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CMV : le virus dont personne ne parle

Article paru dans le journal nº 44 Acheter ce numéro
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Tous mégalos ? Ce n’est pas de mégalomanie qu’il est question ici, mais du cytomégalovirus (CMV), un très discret virus de la famille des herpès qui toucherait à leur insu plus de la moitié des adultes de la planète ! Même s’il est encore peu connu, ses conséquences sont loin d’être anodines, en particulier sur les femmes enceintes. Alors que le virus est de transmission facile dans les lieux de la petite enfance (crèches, écoles, etc.), les pouvoirs publics ne font ni prévention ni dépistage auprès de ces dernières... Quant au reste de la population, des recherches récentes ont mis au jour le pouvoir de nuisance du CMV et ses liens auparavant insoupçonnés avec les pathologies les plus diverses : hypertension et pathologies cardiovasculaires, maladies auto-immunes (lupus, maladie de Crohn), dépressions, certains cancer du cerveau... Quel est donc ce virus sournois et comment s'en prémunir ?


Cytomégalovirus (CMV) : voilà un étrange patronyme pour un virus qui ne s’embarrasse pas de mégalomanie. En effet, son importance n’est en rien surestimée, bien au contraire ! En Amérique du Nord, les projections récentes de certains spécialistes estiment que plus de la moitié des adultes de la planète seraient porteurs du CMV à leur insu. On observe des disparités très importantes selon les zones géographiques, les milieux sociaux et les conditions sanitaires… 

Ainsi, aux États-Unis, la séroprévalence moyenne du CMV dans la population adulte serait de 50 %, mais elle s’élèverait à 90 % pour les individus d’ascendance mexicaine. Dans les pays en voie de développement, la prévalence du CMV atteindrait 80 à 100 % de la population adulte. Il y a pourtant fort à parier que vous n’avez jamais entendu parler de ce virus. Il est en effet peu documenté, car on ne prend la mesure de sa prévalence et de sa dangerosité que depuis peu… 

Et encore, il aura fallu attendre pour cela que des parents portent le sujet sur la place publique, en cherchant à comprendre les causes du décès ou du handicap de leur enfant contaminé in utero.

Une infection sournoise

Pas vraiment franc du collier, ce CMV… À l’inverse de la grippe, que l’on contracte rarement sans s’en apercevoir, l’infection à CMV passe inaperçue chez 90 % des adultes non immunodéprimés ! Et quand il y a des symptômes, ils prennent la forme d’une petite fièvre, de fatigue et de quelques courbatures : autant de signaux qu’il est facile de confondre avec un état grippal.

Le public qui a le plus à craindre de l’infection à CMV est constitué par les personnes à l’immunité déjà fragile. On y retrouve les porteurs du VIH, mais aussi les personnes atteintes d’un cancer ou de l’une de ces pathologies toujours plus nombreuses à être traitées par des immunosuppresseurs (la polyarthrite rhumatoïde, par exemple) ou encore les personnes transplantées, celles qui suivent un traitement médicamenteux de longue durée… 

Dans la population adulte infectée, la complication dominante de l’infection à CMV est la rétinite. Celle-ci peut débuter par des symptômes assez légers, comme une vision trouble, des taches aveugles ou le phénomène des « corps flottants » dans le champ de vision. Non traitée, cette infection entraîne une cécité permanente en trois à six mois. Il faut donc réagir vite ! Les autres troubles fréquents liés au CMV sont l’œsophagite, la colite, la pneumonie et des pathologies du système nerveux central entraînant confusion, convulsions, engourdissements ou incontinence…

Pas si anodin !

Le corps médical a longtemps considéré que le CMV ne représentait un risque réel que chez les transplantés et les porteurs du VIH, ces groupes présentant les formes les plus graves de l’infection à CMV du fait de leur immunité particulièrement affaiblie. L’introduction des thérapies rétrovirales pour les séropositifs a contribué à limiter le nombre d’infections au sein de ce public. Dans la population générale non immunodéprimée, le fait que le virus ne provoque l’apparition d’aucun symptôme dans l’immense majorité des cas avait conduit la médecine à considérer que le CMV ne posait pas de problème à l’état latent.


Mais, à la lumière d’études de plus en plus nombreuses, cette position commence à changer. Différentes recherches suggèrent que les personnes porteuses du CMV ont une espérance de vie écourtée et présentent un risque accru de maladies dégénératives et inflammatoires. C’est donc que ce virus n’est pas si anodin, même pour la population générale. En effet, la charge virale semble progresser avec l’âge, ce qui finit par « déborder » le système immunitaire et accentuer le phénomène d’immunosénescence (l’affaiblissement du système immunitaire avec l’âge).

Dangereux pour le foetus

Il existe un autre public très sensible : les femmes enceintes, et surtout leur bébé. En effet, le CMV franchit aisément la barrière placentaire pour aller infecter le fœtus. De l’aveu même de la profession obstétrique, l’infection à CMV est la plus courante. Elle toucherait 0,3 à 0,5 % des naissances en Europe de l’Ouest. À la naissance, 5 à 10 % des enfants infectés in utero présentent des anomalies, mais parmi ceux qui n’en présentent pas, 5 à 10 autres pourcents développeront des séquelles neurosensorielles (surdité principalement, mais également retards psychomoteurs, retard de langage, cécité…). 

En France, le CMV fait (un peu) débat suite à l’alerte lancée en 2015 par un père dont l’enfant est décédé cinq semaines après sa naissance. Les médecins découvrent qu’il avait contracté l’infection à CMV pendant la grossesse. Interloqué par le fait que ce virus quasi inconnu se révèle finalement très répandu et surtout très dangereux dans un certain nombre de cas, le papa prend la plume cinq années plus tard et l’histoire du petit Aubin est relatée dans les médias. Il dénonce l’absence d’information du public, et surtout de dépistage systématique de cette infection en cas de grossesse, pourtant beaucoup plus fréquente que toutes les autres infections réunies contre lesquelles on met en garde les femmes enceintes (par exemple la toxoplasmose). Nos voisins belges, eux, dépistent systématiquement le CMV et la toxoplasmose.

Les crèches sources de contamination

Les autorités de santé ne donnent nullement l’impression de vouloir changer la donne, en développant (a minima) une information digne de ce nom. Les parents qui savent ont malheureusement découvert l’existence du CMV a posteriori en apprenant que leur bébé a été infecté, et qu’il faudra mettre un terme à la grossesse ou que l’enfant devra vivre avec des séquelles plus ou moins graves. La très grande majorité des (futurs) parents ignore l’existence du CMV et du risque qu’il représente.

De même, ils ignorent que les lieux de vie de la petite enfance, crèches, haltes-garderies, cabinets de pédiatrie et écoles maternelles, sont les sources de contamination privilégiées. Car le virus se transmet facilement par les sécrétions corporelles, salive et urine en tête, et chez les enfants aussi, il est le plus souvent assimilé à un rhume.

Des altérations en cascade

On doit au Professeur Paul Moss, de l’université de Birmingham, une étude plutôt alarmante sur l’incidence du CMV. Ce scientifique s’est intéressé, sur une période de 18 ans, à un groupe de 511 adultes de plus de 65 ans, dont 70 % présentaient une sérologie positive au CMV. Il a montré que ces derniers avaient une espérance de vie écourtée de quatre ans en moyenne, principalement à cause de maladies cardiovasculaires.

D’autres chercheurs ont montré, en suivant des personnes infectées également par le virus du sida, que le CMV était un facteur aggravant de dégradation du système immunitaire et de décès. Alors que le système immunitaire est normalement capable de reconnaître un virus après une primo-infection, il semble que le CMV soit capable de tromper les lymphocytes T (une catégorie de globules blancs impliqués dans la réponse immunitaire) de telle sorte qu’ils ne le reconnaissent pas. S’installe alors une sorte de stimulation chronique du système immunitaire de la part du CMV, qui entraîne la spécialisation d’une fraction toujours plus élevée de lymphocytes T à son encontre, au détriment de la défense contre d’autres virus et infections. Cela expliquerait que le système immunitaire des sujets infectés au CMV s’épuise et se dérègle plus tôt au cours de leur vie.

Pathologies cardiovasculaires

En particulier, il semble de plus en plus clair que les personnes infectées au CMV montrent une prédisposition supérieure à mourir de complications cardiovasculaires, à cause notamment d’une tension artérielle trop élevée ou d’une thromboembolie veineuse. La dangerosité du risque serait fonction de l’intensité de l’infection et de la réponse immunitaire engendrée.  On soupçonne également une légère détérioration des facultés cognitives et une augmentation des signes de dépression chez les personnes présentant les niveaux d’anticorps au CMV les plus élevés. La piste inflammatoire, souvent en cause dans ce genre de troubles, ne semble pourtant pas pertinente cette fois-ci…


Pourtant, autre lien troublant, on trouve des corrélations entre infection à CMV et nombre de pathologies auto-immunes à dimension inflammatoire, comme le lupus érythémateux disséminé et les MICI (maladies inflammatoires de l’intestin). Par exemple, on trouve des traces de réplication virale du CMV dans 20 à 40 % des formes les plus sévères de colite ulcérative ou de maladie de Crohn, mais quasiment pas dans les formes inactives ou modérées de ces deux maladies. Ce qui laisse entendre que le CMV exacerbe les problèmes inflammatoires.

CMV et tumeur du cerveau.

Un lien mieux établi est celui qui associe infection active à cytomégalovirus et glioblastome multiforme, la tumeur du cerveau la plus fréquente. En effet, cette forme particulièrement agressive de tumeur, qui laisse généralement une espérance de vie d’à peine plus d’un an chez l’adulte, est associée dans 90 à 100 % des cas à une concentration élevée en anticorps à CMV à proximité immédiate de la tumeur (zone qualifiée de « microenvironnement »). Mais la présence du virus ne serait positive dans le sang périphérique que dans 60 % des cas, ce qui ne permet pas toujours d’établir une corrélation entre glioblastome et CMV. 

En tout cas, la piste semble sérieuse, puisqu’une étude clinique de l’Institut Karolinska de Stockholm en 2006, portant sur un antiviral utilisé en prophylaxie et en traitement d’attaque contre la rétinite à CMV, a permis un allongement moyen de la survie de 13.5 à 56.4 mois.

Mieux maitrisé par les femmes

Une étude s’est plus particulièrement intéressée à l’influence du genre sur le profil immunitaire de personnes porteuses du CMV âgées de 50 à 65 ans. Elle révèle que le sexe est un facteur déterminant quant au profil immunitaire d’une personne de cette classe d’âge. En effet, la plupart des différents types de cellules immunitaires présentent une numération significativement inférieure chez les hommes positifs au CMV, alors que les effets chez les femmes se limitent à une augmentation de la part des cellules immunitaires à différenciation tardive.

Ces résultats suggèrent que le système immunitaire chez la femme d’âge mûr est mieux capable de contrôler l’infection à CMV et ses conséquences. Ce sont les hormones sexuelles qui joueraient le rôle principal de cette inégalité devant l’infection à CMV, l’œstradiol étant connu pour améliorer la réponse immunitaire, tandis que la testostérone aurait l’effet contraire !

Mais alors, on fait quoi ?

On fait de la prévention ! Encore qu’au vu de la prévalence supposée… Mais tout de même, c’est un aspect très important pour les femmes enceintes. Si vous avez un médecin compréhensif, faites-vous dépister. Selon les régions, il arrive que le dépistage du CMV soit prescrit en même temps que la toxoplasmose, la rubéole ou l’hépatite B. Mais beaucoup de gynécologues préfèrent ne pas en parler, car ils restent persuadés que les conséquences graves restent rares et disent ne pas vouloir stresser inutilement les mamans, d'autant que les traitements allopathiques disponibles actuellement provoquent des risques pour l'embryon... Mais puisque des réponses naturelles existent (voir ci-dessous), autant promouvoir l'information pour agir à temps.

Si vous avez la chance de ne pas être porteuse, soyez très vigilante pendant toute la durée de votre grossesse. Respectez des règles d’hygiène simples, assez proches de celles recommandées lors d’épidémies de grippe ou de gastro. Lavez-vous les mains après contact raproché avec vos enfants (urine et salive surtout), n’utilisez pas les mêmes couverts, soyez vigilante dans les lieux à risques, etc. La Haute Autorité de santé avait recommandé voilà plus de dix ans de promouvoir la prévention du CMV, mais celle-ci ne s’est jamais traduite dans les faits.

La médecine conventionnelle recourt essentiellement à des antiviraux de type valganciclovir, qui peuvent circonscrire les maladies d’expression de l’infection à CMV comme la rétinite, et sont également utilisés en prophylaxie chez les jeunes enfants, mais ils s'avèrent dangereux pour l'embron.

Les bienfaits des champignons

Mais la nature a elle aussi quelque chose à proposer contre les virus : les champignons. Le Coriolus, le Ganoderma (appelé aussi Reishi) et le Shiitaké sont de véritables champions de la lutte antivirale. Et justement, les herpès virus répondent très bien à cette association de bienfaiteurs, en particulier le virus d’Epstein-Barr, responsable de la mononucléose infectieuse, et le cytomégalovirus.

Cette synergie de champignons, tous les trois de très anciens remèdes de la médecine traditionnelle chinoise, exerce un effet stimulant sur le système immunitaire qui empêche la réplication du virus et limite la « charge virale ». Par conséquent, le système immunitaire est soustrait à cette forme de spécialisation déviante qu’entraîne le CMV avec l’âge, et le risque que le virus exprime l’une ou l’autre de ses maladies associées est considérablement réduit.

Le Dr Bruno Donatini, spécialiste en gastro-entérologie, cancérologie et immunologie, est un fervent adepte des champignons dans sa pratique quotidienne, et il est de moins en moins seul, puisque plusieurs services hospitaliers, aux États-Unis, en Allemagne et au Japon, ont inclus ces traitements dans leur panoplie de soins. Il recommande la prise de Reishi et de Coriolus (400 mg par jour) et de Shiitaké (200 mg par jour) pendant 2 à 3 mois, puis en entretien 2 fois par semaine, pour diminuer considérablement la présence du virus, puis le garder sous contrôle. Le coriolus n'étant plus hélas commercialisé depuis 1997 en France (pour des raisons strictement administratives), on s'appuiera donc principalement sur le Reishi et le Shiitaké pour contenir le virus.

Cependant ne vous laissez cependant pas alarmer à l’excès, car certaines recherches ont montré que de nombreux centenaires étaient porteurs du CMV a l’état latent. D’autres études indiqueraient que plus le CMV est contracté tôt dans la vie du jeune adulte, moins il entraînerait de perturbations dans le système immunitaire... Ce qui signifie que beaucoup de travail sera encore nécessaire pour comprendre le comportement et les incidences de ce virus sur la santé humaine. Une chose semble toutefois certaine : il présente un risque réel pour la femme enceinte et son bébé et, étant donné la situation actuelle, c’est aux mamans de prendre les devants !

Association ressource :

L'association CMV (Chanter, Marcher, Vivre) sensibilise, aide et accompagne les parents (et futurs parents) d'enfants atteints du cytomégalovirus :  www.chantermarchervivre.org

Attention : Les conseils prodigués dans cet article ne vous dispensent pas de consulter un praticien des médecines alternatives. Vous pourrez en trouver un près de chez vous et prendre rendez-vous sur annuaire-therapeutes.com
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