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LA POLYARTHRITE RHUMATOÏDE,
une maladie capricieuse

Article paru dans le journal nº 13 Acheter ce numéro

La polyarthrite rhumatoïde peut être trompeuse. On la prend d’abord pour un simple rhumatisme qui peut occasionner des douleurs, vives ou sourdes, dans une articulation. Elle peut guérir spontanément, ou se stabiliser, mais souvent elle évolue par crises et devient terriblement invalidante. Aucun médicament classique ne permet de traiter définitivement cette maladie auto-immune dont le meilleur traitement reste un profond changement de mode de vie.

La polyarthrite rhumatoïde est un rhumatisme chronique dit « inflammatoire » qui débute en général entre 30 et 50 ans et touche généralement plusieurs articulations. Son origine est auto-immune, c’est-à-dire qu’elle résulte de la fabrication d’anticorps par l’organisme qui s’attaque ainsi lui-même. Cette maladie affecte entre 200 000 à 300 000 personnes en France (0,4 % de la population) et touche environ trois femmes pour un homme.

Le diagnostic difficile…

Les débuts de la maladie sont souvent trompeurs. Les premiers signes sont de simples douleurs au niveau des doigts, du poignet, d’un genou ou d’une cheville. Mais d’autres articulations peuvent être touchées : épaules, coudes, mâchoires… À ce stade, le diagnostic n’est pas souvent évident, compte tenu du fait que les symptômes présentés ne sont absolument pas spécifiques à la polyarthrite rhumatoïde. Seuls, l’évolution et les examens complémentaires permettront d’affirmer la maladie.

Le rhumatisme se traduit par un gonflement avec une rougeur et une chaleur de l’articulation concernée. La douleur survient généralement dans la deuxième partie de la nuit et nécessite une période d’échauffement plus ou moins longue avant de disparaître. Mais il subsiste une raideur de l’articulation concernée pendant la journée. Un élément qui peut être évocateur de la polyarthrite rhumatoïde est le caractère bilatéral et symétrique des atteintes articulaires.

… d’une maladie capricieuse

L’évolution est ensuite capricieuse. La maladie progresse généralement par crises (poussées). Il peut y avoir disparition complète des symptômes spontanément ou sous l’effet des traitements. Puis la récidive survient à plus ou moins longue échéance et souvent de manière plus prononcée. D’autres fois, les troubles se poursuivent de manière permanente perturbant la vie quotidienne. Les personnes commencent à avoir du mal à saisir les objets, à écrire, à effectuer des travaux de précision… La marche peut également devenir difficile.

Au fil de l’évolution, l’atteinte devient de plus en plus marquée avec des dégradations irréversibles des os et des cartilages qui génèrent des déformations des articulations. Celles-ci produisent des impotences et entravent fortement la mobilité des articulations et les gestes de la vie quotidienne.

En résumé, toutes les évolutions sont possibles, depuis le simple rhumatisme éphémère jusqu’aux crises douloureuses intenses et invalidantes… La fréquence de ces poussées et l’importance des déformations sont aussi très variables d’une personne à l’autre. La polyarthrite rhumatoïde peut très bien se stabiliser – et même parfois guérir – ou au contraire aller vers l’aggravation et la généralisation des atteintes articulaires et organiques. Il n’y a aucune règle semblant gérer cette évolution.

Quelles sont les analyses à faire ?

  • Les prises de sang révéleront surtout une augmentation de la vitesse de sédimentation (VS) et de la protéine C réactive (PCR) ce qui traduit l’existence d’un état inflammatoire. Une anémie (anémie de type inflammatoire) peut parfois lui être associée. Un dosage des IgM ainsi que des bilans, rénal et hépatique, sont souvent demandés avant de commencer les traitements.
  • Des examens plus spécifiques permettent d’affirmer le diagnostic. Ils rechercheront la présence du facteur rhumatoïde et de l’anticorps anti-peptides citrullinés (anti-CCP). Un taux élevé de ces éléments est généralement de mauvais pronostic mais leur négativité ne permet pas d’éliminer la maladie.
  • Les radiographies des articulations atteintes sont non spécifiques, montrant un simple gonflement de l’articulation dans un premier temps, puis des lésions des cartilages articulaires. Seul le caractère bilatéral et symétrique des lésions, notamment des articulations des doigts, est évocateur d’une polyarthrite rhumatoïde.
  • L’échographie et le doppler couleur permettent de mieux voir les lésions inflammatoires (synovites) et les dégradations de l’articulation, souvent avant même qu’elles n’apparaissent sur les radiographies.
  • L’IRM est parfois utile au début de la maladie afin d’établir le diagnostic. Car elle permet de voir des lésions plus caractéristiques de la maladie qui ne sont pas visibles sur les autres examens.

Pas seulement articulaire

À côté de l’atteinte articulaire, d’autres organes peuvent être atteints :

Les muqueuses
Souvent associé à la polyarthrite rhumatoïde, le syndrome de Sjögren (ou syndrome sec) se traduit par une sécheresse importante des yeux et de la bouche due à une insuffisance de sécrétion des larmes et de la salive.

La peau
Les nodules rhumatoïdes qui sont des formations ayant l’aspect de boules présentes sous la peau, souvent au niveau des coudes. Généralement peu ou pas douloureuses, elles apparaissent dans 20 % des cas.

Le coeur, les vaisseaux sanguins, les poumons…
Le coeur (péricardite), les poumons (pleurésie), les nerfs, les vaisseaux sanguins (vascularite, phénomène de Raynaud), le tube digestif, la peau… peuvent être aussi touchés par la maladie. Cela demeure toutefois exceptionnel.

Les diagnostics à éliminer

Il convient d’abord d’éliminer une simple arthrose, les autres causes de rhumatisme (goutte, rhumatisme psoriasique…), mais aussi les autres maladies auto-immunes (lupus érythémateux disséminé), maladie de Still, voire maladie de Crohn ou rectocolite hémorragique en cas d’atteinte digestive.

Les causes

Immunité
La polyarthrite rhumatoïde est une maladie auto-immune, c’est-à-dire que l’organisme fabrique des anticorps contre lui-même. Dans le cas présent, contre le cartilage et la synoviale des articulations, à la suite d’un dérèglement du système immunitaire.

Génétique
Des facteurs génétiques sont certainement présents dans la polyarthrite rhumatoïde, étant donné que l’on retrouve fréquemment plusieurs membres d’une même famille atteints par cette maladie. On estime qu’ils sont responsables de 30 % des polyarthrites rhumatoïdes.

Tabac
Le tabagisme est un facteur clairement associé à l’apparition et à l’aggravation de la polyarthrite rhumatoïde.

Psychisme
La polyarthrite rhumatoïde est souvent due au fait que la personne en fait beaucoup, qu’elle prend trop de charges sur ses épaules. Elle le fait parce qu’elle pense qu’elle se doit de le faire, mais en réalité cela lui pèse et l’accable. Cela s’accompagne d’un sentiment de dévalorisation jusqu’au jour où le rhumatisme va la bloquer dans ses activités, la libérant du même coup de sa charge.

La localisation de la polyarthrite rhumatoïde sur le corps indique les activités que la personne ne peut (veut) plus faire. Il sera important pour elle d’en prendre conscience et de changer sa manière d’agir pour ne plus jamais en faire plus qu’elle ne peut ou qu’elle ne veut. Elle sera alors sur le chemin de la guérison.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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