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Les oxyures : fréquents chez les enfants, invisibles chez l'adulte

Article paru dans le journal nº 31 Acheter ce numéro
  • Les oxyures : fréquents chez les enfants, invisibles chez l'adulteLes oxyures : fréquents chez les enfants, invisibles chez l'adulte

L'oxyure est un ver rond qui parasite les intestins. Blanchâtre, de petite taille (5 mm à 10 mm), il est très contagieux et existe dans le monde entier. Sa présence en grande quantité détermine une série de troubles facilement reconnaissables chez l’enfant. Mais elle passe souvent inaperçue chez l’adulte.

Article mis à jour le 18/12/2020

Portrait-robot et contamination

La contamination par les oxyures (Enterobius vermicularis) se fait par ingestion (voire inhalation) des œufs émis dans le milieu extérieur. Les œufs éclosent sous l’effet des sucs digestifs et libèrent les larves qui évoluent dans l’intestin grêle où elles subissent 5 mues en 2 à 4 semaines pour devenir adultes dans la région caecoappendiculaire. Seule la femelle gravide franchit le sphincter anal. Elle s’accroche par sa bouche à la muqueuse anale et pond en moyenne 10 000 œufs avant de mourir à l’approche de la nouvelle lune et de la pleine lune. Les démangeaisons induites par la présence du parasite, conduisent la collection d’une partie de ces œufs sous les ongles et sur la pulpe des doigts participant à leur diffusion sur les vêtements et les draps de lit. Si les doigts sont portés à la bouche, une partie des œufs est ingérée, ce qui constitue le principal mode de contamination. Il est particulièrement fréquent chez les enfants. D’où l’importance de bien leur apprendre à se laver les mains. D’autre part, les enfants aiment se toucher les uns les autres, ce qui favorise la contamination entre enfants.

Les symptômes : démangeaison et irritabilité

Les femelles d'oxyures pondent leurs œufs dans les plis radiés de la marge de l’anus, mais peuvent également migrer jusqu’au vagin, provoquant, dans les deux cas, une irritation locale. En général, c'est le prurit anal (dû à la fixation des femelles au niveau de la marge anale) le soir au moment du coucher qui déclenche le diagnostic. Il peut s’accompagner de lésions péri-anales de grattage.

Chez les enfants, ces démangeaisons sont accompagnées d'une excitabilité inhabituelle, d'une toux sèche, de cernes sous les yeux, de pleurs, de nervosité, de difficulté à trouver le sommeil, de goutte au nez persistante. Plus rarement, des oxyures peuvent déclencher une appendicite ou être responsables, chez la petite fille, de vulvite.

Chez les adultes, les démangeaisons sont souvent moins prononcées mais le sommeil est perturbé, ils souffrent de toux et d'affections ORL, de troubles digestifs, ils ont les yeux charbonneux. Des épisodes de diarrhée, de douleurs abdominales, de manifestations nerveuses (irritabilité, cauchemars) sont aussi classiques.

L'oxyurose vaginale

Ce parasite, même s’il évolue et se multiplie au niveau des systèmes digestifs, peut migrer jusqu'à la paroi vaginale. Ainsi chez la petite fille, le passage des vers au niveau de la vulve peut provoquer des démangeaisons et une inflammation (vulvo vaginite). De même, il peut être responsable d’infections urinaires récidivantes voire de difficultés à uriner ou au contraire de fuites urinaires. Chez la femme adulte, des pertes vaginales (leucorrhées) peuvent apparaître, accompagnées de démangeaisons vaginales et vulvaires ainsi que de douleurs urétrales. Dans certains cas, une oxyurose vaginale non traitée peut engendrer une vaginite et même une salpingite (inflammation des trompes utérines)(1).

Par ailleurs, une étude, datant de 2018, met en exergue la possibilité que le vagin, indépendamment de sa proximité avec l’anus, puisse être un réservoir d’Enterobius vermicularis.

Pour se soigner il faut un traitement régulier

Les traitements officiels des oxyures sont basés sur deux axes. L’un médicamenteux, l’autre de bon sens.

  • On commence par le traitement du malade et des membres de la famille ou de la collectivité (crèche, école). Cela passe par la prise de flubendazole (Fluvermal), d’albendazole (Zentel) et de pyrantel (Combantrin, Helmintox). Des antiparasitaires classiques qui ont peu d'effets secondaires (douleurs abdominales, nausées, diarrhée).
  • Afin d’éviter toute réinfestation, on recommande aussi de changer et laver tous les vêtements et toute la literie, nettoyer les jouets, traiter les chiens et chats vivant au domicile, laver les mains régulièrement et brosser les ongles…

En raison du cycle parasitaire, il est conseillé d’effectuer systématiquement un nouveau traitement 2 à 3 semaines après le premier pour éviter l’auto-infestation et la réinfestation.

Tout ceci fonctionne très bien mais il faut savoir que l'on parvient rarement à imposer à tous les parents d'une même classe une vermifugation, et que la proximité d'animaux de compagnie est une source constante d'infestation.

Par ailleurs, rappelons-nous que les générations précédentes pratiquaient régulièrement la vermifugation des enfants (et des adultes aussi). Et qu'il n'y a aucune raison objective d'abandonner cette pratique aujourd'hui.

Une vermifugation régulière est, en effet, le seul remède vraiment complet et, dans ce cas, mieux vaut s'en remettre aux traitements naturels plutôt qu'aux molécules chimiques.

Traiter l’oxyurose naturellement

En homéopathie :

Cina 9 CH : prendre 3 granules chaque soir pendant un à deux mois.

À faire soi-même :

Faites infuser des feuilles de céleri pendant dix minutes et filtrer. Prendre 1 tasse trois fois par jour après les repas, pendant quelques jours, deux fois à trois semaines d’intervalle.

Phytothérapie :

Il existe un très grand nombre de plantes qui, empiriquement, ont montré une action sur les affections parasitaires en général. Les plus connues sont :

  • Allium sativum (ail) 2
  • Curcubita pepo (courgette)
  • Curcuma longa (curcuma)
  • Trigonella foenum graecum (fenugrec) 3
  • Thymus vulgaris (thym) 4
  • Cinnamomum cassia (cannelle) 5
  • Satureja montana (sarriette des montagnes)
  • Zingiber officinale (gingembre) 6
  • Syzygium aromaticum (girofle)
  • Punica granatum (grenade)
  • Ziziphus spina-christi 8 (Jujubier de Palestine)
  • L'armoise commune
  • Les graines de nigelle
  • Extrait de pépins de pamplemousse 7

Probiotiques :

Ajoutez des probiotiques à votre alimentation. Il peut s’agir de yaourt nature ou de compléments alimentaires aux probiotiques. Ils permettent de stimuler les bactéries saines dans le système digestif. Cela crée alors un environnement moins favorable aux oxyures.

Et pour consolider les résultats

Un organisme devient l’hôte d’un parasite lorsque celui-ci est parvenu à contourner le système immunitaire. S’ensuit une réaction inflammatoire qui, parce qu’elle est inefficace, perdure et installe un terrain inflammatoire chronique qui, à son tour, peut générer bien d’autres pathologies. Il  faut donc associer au traitement antiparasitaire certains compléments alimentaires capables de restaurer le microbiote intestinal (entité composée de la flore et de la muqueuse intestinales).

Il existe de nombreuses possibilités comme l’association suivante :

  • Boswellia serrata, plante ayurvédique connue pour faciliter la restauration de la muqueuse intestinale et la partie du système immunitaire qui est en lien étroit avec elle. Prendre 1 à 1,5 g d’extrait par jour pendant au moins six semaines, plusieurs mois en cas de lambliase.
  • Complexe probiotique afin de restaurer le microbiote.
  1. « Vaginal Pinworms (Enterobius Vermicularis) », 4 août 2018.
  2. Medicinal properties of onion and garlic, 2006.
  3. A Review on Phytochemistry and Pharmacological Effects of Trigonella Foenum-Graecum. Advanced Herbal Medicine 2, 2016
  4. « Investigation of Anthelmintic Effects of Some Thyme Species (Thymus Kotschyanus and Thymus Collinus) Against Gastrointestinal Parasites ». KAFKAS ÜNİVERSİTESİ VETERİNER FAKÜLTESİ DERGİSİ 23, 2017
  5. Plantes et Santé. « Ne pas se laisser parasiter », 2013
  6. « A Review on Most Important Herbal and Synthetic Antihelmintic Drugs ». Asian Pacific Journal of Tropical Medicine 7, 2014
  7. « Treating Parasitic Infections with Botanical Medicines ». Alternative and Complementary Therapies 5, 2009.
  8. « Impact of Intake a Sidr (Zizyphus Spina-Christi L.) Extract on Enterobiasis Vermicularis Infection for Children. » Biomedical and Pharmacology Journal 13, 2020.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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