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Le circuit de l’eau

Article paru dans le journal nº 74 Acheter ce numéro
  • Usine d'épuration, étape incontournable dans le cycle de l'eau du robinetUsine d'épuration, étape incontournable dans le cycle de l'eau du robinet
Eau

En Occident, les vertus de notre époque promettent l’accès à une eau dite potable. Une attitude à la fois confiante et confortable permettant de ne pas avoir à se soucier de sa qualité. Mais quels sont les critères qui déterminent ses vertus ? L’eau minérale est-elle meilleure que celle du robinet ? Notre état des lieux sur cette source de toute vie qui remplit de multiples fonctions dans l’organisme (partie 4).

Les océans sont chauffés par le soleil et l’eau s’évapore pour former les nuages, puis elle retombe sous forme de pluie ou de neige sur les sols qu’elle infiltre en partie (réserve), ou sur lesquels elle coule, et rejoindra les océans à nouveau.

Un cycle dangereusement sans fin

Les hommes prélèvent deux tiers de leur eau dans les nappes souterraines et le reste dans les rivières. Avant de rejoindre le labyrinthe de kilomètres de canalisations qui la distribue dans chaque maison, l’eau passe par une usine de traitement pour la rendre potable. Elle y décante dans des bassins spécialisés (filtres à billes d’argile et à sable) et des ozoneurs pour l’épurer de l’argile en suspension, des matières organiques, des virus et bactéries et de potentiels produits dangereux. Des traitements, au chlore notamment, y sont ajoutés en prévention de sa circulation dans la suite du réseau. Elle subit des tests stricts, dont celui du « goûteur d’eau », les papilles humaines étant plus précises que n’importe quelle machine. Une fois l’eau distribuée et utilisée dans les foyers, elle est évacuée vers un nouveau centre de traitement avant de retourner vers son milieu naturel. Un circuit fermé, a priori sécurisé. Pourtant, l’assainissement de certains résidus n’a pas été prévu dans les stations d’épuration, et ceux-ci s’y trouvent perpétuellement réintroduits et de plus en plus concentrés.

Des pollutions non prises en charge

Cela concerne tous les cours d’eau et les nappes phréatiques du monde. La France est réputée pour avoir une excellente qualité d’eau au robinet, mais elle fait malgré tout l’objet de plusieurs condamnations pour ne pas avoir pris toutes les mesures nécessaires pour se conformer à une directive européenne de Bruxelles, relative à la qualité de l’eau destinée à la consommation humaine. En particulier face aux diverses pollutions issues de l’activité humaine, des industries de toutes sortes.

  • L’agriculture « conventionnelle » est pointée du doigt. Engrais et pesticides rejoignent les nappes et les rivières. Certaines régions, comme le Nord et la Bretagne, payent plus fortement l’impact d’un passé industriel. D’un point de vue politique, les décisions traînent tant sur l’utilisation de ces xénobiotiques (des perturbateurs endocriniens pour l’écosystème et pour le corps humain), que sur une solution d’élimination pertinente.
  • Les traces de médicaments, dont les Français sont les plus gros consommateurs en Europe – en moyenne 48 boîtes par an et par personne –, constituent aujourd’hui la pollution qui inspire le plus de craintes. Les hôpitaux, mais surtout les particuliers rejettent une partie de ces résidus médicamenteux par les voies naturelles (urines), qui rejoignent directement le réseau d’eau, avec une épuration quasi insignifiante étant donné que les installations ne sont pas compétentes pour les traiter. Il n’y a d’ailleurs aucune norme établie pour la présence de médicaments dans l’eau. On y retrouve ainsi le célèbre paracétamol, des antibiotiques humains et vétérinaires, des anti-inflammatoires, des anticancéreux, des hormones de synthèse… avec des résultats sans appel sur les vingt molécules les plus utilisées. On suppose qu’elles sont inoffensives à faible dose, mais on les soupçonne sérieusement de générer des coupures dans l’ADN (modification de l’organisme humain) à dose plus importante au cœur d’un effet « cocktail ».
  • Le danger des hormones de synthèse. Des phénomènes d’intersexualité ont déjà été observés dans certaines rivières chez les poissons, témoignant de l’excès de perturbateurs endocriniens ruisselants depuis les nappes et reversées par les stations d’épuration. Parallèlement, on connaît l’implication de la présence des hormones de synthèse dans les cas de pathologies hormonodépendantes (notamment certaines cancéroses). La pilule contraceptive, les traitements périménoposiques, mais aussi les fibres plastiques et autres nombreux polluants chimiques se retrouvant, même en faible dose, dans l’eau du robinet ne bénéficient pas d’une filtration idéale, ce qui présente un réel sujet d’inquiétude pour sa consommation. Cependant, l’eau en bouteille présente aussi des risques similaires.

La phytoépuration, une vraie solution

Un tiers des usines de traitement sont équipées de filtres à charbon, relativement efficaces, mais coûteux. Une autre solution consiste à faire passer l’eau à la sortie du centre d’épuration par une succession de bassins contenant des plantes (jusqu’à 70 variétés), dont le réseau de racines casse les molécules chimiques qui y circulent. Les résultats sont épatants puisqu’on mesure une chute des micropolluants à la sortie de ces bassins, malheureusement très peu présents en France.

Des entreprises commercialisant certaines plantes et délivrant des conseils rendent davantage accessible ce type d’assainissement, notamment pour 
le particulier, si son terrain le permet et 
s’il souhaite s’investir dans cette démarche. Par exemple, le roseau 
à cigare s’occupe des hydrocarbures, le jonc de marais se charge des graisses et du mercure des cigarettes, le roseau de Chine marcherait même sur tous les polluants.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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