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Réparer la muqueuse intestinale

Article paru dans le journal nº 16 Acheter ce numéro
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L'alimentation suffit rarement à rétablir l'équilibre intestinal lorsque celui-ci a été durablement perturbé par le passé. Le recours aux compléments alimentaires est alors absolument indispensable, tant pour réensemencer l'intestin avec des bactéries qui le protègent que pour cicatriser la muqueuse et réguler les réactions du système immunitaire.

Les micronutriments

  • La L-glutamine, l’aliment roi des cellules à renouvellement rapide, non seulement les entérocytes (les cellules spécifiques de l’intestin grêle), mais aussi les cellules immunitaires parsemées au milieu d’elles. Elle est donc indispensable en cas de maladie chronique des intestins. La durée de cette complémentation n’est pas limitée dans le temps. La posologie varie considérablement d’une affection à l’autre. De 3 à 6 g par jour en cas d’affection chronique (selon les périodes de rémission ou de poussée) jusqu’à 18 g par jour au cours de certaines chimiothérapies.
  • Le butyrate qui est le carburant principal des colocytes (cellules spécifiques du côlon). Il est à recommander particulièrement lors des diarrhées suite à une antibiothérapie et à des séquelles colorectales de radiothérapie. Il n’est pas actuellement disponible sur le marché français. Il peut être remplacé par la prise de fructo-oligosaccharides qui favorisent la synthèse d’acides gras à chaîne courte, dont le butyrate. Posologie : 2,5 à 10 g par jour (1,5 à 6 mesures). Durée : deux mois minimum.
  • La N-acétyl glucosamine, il fait partie des sucres indispensables à la synthèse des glycoprotéines du mucus par les entérocytes. Il est rarement proposé seul comme complément alimentaire, mais comme c’est un des composants essentiels du chitosane (qui constitue la carapace des crustacés), il peut être aisément remplacé par la prise de 1 à 2 g de chitosane par jour pendant un minimum de trois mois.
  • Le bêta-carotène, précurseur de la vitamine A. Cette vitamine essentielle aux défenses immunitaires innées et acquises, ne peut malheureusement pas être prise sans suivi médical du fait du risque de surdosage possible. C’est pourquoi on lui préfère le bêta-carotène qui n’a pas cet inconvénient. Il est particulièrement recommandé au cours des maladies inflammatoires chroniques des intestins (MICI) et des colites pseudomembraneuses à répétition (cf. encadré « Gare aux antibiotiques à répétition »).
  • Le zinc est indispensable à de très nombreuses réactions biologiques impliquées dans la régénération des tissus et des défenses immunitaires. Mêmes indications que le bêta-carotène.
  • Le magnésium et les vitamines B sont indispensables au bon fonctionnement du cycle de Krebs et donc à l’utilisation optimale des macronutriments (glucides, lipides, protéines) pour la production d’énergie nécessaire à la restauration de l’état général.
  • Un complexe antioxydant comprenant vitamines A (ou bêta-carotène), C, E, caroténoïdes (lycopène en premier), sélénium, zinc. Des complexes comme D-Stress (3 gélules par jour pendant plusieurs mois) réunissent dans leurs formules la majorité de ces différents minéraux et vitamines.
  • La quercétine. Ce flavonoïde antioxydant, intervient dans la régulation de la réponse immunitaire intestinale. Elle réduit notamment la perméabilité de certains capillaires et diminue les risques d’allergie alimentaire. Elle est d’autant plus efficace qu’elle est en présence de bromélaïne et de vitamine C.
  • Le DHA et les phospholipides sont des constituants des membranes des cellules. Ils sont aussi indispensables au renouvellement de l’épithélium intestinal (les entérocytes ne vivent en moyenne que six jours) que la L-glutamine et le zinc. De plus, le DHA donne aux membranes leur souplesse et favorise le transport actif des nutriments qui empruntent cette voie pour gagner la voie sanguine depuis la lumière intestinale. Le DHA et l’EPA améliorent l’efficacité des probiotiques en favorisant leur adhésion à la muqueuse.

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L’EPA est précurseur de prostaglandines anti-inflammatoires. Il participe donc à la protection contre les radicaux libres.

Comme le DHA se convertit facilement en EPA (l’inverse est moins évident), la complémentation de l’alimentation par du DHA-phospholipide (DHA2) suffit largement à satisfaire les besoins. Posologie : 1 sachet au cours d’un repas comportant des graisses. Durée : trois mois minimum.

  • Les alkylglycérols sont d’autres composants des membranes des cellules. Comme le DHA, ils favorisent le renouvellement cellulaire, et de plus, améliorent la capacité de filtre sélectif de la muqueuse digestive et facilitent la multiplication des souches bactériennes saprophytes. Ils abondent dans l’huile de certaines espèces animales, requin du Groënland et chimère en particulier. Posologie : 3 à 4,5 grammes par jour de ce type d’huile.

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  • Des oeufs de Trichuris suis. La prise d’une dose de ces œufs toutes les trois semaines induit une réponse plus adaptée du système immunitaire au cours des maladies inflammatoires chroniques des intestins (MICI) et tout particulièrement de la maladie de Crohn. Cette technique pratiquée depuis quelques années aux USA ne présente aucun danger pour l’homme, le parasite ne s’attaque qu’au porc.

Complémenter les apports nutritionnels

Plusieurs extraits de plantes et de champignons aident à restaurer l’unité fonctionnelle intestinale dans son intégrité tissulaire et dans sa fonction.

La phytothérapie

  • La Boswellia serrata exerce une action anti-inflammatoire profonde. Elle inhibe notamment l’activité de la 5-lipoxygénase, une enzyme qui est à l’origine de la synthèse des leucotriènes (molécules favorisant l’inflammation et produites en surabondance au cours des affections rhumatismales et allergiques). Posologie : 3 gélules (dosées à 400 mg) par jour pendant un minimum de trois mois.
  • L’aloe vera régule les réactions immunitaires et stimule la production du mucus.
  • Le ginkgo exerce une action protectrice vis-à-vis des risques auxquels la muqueuse digestive est exposée.

Plus d'informations sur le ginkgo chez nos confrères de Plantes & Santé : Le ginkgo, un soupçon d'immortalité.

  • Le thé vert (Camellia sinensis).
  • La griffe-du-chat (Uncaria tomentosa) possède une action intéressante contre l’attaque des radicaux libres.
  • La réglisse (Glycyrrhiza glabra) empêcherait la pénétration des métaux lourds. Afin d’éviter l’augmentation de la tension artérielle que sa prise régulière induirait, il est recommandé de prendre des extraits de réglisse dépourvue de glycyrrhizine, responsable de cet effet.

La mycothérapie

  • Le pleurote inhibe la 3 hydroxy-méthylglutaryl-CoA réductase qui est impliquée dans la genèse de l’inflammation et de la perméabilité digestive.
  • Le Phellinus linteus stimule le système immunitaire intestinal (notamment au cours des affections auto-immunes ou anticorps dépendantes), il normalise la fonction digestive, s’oppose aux phénomènes allergiques et préviendrait même certains cancers régulièrement induits par des toxiques chimiques.
  • Le coriolus a aussi un fort pouvoir immunostimulant.

À noter : certains de ces compléments ont une indication quasi systématique dès lors qu’existe une maladie chronique des intestins : la L-glutamine, la vitamine A, le zinc, le DHA-phospholipide, les alkylglycérols, les probiotiques, la boswellia ou l’aloe vera ou le pleurote.

Soutenir la physiologie intestinale

Pour des intestins en bonne santé, il faut apprendre et pratiquer une technique de gestion du stress. Cela permet de ne pas priver les cellules spécifiques de l’intestin grêle (les entérocytes) de leur carburant préférentiel, la glutamine.

La consommation de produits fermentés comme la choucroute crue à jeun, 20 à 30 minutes avant le petit-déjeuner, le kéfir, la complémentation par de la papaye fermentée… peuvent également aider.

En cas de suspicion, n’hésitez pas à faire un test d’intolérance au lactose. Et prenez des enzymes sous forme de compléments alimentaires en cas d’insuffisance confirmée.

Le kéfir, élixir de jouvence
des centenaires

Très digeste, le kéfir apporte à la fois des souches utiles, des protéines facilement assimilables ainsi qu’un complexe de vitamines et minéraux. Il permet à la flore dominante de se reconstituer et élimine le Candida albicans. Il rétablit l’unité fonctionnelle intestinale tant sur sur le plan digestif qu’immunitaire.

C’est une boisson fermentée, légèrement gazeuse et alcoolisée (environ 1 %), préparée originellement à partir de lait. Elle est le fruit de la symbiose entre une levure (champignon unicellulaire) et quelques souches bactériennes. Son invention remonte à la Haute Antiquité et aux nomades du Caucase. Dans cette région du monde où le pourcentage de personnes atteignant les 100 ans et en bonne santé est l’un des plus élevés du monde, plusieurs études scientifiques ont relevé l’absence quasi totale de tuberculose, de cancers et de maladies gastriques.

Avec le temps, un autre mode préparatoire s’est développé au moyen de fruits sucrés. La composition de la flore est légèrement différente, mais semble toujours contenir Lactobacillus caucasicus et Streptococcus lacti. Les propriétés du kombucha sont assez semblables.

1 grand bocal de 2 litres, ou 2 de 1 litre, possédant une fermeture hermétique 6 cuillers à soupe de grains de kéfir (à se procurer dans un magasin diététique car ceux vendus en pharmacie sous forme de poudre ne sont qu’une pâle copie) ou, bien mieux, une mère (1) 8 cuillers à soupe bombées de sucre en poudre 2 figues séchées, bio de préférence citron, bio de préférence.

1. Lavez bien les figues et le citron. 2. Mettez dans le bocal de 2 litres les 6 cuillers à soupe de grains de kéfir (ou la mère), les 8 cuillers à soupe bombées de sucre, les 2 figues sèches et un demi-citron. 3. Ajoutez deux litres d’eau minérale, brassez et fermez. 4. Laissez fermenter à température ambiante. 24 heures plus tard, brassez à nouveau. Le temps minimum de fermentation est de deux jours et maximum trois jours. Le contenu en gaz carbonique augmente de jour en jour. 5. Au terme de la fermentation, filtrez le contenu du bocal, jetez les figues, pressez le demi-citron et ajoutez le jus de l’autre moitié. 6. La potion est prête à être consommée. Elle se conserve au réfrigérateur et son goût est bien meilleur quand elle est fraîche. Si vous avez besoin de conserver la mère, mettez-la dans un petit pot au réfrigérateur avec de l’eau du robinet et du sucre.

 

Posologies recommandées

  • Chez la personne en bonne santé : un grand verre à jeun.
  • En cas de dystonie neurovégétative, d’ulcère gastrique (2), d’asthme et de bronchorrhée chronique, d’insuffisance biliaire (3), d’infections urinaires à répétition : un litre par jour.
  • En cas d’eczéma : un demi-litre par jour.
  • En cas de leucémie : un à deux litres par jour. Les examens sanguins se normaliseraient après une cure de 3 mois.

(1) Si vous avez pu obtenir une mère, mettez-la dans une passoire fine ou même un grand chinois et lavez-la sous l’eau du robinet. Évitez de la manipuler avec les doigts.

(2) Effet au bout d’un mois. (3) Normalisation en 2 à 6 mois.


 

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