga-3) et de petite taille (100 g trois fois par semaine), car la teneur de leur chair en polluants est nettement plus faible : anchois, hareng, maquereau, pilchard, sardine (frais ou en conserve ; éviter le surgelé, car après trois mois de conservation, les graisses rancissent). Pour l’amateur de saumon et de thon, n’acheter que des individus frais, les plus petits possible, et n’en consommer qu’une fois toutes les deux semaines.
    - Des coquillages : une portion tous les quinze jours, car ils n’ont pas d’organe (foie, rein) pour éliminer les substances nocives.
  • Pour saler, n’utiliser que du sel iodé afin de saturer la thyroïde, ce qui protégerait la glande de l’agression des PE.
  • Quant aux fruits et légumes, même bio, les peler ou les rincer soigneusement dans du vinaigre ou du bicarbonate.
  • Agrémenter le plat principal de graines germées qu’on aura soi-même cultivées : non seulement elles sont débarrassées de l’acide phytique, de sorte que leurs minéraux sont assimilables, mais leur forte densité en micronutriments antioxydants aide le travail d’élimination des toxiques par l’organisme.
  • Ne boire l’eau du robinet que si le système d’épuration local procède à une nanofiltration ou si on possède sa propre unité de filtration. Sinon, mieux vaut boire de l’eau en bouteille (surtout si une grossesse est programmée), même si elle recèle des traces de xénobiotiques provenant de son conteneur plastique.

Si l’intention de protéger la gent animale est louable, elle ne doit pas mettre en danger notre santé et celle des enfants. Cela exige de :

  • Surveiller régulièrement son profil micronutritionnel par des bilans afin de corriger tout déficit éventuel (vitamines B12 et D, fer, iode, zinc, carnitine, taurine, DHA, EPA en particulier). Une carence diminue les capacités physiologiques d’élimination des toxiques et de lutte anti-oxydante contre les lésions biochimiques générées par ces toxiques.
  • Pratiquer toute cure de jeûne et/ou de détoxination (chlorelle, coriandre, etc.) sous contrôle afin de ne pas léser les organes essentiels, cerveau et foie notamment.
  • Manger strictement bio, et ce d’autant plus que la partie des fruits et légumes consommés crus est plus importante.
    Un accompagnement médical pour ce genre de suivi est donc indispensable.

N’utiliser que des conteneurs et instruments de cuisson en acier de qualité chirurgicale (10/18), en verre ou en céramique. Donc abandonner :

  • La conservation en sachet plastique, dans un film transparent ou dans un conteneur estampillé de l’un des trois chiffres suivants : 3 (PVC), 6 (polystyrène) et 7 (polycarbonate).
  • La cuisson au four à micro-ondes (qui facilite la migration dans les aliments des phtalates, du DEHA et des autres PE contenus dans leurs récipients) et en papillotes (qui favorise l’absorption de l’aluminium).
    Préférer la cuisson à la vapeur avec un appareil tel que le Vitaliseur de Marion, dont le couvercle en forme de dôme assure une récupération dans le bac d’une partie importante des pesticides et autres PE résiduels. En outre, cela évite le trop cuit qui, même s’il est recherché pour son goût puissant, est, lui aussi, des plus toxiques.

Santé et cosmétiques

Même si les femmes consomment plus de cosmétiques que les hommes, ces derniers, de plus en plus coquets, doivent aussi se montrer prudents et lire les étiquettes. Voici quelques bons gestes à adopter :

  • Se laver les mains avec du savon de Marseille ou d’Alep.
  • Utiliser des produits de santé bio, certifiés Ecocert, en sachant que certains d’entre eux sont encore conditionnés dans des emballages comportant des PE.
  • Pour le maquillage et le parfum, renoncer aux produits dits de luxe. Leur préférer ceux de la chaîne écologique, même si certains de leurs composants peuvent poser problème.
  • Veiller à ce que la peau du visage respire en évitant les fonds de teint.
  • Pour la toilette intime, savonner uniquement les parties extérieures, puis rincer à l’eau tiède ; ne recourir qu’en cas de nécessité aux lingettes sans alcool ni parfum.
  • Préférer les protège-slips aux tampons. Si ces deux catégories de produits contiennent régulièrement des traces de PE, la seconde est plus dangereuse parce qu’elle facilite la diffusion des toxiques dans l’organisme.
  • Dans chaque gamme de produits, choisir la formulation élaborée pour peaux sensibles, ce qui élimine les substances irritantes.

Médicaments allopathiques

Les corticoïdes, comme les traitements hormonaux (ménopause, andropause) et antihormonaux (pilule, finastéride, certains anticancéreux), agissent en parfaits PE, qu’ils soient ingérés à la suite d’une prescription personnalisée ou absorbés avec l’eau du robinet. Certains antidépresseurs (bupropion, fluoxétine, sertraline, venlafaxine) ont un impact négatif sur la reproduction des poissons d’eau douce. La prise répétée d’aspirine, de paracétamol ou d’indométacine est associée à une baisse de la fertilité masculine.

  • En dehors des situations d’urgence, ne recourir aux médicaments allopathiques qu’après avoir épuisé les solutions naturelles, toujours sous le contrôle d’un médecin nutrithérapeute, naturopathe, homéopathe ou acupuncteur.
  • Exemple : en cas de troubles cutanés, consulter un médecin aromathérapeute.
  • Quand le recours à la médecine officielle est indispensable, s’informer des effets indésirables sévères possibles à court comme à long terme et, à efficacité égale, exiger la molécule la moins toxique.
  • Le plus grand défi est celui que pose la prescription d’un antihormonal pour traiter un cancer car, alors, la probabilité de l’émergence ou de l’aggravation de troubles dépressifs est importante, bien que peu signalée dans les notices. En outre, la dépression étant étroitement liée à une aggravation du terrain inflammatoire, la flambée tumorale qui peut en résulter exige la prise d’autres substances aux effets indésirables sérieux.
  • C’est là que l’apprentissage des émotions est capital. Pour ce faire, consulter un psycho­thérapeute qualifié pratiquant la méthode de liberté émotionnelle de Gary Craig ou l’EMDR. Dans le même temps, une complémentation micronutritionnelle est indispensable.

Précautions à prendre

  • Habiter loin de toute agglomération urbaine, de tout lieu d’incinération, de tout site industriel, de tout lieu de culture intensive.
  • Pour les travaux (construction, entretien, rénovation), privilégier les produits naturels.
  • Même chose pour tout le mobilier.
  • Aérer au minimum 10 minutes par jour.
  • Pour les parfums d’ambiance, recourir à un diffuseur d’huiles essentielles, maximum 15 minutes par jour.
  • Chaque jour, passer un linge humide sur les meubles afin d’éliminer la poussière, qui concentre un grand nombre de PE (alkylphénols, phtalates, retardateurs de flamme).
  • Consulter le site d’INERIS au sujet des substances toxiques auxquelles vous expose votre activité professionnelle et vérifier que la législation en vigueur est bien appliquée.
  • La transpiration provoquée par l’effort est un des moyens qui permettent de purifier l’organisme d’une partie de ses toxines. Une demi-heure par jour de marche tonique associée à une séance hebdomadaire de hammam ou de sauna et à une pratique sportive pendant deux heures le week-end est une bonne moyenne pour obtenir des résultats appréciables, à condition cependant que ces exercices ne soient pas faits en salle (l’air y est souvent pollué), au bord d’un axe routier, dans une mégapole ou près de terres agricoles traitées par des pesticides. Ne reste donc que la nature, loin de la pollution.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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