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Métaux toxiques : comment éviter qu'ils nous plombent

Article paru dans le journal nº 96 Acheter ce numéro
  • Les métaux lourds nous plombentLes métaux lourds nous plombent

Plomb, mercure, aluminium… On voit mal ce que ces substances viendraient faire dans notre corps. Pourtant, via notre alimentation, nos médicaments, l’air ou l’eau, les métaux dits « lourds » parviennent à pénétrer nos organismes pour s’y accumuler et causer des dégâts. Comment agissent-ils ? Peut-on s’en protéger ou s’en détoxiquer ? Voici les astuces et les pièges à connaître.

Ah, les fêtes de fin d’année… Vous reprendrez bien un peu de mercure avec votre toast au saumon ou du plomb avec vos huîtres ? Nous en plaisantons, pourtant les métaux lourds méritent notre attention car ils pourraient en partie expliquer l’explosion de nombre de maladies émergentes.

Les Français, champions du monde

À l’été 2021, un rapport de Santé publique France révèle que 97 à 100 % de la population française est imprégnée de un à plusieurs métaux toxiques. Les adultes comme les enfants présentent des taux plus élevés que les autres Européens. Comment réussissons-nous une telle prouesse ? Principalement via notre alimentation en consommant des poissons à l’arsenic, au mercure et au chrome, des céréales boostées à l'engrais (à forte teneur en cadmium), des légumes bios traités au cuivre. Le tabac (contenant cadmium et cuivre), les implants médicaux au chrome et les plombages dentaires au mercure semblent être des sources secondaires de métaux lourds.

Liste des métaux « lourds » et « toxiques »

Pour le Dr Fiamma Ferraro, médecin généraliste italienne spécialiste du traitement par chélation et autrice de Se débarrasser des métaux toxiques (éd. Macro ­éditions), trente-cinq métaux toxiques sont à craindre dont le plomb, le mercure, l’aluminium, l’arsenic, le cadmium, le nickel, le platine, l’étain… Elle insiste sur l’importance de distinguer métaux « lourds » et métaux « toxiques ». Les métaux lourds sont des éléments chimiques dont la densité – cinq fois supérieure à l’eau – fait que nos organismes ont du mal à les métaboliser puis à les éliminer. Parmi eux se trouvent aussi des oligoéléments essentiels (fer, cuivre ou zinc) qui ne sont toxiques qu’à forte dose. Ainsi, le terme « métaux toxiques » est préférable car il ne désigne que les métaux inutiles à notre santé ou toxiques même en petite quantité.


Pas tous égaux devant les métaux

Un tiers d’entre nous, détenteurs du gène APOE4, seraient plus sensibles aux métaux toxiques car ils les élimineraient naturellement beaucoup moins bien que les détenteurs de gènes APOE1 et APOE2. Ces gènes semblent réguler en partie les taux de métaux dans le corps ainsi que leur élimination, et sont essentiels aux bonnes connexions entre les neurones. D'ailleurs, le gène APOE4 multiplie par trois le risque de développer la maladie d’Alzheimer.

Des métaux pas nickel chrome

Ces métaux toxiques sont initialement des produits naturels destinés à rester dans la croûte terrestre. La nature n’a pas prévu que nous en ingérions, c’est bien là que le bât blesse. La civilisation a décidé de les extraire de la terre pour en tirer profit, nous exposant ainsi à des doses jusqu’à deux cents fois supérieures aux niveaux d’exposition naturels (lire ci-dessous). S’accumulant dans l’organisme suite à une exposition unique ou chronique, ils sont difficiles à déstocker, et présentent une toxicité en enrayant des mécanismes physiologiques, particulièrement ceux qui sont liés au système nerveux.


Plomb et déclin de l’Empire romain

Un aristocrate romain ingérait en moyenne 250 mg de plomb chaque jour alors que la dose maximale aujourd’hui admise est de 45 mg. Vaisselle, batterie de cuisine, tuyaux… le plomb était alors utilisé partout. Plus exposée que les citoyens moyens, l’élite romaine aurait subi une épidémie de saturnisme (intoxication au plomb qui lèse le cerveau et le foie) qui aurait provoqué troubles psychologiques et infertilité contribuant à son déclin.

Des prélèvements de glace du Groenland montrent que, depuis le XVIIe siècle, les taux de cadmium ont été multipliés par 8, ceux du zinc par 5 et ceux du cuivre par 4. Le taux de plomb a été multiplié par 200 par rapport aux niveaux naturels d'il y a 8 000 ans. Bien que ces taux baissent depuis les années 1970, espérons qu’ils ne contribueront pas au déclin de nos contemporains !

Lire aussi Se débarrasser naturellement des métaux lourds


Sources :

"Interactions between metals and Apolipoprotein E (ApoE)", thèse de doctorat du docteur He Xu, 2015.

"Histoire de la pollution en métaux lourds de l’atmosphère de l’hémisphère nord au cours des deux derniers siècles retracée dans les neiges du Groenland central", thèse de glaciologie de Jean Pierre Candelone, 1994.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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