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Plaquettes : freinez vos maladies articulaires

Article paru dans le journal nº 78 Acheter ce numéro
  • Les plaquettes sont connues pour leur rôle dans la coagulation du sang.Les plaquettes sont connues pour leur rôle dans la coagulation du sang.

Le plasma riche en plaquettes (PRP) possède des propriétés cicatrisantes remarquables, de par son taux élevé en facteur de croissance. L’intérêt du PRP est de se rapprocher au mieux du mécanisme de cicatrisation naturelle, afin de traiter des maladies telles que l’arthrose et les tendinites.

Le sang est composé de divers éléments, qui sont les globules rouges, les globules blancs, le plasma et les plaquettes. Cependant, il ne contient que 4 % de plaquettes. Le plasma riche en plaquettes (PRP) représente ainsi un concentré de plaquettes qui va contenir environ cinq fois plus de plaquettes qu’un échantillon de sang classique. Les plaquettes sont connues pour leur rôle dans la coagulation du sang. Mais étant très riches en facteur de croissance, elles sont de plus en plus utilisées dans le traitement de traumatismes liés au sport et des maladies articulaires. L’utilisation de PRP aura ainsi pour but d’accélérer la cicatrisation. Cette technique est ainsi en vogue chez les sportifs, notamment chez le tennisman Rafael Nadal.

Stimuler la cicatrisation

Pour obtenir du PRP, il faut réaliser une prise du sang sur la personne à traiter. Ce prélèvement sera ensuite centrifugé afin de séparer les différents constituants du sang (globules rouges, granulocytes et leucocytes) des plaquettes. Un volume de 15 ml de sang prélevé permettra ­d’obtenir 5 ml de PRP. Une fois le PRP obtenu, il ­pourra être réinjecté à la même ­personne directement au niveau de la lésion ­(articulation, tendon, ligament ou muscle). Une grande quantité de facteurs de croissance sera ainsi libérée, stimulant la cicatrisation des tissus lésés, la synthèse du collagène et l’activation de chondrocytes (cellules formant le cartilage).

L’injection de PRP devra être réalisée par un médecin, et le plus souvent sous contrôle radiographique. L’injection peut être douloureuse, car il est impossible de faire une anesthésie locale, le pH du produit anesthésiant perturbant l’activation des granules plaquettaires. L’injection doit être suivie d’un repos de quarante-huit heures et d’une période de modération des activités. Il est de plus recommandé de faire deux à trois injections entre trois et six semaines d’intervalle pour observer une réelle efficacité.

L’intérêt premier de cette technique est qu’elle confère une parfaite biocompatibilité, car elle utilise le propre sang du patient (dit sang autologue), permettant de limiter tout risque allergique et la transmission d’agents pathogènes.

L’injection de PRP peut être indiquée dans de nombreuses situations, comme les tendinopathies (par exemple, au niveau de l’épaule, du coude, de la hanche, du talon d’Achille), mais également en cas de déchirure musculaire, ainsi que d’arthrose et de chondropathie du genou.

L’injection de PRP a fait l’objet de nombreuses études scientifiques qui ont démontré des effets bénéfiques (tels qu’un ralentissement de la progression de la maladie, une diminution de la douleur et de l’inflammation, ainsi qu’une amélioration de la mobilité), notamment dans les cas de tendinites non rompues, et les stades précoces de l’arthrose. Cette thérapie n’est en effet pas efficace dans les stades plus graves d’arthrose (c’est-à-dire lorsque le cartilage est trop usé), une injection de PRP ne pouvant stimuler que des tissus encore présents. Il a également été montré que l’utilisation de PRP présente une plus grande efficacité, ainsi que des effets plus stables dans le temps, à celle de l’acide hyaluronique dans l’arthrose du genou (ce dernier étant couramment utilisé dans cette pathologie).

Contre-indications

Il existe peu de contre-indications associées à cette technique. Tout gonflement douloureux, fièvre, infection ou réaction cutanée devront toutefois être déclarés au médecin le plus rapidement possible. Les injections de PRP ne devront pas être réalisées en cas de fièvre, de prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens, d’anticoagulants (ou tout autre traitement liquéfiant le sang), ainsi que chez les femmes enceintes. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens ne devront également pas être utilisés dans les deux semaines suivant l’injection. Malgré l’intérêt de cette technique, il faut toutefois noter qu’elle n’est pas remboursée, et vous coûtera entre 150 et 500 euros l’injection (selon le matériel et le lieu de réalisation).

Vampire lifting en vogue en Californie, mais interdit en France

L’injection de PRP au niveau de diverses zones du visage est pratiquée par certains chirurgiens esthétiques, notamment dans le but de diminuer les rides. Cependant, les gendarmes du médicament (ANSM) rappellent que cette pratique est interdite en France. Le Code de la santé publique fixe de manière limitative ce qu’il est permis de préparer à partir du sang ou de ses composants. L’injection de PRP à des fins esthétiques ne figurant pas dans la liste, elle est illégale en France.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

Tags sur la même thématique Arthrose Tendinopathie plaquettes sanguines

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