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Virus courants : des bombes à retardement

Article paru dans le journal nº 59 Acheter ce numéro
  • Nos virus communs, pas si inoffensifs.Nos virus communs, pas si inoffensifs.

On s’alarme facilement aujourd’hui de la grippe, ou des risques de pandémies incontrôlables liées au SRAS ou à Ebola. On oublie que les virus qui nous habitent, tels les herpèsvirus HSV-1 ou Epstein-Barr, peuvent être responsables de nombreux problèmes de santé. Mais au fait, comment ça marche un virus ? Tour d’horizon de ces discrets pyromanes.

On s’était tant bien que mal fait à l’idée d’être « colonisés » par des bactéries, et voilà qu’il faut y ajouter les virus ! Mais que cela ne vous effraye pas ; nous en sommes tous porteurs depuis la nuit des temps. Heureusement, chez la plupart des gens, règne une sorte de symbiose au sein de ce virobiote, permettant à chaque virus de vivre sa vie sans être préjudiciable à l’autre. Quelques fois même, des interactions positives en résultent.

Des virus qui s’incrustent

Si tout le monde connaît aujourd’hui les virus de la grippe, des hépatites B et C ou du VIH à cause des infections aiguës (et des décès) qu’ils occasionnent, il en existe de plus communs dont on parle assez peu. Ils s’appellent herpèsvirus, cytomégalovirus, papillomavirus, coronavirus, adénovirus… et ont pour particularité de ne déclencher, le plus souvent, que des symptômes à peine audibles lors de la primo-infection. Au pire, les signes se rapprochent de ceux d’une « petite » grippe, avec laquelle ces virus sont d’ailleurs souvent confondus. Rien de grave, en somme, serait-on tenté de penser. Sauf que ces virus ont une fâcheuse tendance à taper l’incruste. Que vous ayez ou non perçu leur irruption dans votre organisme, une fois qu’ils y sont, ils y demeurent. Capables d’une grande discrétion pendant des années, ils déclenchent parfois, généralement en association avec d’autres facteurs – dont des bactéries ou des parasites « partenaires » –, des dégâts plus ou moins graves.

Le rôle central de la bouche

Nous nous accommodons généralement assez bien de nos virus. Ils ont co-évolué et développé des interactions complexes vers un vivre-ensemble dont on trouve des répercussions sur le développement et les caractéristiques des espèces, parallèlement aux critères évolutifs classiquement admis. Les virus que nous abritons sont nombreux, et pas encore tous identifiés. La bouche, principale porte d’entrée et carrefour avec les voies respiratoires et digestives, semble jouer un rôle central dans « l’accueil » et la circulation des virus et des bactéries. Là se logent Epstein-Barr et d’autres herpèsvirus, des coronavirus (SRAS), le virus respiratoire syncytial (VRS), le cytomégalovirus, des adénovirus et des virus de la famille des influenzas.

Des infections aux virus non déterminés

Les virus les plus meurtriers – influenzas, variole, rage –, responsables de dizaines de millions de morts, sont mieux contenus de nos jours. Mais, dans un futur proche, d’autres pourraient les supplanter, propageant des infections froides chroniques dont les symptômes ne permettent pas, en l’état actuel des choses, d’établir le rapport avec l’agent pathogène qui en est peut-être réellement à l’origine.

Virus – mode d’emploi

  • C’est quoi, un virus ?

Un virus est composé d’un « pack protéique » appelé capside, qui entoure un acide nucléique ARN ou ADN servant à sa réplication. Certains disposent, en plus, d’une enveloppe externe (ou péplos), assez proche d’une banale membrane cellulaire, dont la présence ou l’absence règle en grande partie le mode de transmission. Les virus ont besoin d’un hôte (cellule, bactéries) dont ils détournent les fonctions énergétiques pour s’activer et se reproduire.

  • Comment un virus colonise-t-il une cellule ?

Infecter pour survivre, tel est le credo du virus. Il lui faut pour cela entrer dans une cellule, donc en franchir la membrane. En général, les virus se fixent sur un récepteur à la surface de la membrane qu’ils parviennent à pénétrer (lyse ou phagocytose). Le virus entre, puis ses structures sont dégradées, à l’exception du génome qui, libéré, peut alors accaparer la machinerie cellulaire pour se multiplier.

  • Quand le virobiote dégénère

Le système immunitaire est censé nous protéger des bactéries et des virus que nous abritons par milliards (virobiote). Comment certains, comme les virus des hépatites B et C, les herpèsvirus ou le cytomégalovirus, parviennent-ils alors à déjouer le système immunitaire et générer des infections chroniques ? Une recherche publiée en janvier 2018 explique que des virus arrivent à stimuler la production d’une cytokine (IL-10, un transmetteur d’information), entraînant un mécanisme de désactivation des cellules immunitaires. Ils disposent alors de plus de temps pour prendre de vitesse la réponse immunitaire et installer l’infection chronique.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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