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Sociologie du burn-out : ce qu'il faut savoir pour ne pas sombrer

Article paru dans le journal nº 40 Acheter ce numéro

«La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité », écrit l’OMS. Se sentir reconnu par ses pairs est une nourriture émotionnelle essentielle, indispensable à l’être humain, quelle que soit la tâche qu’il a à accomplir.

Pour parvenir à ce bien-être global et à cette harmonie, deux conditions doivent être impérativement remplies : la possibilité de donner le meilleur de soi et la reconnaissance du travail réalisé par la hiérarchie et le collège des pairs. Deux exigences qui sont rarement pourvues… Ce qu’une journaliste a récemment résumé de la façon suivante : « Le problème n’est pas médical, il est lié au travail ! »

Il est temps que souffle un vent apportant de profondes réformes. Toutefois, pour qui souffre d’une forme d’épuisement liée au travail, résumer le champ des solutions à l’attente d’une législation humaniste n’est pas un comportement sain, car non seulement la personne concernée n’en tire aucun soulagement, mais pire, elle s’interdit l’accès à ses ressources intérieures. C’est dire qu’il n’est pas question de « laisser sa souffrance […] au vestiaire » comme le préconise un chercheur et auteur d’un récent ouvrage très médiatisée.

La quête de sens, ce Graal

Les chercheurs en psychologie sociale l’ont bien compris puisqu’ils prônent actuellement la mise en place de mesures facilitant l’expérience de flow au cours de laquelle l’être humain ne fait qu’un avec l’action qu’il mène et atteint un sentiment de joie intense. Il ne fait pas, il est ce qu’il fait.

Cette notion reprend celle d’autotélisme, soit la capacité de s’accomplir par soi-même, d’agir en s’impliquant totalement. Chaque geste est une création, sans référence aucune avec le passé, dicté directement par la sagesse intérieure. Inspiré des religions orientales, repris et développé par le psychologue hongrois Mihály Csíkszentmihályi, le concept d’expériences de flux fait aujourd’hui l’objet de nombreuses études. Sa définition n’est donc pas encore fixée. En voici toutefois les principales caractéristiques.

 

  • Concentration intense sur la tâche à accomplir.
  • Annihilation de l’espace entre soi et l’action.
  • Non-conscience de soi : l’esprit n’est plus obscurci par les habituelles pensées et émotions négatives à propos de soi et des autres.
  • Repérage des difficultés dès leur émergence et leur acceptation comme autant de défis à adopter des stratégies plus adaptées.
  • Sentiment de puissance et donc, de très grandes chances de réussite.
  • Perte de la notion de temps.
  • Sentiment de satisfaction totale à tous les niveaux de l’être, de sorte que la réalisation des autres besoins apparaît de bien moindre intérêt.

 

Outre ces effets immédiats, vivre régulièrement ce type d’expériences induit de profonds changements, dont :

 

  • La capacité à s’enrichir intérieurement à partir de n’importe quelle tâche.
  • L’indépendance émotionnelle et, par là, le détachement des désirs de tous ordres (célébrité, argent, pouvoir, confort, distractions) et l’adoption d’un mode de vie simple.
  • Le développement des qualités de l’esprit : amour inconditionnel, compassion active, joie, sérénité quelles que soient les circonstances.
  • Une implication dans tous les secteurs de sa vie.
  • La reconnaissance des autres.

 

L’autotélisme est donc très loin des conditions ordinairement avancées pour se sentir heureux au travail, même si celles-ci répondent à des besoins légitimes :

 

  • Aimer aller au travail parce qu’on se sent utile et qu’on dispose d’une certaine autonomie.
  • Profiter d’une bonne ambiance.
  • Être gratifié d’un bon salaire.
  • Se sentir reconnu par sa hiérarchie et ses pairs.
  • Pouvoir faire carrière dans l’entreprise.

 

L’étiologie du burn-out évolue

L’étiologie du burn-out évolue de telle sorte qu’on distingue l’engagement excessif en réponse à une demande excessive : le traumatisme psychologique consécutif à la rencontre des idées préconçues sur la profession embrassée avec la réalité quotidienne ; le constat de l’impossibilité de réaliser ses aspirations ; le sentiment de déséquilibre entre le risque de punition en cas de non-respect des objectifs et la possibilité de récompense dans le cas contraire, la conséquence de l’association d’un épuisement émotionnel, d’une perte d’investissement relationnel et d’une baisse de l’image de soi.



 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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