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Maladie de Lyme : symptômes et diagnostics

Article paru dans le journal nº 45 Acheter ce numéro
  • Le diagnostic sanguin actuel de Lyme n'est pas fiableLe diagnostic sanguin actuel de Lyme n'est pas fiable

Les premiers symptômes de la maladie sont présents dans moins d’un cas sur deux. Ce sont des manifestations cutanées d’aspect variable dont un seul est caractéristique : l’érythème migrant (EM). Régulièrement accompagnées de symptômes généraux évocateurs d’un syndrome grippal (fièvre, courbatures, douleurs articulaires), elles passent souvent inaperçues. Quels autres symptômes doivent nous avertir d'une possible infection ?

L’EM se présente typiquement sous la forme d’une auréole rougeâtre, centrée sur le lieu de morsure, localisée ou rapidement extensive à une section de membre ou une joue. Parfois, le centre de la lésion est marqué par une vésicule ou une ulcération, ce qui doit évoquer une co-infection.

La découverte d’une lésion de ce type ou y ressemblant doit faire consulter avant qu’elle ne disparaisse, car, si le diagnostic de morsure de tique infectée est retenu, le traitement allopathique alors prescrit est efficace dans la très grande majorité des cas. Pas besoin de recourir à un bilan sérologique, car les tests actuellement disponibles ne sont pas capables de détecter l’infection à ce stade.

La borréliose de Lyme n’induit pas d’immunité. C’est pourquoi, lors de manifestations à distance de l’infection initiale, il est difficile, voire impossible, de faire la différence entre la chronicisation du premier épisode et le début d’un nouveau. C’est aussi pourquoi il est vraiment indispensable de respecter les consignes de prudence chaque fois qu’on est amené à séjourner dans la nature.

Une longue liste de symptômes

Malheureusement, il arrive souvent que les signes cutanés soient absents, passent inaperçus ou soient négligés. La Borrelia burgdorferi a alors toute liberté pour se propager.

En quelques semaines à quelques mois, diverses manifestations apparaissent et s’installent dans la durée tout en s’aggravant. Leur grande diversité d’un sujet à l’autre conduit à se poser la question d’une borréliose chronique dès que sont retrouvés trois symptômes ou plus figurant parmi la liste très longue de ceux que la maladie peut générer. Voici les principaux :

  • Fatigue physique de plus en plus intense jusqu’à atteindre la sensation d’épuisement.
  • Douleurs articulaires violentes, migrant d’un endroit à un autre et disparaissant spontanément.
  • Douleurs musculaires, souvent accompagnées de crampes, sans même avoir fait un effort.
  • Douleurs tendineuses et ligamentaires, souvent au talon, au coude.
  • Déchirure d’un tendon sans effort préalable.
  • Douleurs sterno-costales et sous-costales, sensation d’oppression thoracique.
  • Douleurs en coups de couteaux, sensation de plaies ou de décharges électriques.
  • Maux de tête intenses, diffus, unilatéraux ou en forme de casque. Méningite avec ou sans atteinte cérébrale. Paralysie faciale.
  • Troubles sensoriels : troubles de l’accommodation oculaire, bourdonnement d’oreilles, vertiges, problèmes d’équilibre.
  • Épisodes de tachycardie, souvent nocturnes. Découverte d’une arythmie ou d’un trouble de la conduction nerveuse entre oreillettes et ventricules à l’électrocardiogramme.
  • Douleurs stomacales, alternance de diarrhée et de constipation, ballonnement abdominal, sentiment de satiété vite atteint.
  • Modification notable du poids sans avoir modifié son alimentation.
  • Douleurs dans la vessie et/ou les testicules sans infection urinaire.
  • Perturbations neurovégétatives : sensation de fièvre marquée par de grands frissons, épisodes de sudation intense sans fièvre à n’importe quel moment de la journée, intolérance récente à l’alcool (même à dose infime).
  • Troubles neuropsychologiques croissants : détérioration de la durée et de la qualité du sommeil (réveils fréquents, apparition de cauchemars), lenteur d’exécution, difficulté d’attention, de mémorisation ou, à l’opposé, cerveau en perpétuelle ébullition, impulsivité, anxiété, attaques de panique, problèmes comportementaux. Baisse des performances cognitives, au travail, à l’école.
  • Manifestations cutanées : érythème migrant chronique, lymphocytome, acrodermatite atrophiante chronique, chute de cheveux par plaques circulaires.

Maladie de Lyme, 
maladie transmissible ?

À ce jour, il n’existe pas d’arguments pouvant faire craindre la transmission de la borréliose de Lyme par voie sexuelle, par le lait maternel, par transfusion sanguine ou à la suite d’une greffe d’organe ou de tissu. Néanmoins, il a été observé que la femme enceinte peut la communiquer à son fœtus. Aussi, lorsque le diagnostic est établi ou fortement suspecté lors d’une grossesse, l’antibiothérapie est systématiquement recommandée.

Le casse-tête du diagnostic

La première raison expliquant la difficulté d’identifier cette maladie est que la majorité du corps médical n’a pas encore acquis le réflexe de se poser la question suivante lorsque les différents bilans n’ont pas conduit à un diagnostic évident : « Ces symptômes d’apparition récente dont je ne comprends pas la cause font-ils partie de la liste des phénomènes observés au cours de la maladie de Lyme ? » Comme le nombre des manifestations que cette infection peut induire est élevé (notamment dans la sphère psychologique), la question devrait souvent se poser.

Une autre raison est la spécificité insuffisante des examens biologiques habituellement pratiqués. En effet, si, aujourd’hui encore, établir pour tout un chacun qu’à un moment de sa vie son système immunitaire a été exposé à la borréliose de Lyme semble une gageure, préciser le degré d’évolutivité de la maladie (forte ou faible activité, phase de latence, guérison) est pratiquement mission impossible :

  • Les dosages immuno-enzymatiques – ELISA et ELFA – peuvent revenir positifs en l’absence même de maladie de Lyme à cause d’une infection par une autre bactérie ou par un virus. Ils ne permettent pas d’éliminer le diagnostic quand ils reviennent négatifs. Enfin, ils ne sont pas capables de préciser l’ancienneté du processus infectieux.

Le Western Blot leur est préférable, car il présente l’avantage d’être plus sensible et d’indiquer si l’infection est récente ou déjà ancienne. Toutefois, il n’autorise pas, lui non plus, l’exclusion du diagnostic en cas de négativité. Quel que soit le test utilisé, certains sujets infectés ne développent pas d’anticorps contre la bactérie. En cause, notamment, un affaiblissement de leur système immunitaire ou une production d’immunoglobulines insuffisante.

  • Lorsqu’il existe une atteinte neurologique, l’analyse du liquide céphalorachidien (dans lequel baignent le cerveau et la moelle épinière) est souvent décevante, de sorte que sa négativité ne doit jamais exclure le diagnostic.
  • Borrelia burgdorferi sl emploie de nombreuses ruses pour tromper le système immunitaire : elle peut se cacher en s’enkystant, en se réfugiant dans des tissus peu irrigués par la circulation sanguine (tissu conjonctif, ligaments, tendons…), en créant des bulles (blebs) dans la paroi des cellules qu’elle infecte, en participant à des complexes immuns, en adhérant à une protéine qui alors la masque, etc.
  • Les co-infections par d’autres agents infectieux véhiculés par les tiques et autres vecteurs (anaplasmose, babésiose, bartonellose, ehrlichiose) sont fréquentes, ce qui brouille un peu plus le tableau clinique.

Pas une, mais plusieurs maladies !

Le suffixe « sl » est l’abréviation de sensu lato qui signifie « au sens large » et Borrelia burgdorferi sl est une appellation sous laquelle sont regroupées environ 30 bactéries du genre Borrelia. Jusqu’à ces dernières années, seules 3 de ces souches étaient reconnues comme capables d’induire la maladie de Lyme : B. burgdorferi ss (sensu stricto), B. afzelii et B. garinii. Depuis, quelque 12 autres ont été rajoutées à la liste dont B. lusitaniae et B. valaisana. Chaque souche a une origine géographique précise et un tropisme particulier : l’Américaine B. burgdorferi ss affecte plus les articulations tandis que l’Européenne B. garinii altère plus le système nerveux central. L’augmentation considérable des transports intercontinentaux permet aux diverses souches de conquérir de nouveaux territoires, ce qui accroît la difficulté du diagnostic

Le LTT-Melisa test

Ce sombre état des lieux ne doit pas nous faire oublier qu’il est possible de recourir depuis quelques années à un test encore trop peu pratiqué, bien que les premiers essais aient confirmé son intérêt dans les cas ambigus : le LTT-Melisa test, qui mesure la croissance cellulaire des lymphocytes T à mémoire au contact du sang du sujet qu’on soupçonne d’être infecté.

En effet, une réponse positive peut être observée seulement 10 jours (parfois moins) après la morsure par une tique vectrice de la maladie ! De plus, elle reste positive tout le temps que le système immunitaire est sollicité par la présence de la bactérie. Reste à trouver le laboratoire plus ou moins proche de chez soi, capable de pratiquer cette méthode.

Quant à l’EliSpot-Test (examen apparu en 2013), il serait nettement plus sensible que le Western Blot. Cependant, comme encore trop peu d’études lui ont été consacrées, il n’est pas possible de mesurer précisément son efficacité.

Un test oublié...et pourtant.

La découverte au microscope sur fond noir de bactéries du type Borrelia burgdorferi dans une goutte de sang prélevée sans avoir désinfecté la peau, affirme à elle seule la maladie. Cette méthode reproduit exactement celle qui était utilisée « jadis » pour affirmer la syphilis par la présence du Treponema pallidum.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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