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Accoucher au naturel
et sans douleurs, c'est possible !

Article paru dans le journal nº 99 Acheter ce numéro
  • Accoucher physiologiquement et dans la douceur, c'est possible !Accoucher physiologiquement et dans la douceur, c'est possible !

« Tu enfanteras dans la douleur », dit la Bible « … et à l’hôpital ! » ajoute notre monde moderne. Et si ni l’un ni l’autre n’étaient des passages obligés ? De nouvelles voies existent vers un accouchement physiologique où la douleur peut parfois même céder la place… au plaisir ! Tour d’horizon des méthodes – et états d’esprit – qui permettent de mieux profiter de la magie de ce moment de vie.

Lorsque nous pensons accouchement, nous imaginons une femme allongée sur un lit d’hôpital, visage crispé, pieds dans les étriers et entourée de soignants hurlant : « Poussez ! » L’idée d’un accouchement à domicile nous fait, elle, envisager les pires dangers pour la mère et son bébé. Mais une femme qui accouche à l’hôpital n’en affronte-t-elle pas d’autres ? Au long de ce dossier, vous allez découvrir que l’adage « la nature est bien faite » n’est pas exagéré en matière d’accouchement. Si de rares cas nécessitent une médicalisation soutenue, la plupart des accouchements peuvent se dérouler sans. L’on sait aujourd’hui que le milieu hospitalier perturbe le processus physiologique propice à un accouchement optimal et moins douloureux. C’est pourquoi nous avons décidé de vous révéler comment des femmes et des professionnels de la naissance se battent pour redonner toute leur place à celles qui accouchent, à leurs besoins, leurs ressentis et l’intelligence de leurs corps.

La France, réfractaire et à la traîne

Dès les années 1970, des professionnels de santé tel le gynécologue Michel Odent ont dénoncé les potentiels effets néfastes de la surmédicalisation de ce moment de vie, mais la France a pris beaucoup de retard par rapport à ses voisins européens. Comme le confirme Anne Chantry, sage-femme, épidémiologiste et responsable scientifique du groupe de recherche sur les maisons de naissance en France dont la mission s’est achevée en novembre dernier : « Les femmes ont envie d’une approche plus humaine et moins standardisée de l’accouchement, mais elles sont confrontées à un système hospitalier qui ne répond pas à ces attentes. »

En effet, depuis toujours en France, les sociétés de gynécologie-obstétrique considèrent qu’une grossesse est à risque jusqu’à preuve du contraire, donc que toute femme doit être médicalisée à un haut niveau technique pour parer à toute éventualité. Portant une autre vision, des femmes et des professionnels ont créé des lieux où l’accouchement physiologique est encouragé et valorisé : les maisons de naissance. Lieux intimistes équipés pour les femmes souhaitant accoucher sans péridurale, huit d’entre eux ont vu le jour en France en 2015. L’expérience s’est conclue très positivement en novembre dernier et a montré que l’accouchement en ces lieux n’est pas plus risqué qu’à l’hôpital et qu’il permet de réduire les actes invasifs comme l’épisiotomie (voir encadré). Douze nouveaux lieux vont donc voir le jour afin de répondre à la demande.

Lire aussi Accouchement : les femmes méritent mieux, de Marie-Hélène Lahaye (éd. Michalon)


Nombre de maisons de naissance par pays

En France, 99,7 % des naissances ont lieu à l’hôpital, 0,1 % en maison de naissance et 0,2 % à domicile. Dans d’autres pays, tels les Pays-Bas, 15 % des premiers accouchements ont lieu à domicile (30 % pour les seconds). En matière de maison de naissance la France a également pris du retard par rapport à d'autres pays, empêchant de fait certaines femmes d'accéder à un accouchement moins médicalisé mais pas forcément à domicile pour autant :

  • Royaume-Uni : 169
  • États-Unis : + de 150
  • Allemagne : + de 100
  • Suisse : 25
  • France : 8

Maisons de naissance, une expérience concluante

L'expérience menée en France dans huit maisons de naissance donne lieu à des chiffres rassurants :

  • 78 % des 649 femmes qui y sont entrées y ont accouché, 22 % ont été transférées vers un hôpital (dont 87 % sans contexte d’urgence)
  • 90 % des femmes y ont accouché par voie basse, 6,5 % ont nécessité une aide instrumentale (forceps, cuillères), et 3 % une césarienne
  • 3,3 % ont dû subir une épisiotomie (contre 20% pour la moyenne nationale dans les hôpitaux)
  • 94 % des femmes ont adopté une position autre que sur le dos, dont 31 % qui étaient à quatre pattes
  • 95 % des femmes n’ont pas eu de déchirure, ou superficielle, aucune n’est décédée, et 6 % ont été hospitalisées pour des complications apparues après l’accouchement.

Lire aussi L’hypnose pour préparer son accouchement


Sources :

 

Rapport d'étude sur la qualité des soins prodigués en maison de naissance en France, CNRS, Inserm, novembre 2019.

"Enquête nationale périnataleRapport 2016. Les naissances et les établissementsSituation et évolution depuis 2010", Ministère des Solidarités et de la Santé, octobre 2017.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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