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Virus courants : errance médicale et limite de l’allopathie

Article paru dans le journal nº 59 Acheter ce numéro
  • Les médicaments, pas toujours opportuns pour traiter les maladies chroniques.Les médicaments, pas toujours opportuns pour traiter les maladies chroniques.

Est-ce parce qu’elle est trop habituée à raccrocher une maladie à un symptôme et à les traiter par un acte thérapeutique protocolaire ? Toujours est-il que la médecine conventionnelle se trouve assez démunie devant les maladies chroniques, qui l’obligent à voir les choses sous un angle bien plus large.

Les infections à bas bruit, qu’elles soient d’origine bactérienne ou virale (le plus souvent les deux), sont finalement si peu connues que médecins et patients se retrouvent souvent à poursuivre d'autres pistes qui partagent une partie des symptômes présentés par le malade : spondylarthrite, syndrome de l’intestin irritable, syndrome de la fatigue chronique, dépression, fibromyalgie, sclérose en plaques… Les patients sont ainsi amenés à consommer toutes sortes de médicaments pas toujours opportuns : antidouleurs, anxiolytiques et antidépresseurs, décontractants musculaires, antibiotiques, immunosuppresseurs voire chimiothérapies « légères ».

À leur décharge, les généralistes sont peu formés (et encore moins encouragés) au diagnostic des infections froides chroniques (IFC). Les personnes en souffrance sont donc soit dans la plus complète ignorance quant à la nature de leur mal, soit soupçonnent qu’il pourrait éventuellement répondre à certains critères d’une IFC, mais ne trouvent aucun docteur qui veuille ou qui puisse investiguer dans ce sens. Leurs examens se poursuivent donc sur la voie de pathologies connues, en un parcours qui peut durer des années. Une errance médicale qui finira parfois, en désespoir de cause, sur le terrain de la psychiatrie.

L’allopathie reste démunie

Il existe un certain nombre de molécules qui soignent, comme l’Aciclovir ou le Valaciclovir contre l’herpès, et le Tamiflu contre la grippe. Mais, contrairement aux antibiotiques, peu d’antiviraux sont spécifiques, à l’exception des traitements contre le VIH issus d’un immense effort de recherche. En effet, la particule virale libre étant inerte et sans activité métabolique inhibable, il faut cibler son cycle de multiplication une fois qu’elle devient active à l’intérieur d’une cellule. C’est ainsi que les antiviraux bloquent la fabrication du matériel génétique du virus, mais détruisent au passage des cellules qui se reproduisent vite et en masse comme les cellules digestives ou de la moelle osseuse, entraînant de lourds effets secondaires.

L’interaction entre les virus, les microbes et le système immunitaire semble vouloir en remettre une couche quant à la complexité qui gouverne le vivant. Dans le cas du virus d’immunodéficience simienne (VIS, considéré comme l’ancêtre du VIH), par exemple, la recherche observe qu’il est accompagné de dommages à la barrière intestinale et en même temps d’une expansion considérable ...

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