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Eau en bouteille, filtres, osmoseurs... ?

Article paru dans le journal nº 74 Acheter ce numéro
  • Eau en bouteille, filtres, osmoseurs... ?
Eau

En Occident, les vertus de notre époque promettent l’accès à une eau dite potable. Une attitude à la fois confiante et confortable permettant de ne pas avoir à se soucier de sa qualité. Mais quels sont les critères qui déterminent ses vertus ? L’eau minérale est-elle meilleure que celle du robinet ? Notre état des lieux sur cette source de toute vie qui remplit de multiples fonctions dans l’organisme (partie 5).

L’eau du robinet est actuellement imparfaite, bien que l’ouvrage et l’intention aient été de mise. Taux de chlore important, arsenic, plomb (vieilles canalisations) et autres métaux lourds, résidus médicamenteux, pesticides, hormones, microplastiques… des risques sanitaires bien réels qui encouragent le marché des eaux en bouteille, dont les exploitants n’hésitent pas à utiliser ces faiblesses comme une opportunité pour leur marketing. Il suffit de regarder les publicités traitant de l’eau pour comprendre qu’elle suscite autant de convoitise que de polémique.

Moins saine que l’eau du robinet

Il faut savoir que les sous-sols ne peuvent pas être privatisés. Les préfectures accordent seulement le droit d’exploiter l’eau en échange de la perception d’une taxe (dont les régions sont parfois insidieusement dépendantes car pouvant représenter la moitié du budget d’une commune). Cela signifie que l’eau puisée provient donc parfois du même endroit que celle du robinet, et dépend directement de l’état des nappes souterraines de la zone dans laquelle elle circule, alimentée par infiltration des eaux de pluie et par la fonte des neiges et des glaces, donc pas à l’abri d’une contamination par pesticides, produits chimiques, métaux lourds… Une partie des eaux en bouteille ne sera pas meilleure que l’eau du robinet pour ce qui concerne les polluants. Un avantage toutefois, les eaux de source comme les eaux minérales n’ont pas le droit de recevoir de traitement. Enfin, des entreprises organisent, pour leurs marques, des programmes de ­partenariats avec les ­industries locales dans l’objectif de limiter la pollution des nappes souterraines. Ils consistent à encourager leur activité avec des contreparties motivantes, qui garantissent malgré tout une qualité ­supplémentaire.

Systèmes de filtration

Comme nous l’avons vu, eau potable ne veut pas dire absence de substances nocives pour une consommation quotidienne. S’il est si difficile de faire le choix du type d’eau à consommer, c’est parce qu’il n’y a pas de solution parfaite à ce jour. En revanche, certains systèmes sont prometteurs pour améliorer la qualité de l’eau.

Les carafes et les perles de céramique

Elles limitent le chlore et le calcaire, mais n’ont pas de réelle action sur les polluants chimiques. Les filtres des carafes peuvent redistribuer les ­polluants s’ils sont mal entretenus et peuvent devenir des nids à bactéries indésirables.

Les filtres sous évier

Ils ont, pour la plupart, les mêmes inconvénients, en plus de générer des consommables plus difficiles à recycler. Toutefois, certains systèmes proposent une filtration plus étendue et équivalent de la qualité des filtres par gravité (Navoti).

Les osmoseurs

Ceux-là filtrent tellement l’eau qu’ils en retirent aussi les minéraux et les ­oligoéléments. L’eau obtenue pourrait encourager les fuites minérales de l’organisme. Elle nécessiterait alors une reminéralisation (type pierre de shungite). Ces systèmes ont un coût très élevé et gaspillent beaucoup d’eau.

Les filtres par gravité

Ce sont ceux qui offrent le meilleur ratio entre la filtration, la pollution, le coût, la consommation et la composition finale. Ils sont formés d’une grosse cuve à plusieurs niveaux de filtres où l’eau décante lentement vers une seconde cuve qui la reçoit. Par exemple, la marque Berkey en commercialise et a réalisé des tests scientifiques reconnus appuyant sa démarche. l

Un contenant peu écologique

L’emballage plastique d’une bouteille d’eau nécessite des ressources importantes pour la produire (notamment du pétrole et de l’électricité), et aucune solution convenable pour la recycler (pour recycler du plastique – seulement 9 % – il faut en produire). En outre, la bouteille plastique est un polymère qui libère des particules dans l’eau (phtalates, formaldéhydes, acétaldéhyde) fortement perturbatrices endocriniennes. Une pollution différente des canalisations de l’eau du robinet, encore plus compromettante, et aggravée par le stockage prolongé des bouteilles qui plus est dans des conditions défavorables, elles-mêmes dégradant la qualité initiale et le goût de l’eau.

Victime 
d’une industrie juteuse

La psychologie révèle que le rapport à l’eau symbolise le rapport 
à soi. Outre l’envie de trouver une alternative à l’eau du robinet, le marketing du marché des eaux en bouteille utilise ce lien dans sa communication, faisant appel à l’imaginaire : 
les eaux minérales apportent des bienfaits et donnent l’impression de se faire du bien en montrant des images de nature idyllique. Ainsi, 
les consommateurs acceptent de payer 
un prix entre 100 et 
300 fois plus cher que 
le prix normal.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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