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Cerveau : sommeil, carences, microbiote

Article paru dans le journal nº 76 Acheter ce numéro
  • Les omega 3, maçons du cerveauLes omega 3, maçons du cerveau

Une alimentation équilibrée n’est pas seulement indispensable à une bonne forme physique, mais également à la santé de notre cerveau, et ce, dès la période gestationnelle. Notre alimentation aurait ainsi un rôle déterminant sur notre humeur, notre mémoire, nos décisions. Comment pouvons-nous utiliser l’alimentation pour favoriser notre bien-être et optimiser notre état mental ? Partie V

Après avoir vu aussi clairement que possible quelle était, à travers les différents âges de la vie, la ­meilleure nutrition pour notre cerveau (et encore nous n’avons pas parlé des nourritures spirituelles, ­culturelles, sociales), qu’en est-il des carences et des ­conséquences ? En voici un aperçu.

Carences de sommeil

Le sommeil renforce 
la mémoire, favorise 
la créativité, contrôle l’appétit et rééquilibre les hormones. Des études ont montré que la privation de sommeil (moins de six heures de sommeil), même pendant une seule nuit, endommageait les neurones et affectait 
le cortex préfrontal. 
Le cerveau ne réagit plus de manière contrôlée, entraînant une consommation (involontaire) 
et excessive 
de nourriture (majoritairement 
riche en sucre).

Conséquences des carences

Des études menées à l’université de Bordeaux sur des souris montrent qu’une carence en oméga-3 augmente l’anxiété. La connexion entre les neurones apparaît diminuée, entraînant une mauvaise communication cérébrale. Sans oméga-3 pour se construire, le cerveau ne fonctionne donc pas correctement. Comme nous l’avons déjà mentionné, il est essentiel de consommer des oméga-3 en quantité importante lors de la période développementale, à l’adolescence, et au cours du vieillissement (période à laquelle l’incorporation des oméga-3 dans le cerveau est moins efficace).

Les Pays-Bas ont subi une famine, lors de la Seconde Guerre mondiale. Des femmes enceintes ayant souffert de la faim ont donné naissance à des enfants qui, vers l’âge de 18 ans, ont montré des troubles de sociabilité (comportements agressifs) plus importants que les gens du même âge, nés à une autre époque. De nombreuses études ont ainsi cherché à comprendre le lien entre la violence et la qualité de l’alimentation. Une étude menée dans plusieurs prisons aux Pays-Bas sur de jeunes détenus a ainsi montré qu’une supplémentation en vitamines, en minéraux et en acides gras pendant trois mois diminuait les comportements violents, et le nombre d’incidents était réduit d’un tiers.

C’est en Allemagne qu’une étude a suggérée que l’alimentation pouvait influencer nos pensées ! Les chercheurs ont révélé qu’un même individu prenait des décisions complètement différentes en fonction du petit déjeuner. Les personnes ayant consommé un petit déjeuner riche en protéines et pauvre en glucides se montraient plus tolérantes dans leurs décisions, notamment vis-à-vis d’offres inéquitables. Après des analyses sanguines, les chercheurs ont montré que ces ­personnes présentaient un taux plus élevé de tyrosine dans le sang, un acide aminé entrant dans la composition de la dopamine, hormone impliquée dans la motivation et la prise de risque.

De nos jours, le sucre est partout dans notre alimentation. Il a un potentiel addictif très important, et sa consommation régulière atténue la réaction du circuit de la récompense et produit des déséquilibres de l'humeur. Il faudra ainsi en manger encore plus pour avoir sa dose de plaisir. Le sucre agit donc de la même manière qu’une drogue dure. Le cerveau, après un régime riche en sucre, va devenir plus sensible aux images de produits sucrées, incitant à manger sans avoir faim.

Le microbiote, agent de liaison

Le microbiote intestinale (bactéries de l’intestin), influencerait nos préférences alimentaires en dialoguant avec les neurones via le nerf vague (nerf connecté à tous les organes, descendant du cerveau jusqu’aux intestins). D’après les scientifiques, le microbiote représenterait ainsi un agent de liaison entre la nourriture et notre cerveau. Même si les hypothèses sur le lien entre microbiote intestinal et cerveau sont encore récentes et toujours à l’étude, nous savons déjà que la nourriture que nous consommons influence la composition de notre microbiote. Une dysbiose, c’est-à-dire une perturbation du microbiote qui peut être en lien avec une alimentation déséquilibrée, pourrait ainsi exercer une influence délétère sur notre cerveau.

Un régime diversifié, équilibré, et favorisant les fruits et légumes semble être à ce jour la meilleure recette pour préserver ses facultés mentales. Quand l’on sait maintenant que notre alimentation peut influencer notre cerveau, la citation « Un esprit sain dans un corps sain » prend alors tout son sens.

Lire aussi Alzheimer, Parkinson : le microbiote intestinal et les facteurs environnementaux en première ligne

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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