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Champignons, quel intérêt en cancérologie ?

Article paru dans le journal nº 34 Acheter ce numéro

Les champignons médicinaux sont considérés comme des nutraceutiques puisqu’ils sont à la fois des aliments et des remèdes. Dans ce second cas, on parle de mycothérapie, un traitement dont les applications 
en oncologie méritent toute notre attention.

Tous les champignons peuvent avoir des propriétés médicinales, mais certains sont particulièrement puissants, comme ceux utilisés en oncologie, et que nous allons traiter ici. 
En France, cette thérapeutique est peu développée, contrairement à l’Asie qui l’étudie abondamment. Plus proche de nos latitudes, outre-Rhin, la mycothérapie est déjà largement utilisée, confirmant la confortable avance de l’Allemagne sur l’Hexagone en termes d’ouverture aux thérapeutiques naturelles ayant fait la preuve de leur efficacité.

Des champignons plus 
ou moins connus

En cancérologie, nous utilisons plusieurs champignons, mais certains sont mieux étudiés et plus fidèles que d’autres. J’ai décidé de me limiter ici à quatre champignons car ils sont suffisamment étudiés pour qu’on puisse en attendre un réel avantage.

Le shiitaké (Lentinula edodes) est l’un des plus connus en France, mais ­finalement le moins « puissant » des quatre champignons présentés ici. Il contient en particulier un lentinane, polysaccharide immunostimulant, ayant montré une ­efficacité dans les cancers digestifs (côlon, estomac).

Le maïtaké (Grifola frondosa), ­surnommé en Asie le roi des champignons, est également immunostimulant. Il contient des bêta-glucanes, ­molécules bénéfiques dans le traitement des cancers du sein, du poumon et de la prostate. Certaines études ont même montré un effet de ­potentialisation significative avec la chimio. Le maïtaké est également ­tonique, ­adaptogène (augmente la ­résistance de l’organisme à différents types de stress) et neuroprotecteur, des propriétés bien utiles en cancérologie.

Le reishi ou lingzhi (Ganoderma lucidum) est mon champignon préféré en cancérologie. Les études n’ont pas permis à ce jour d’identifier une molécule spécifiquement active. Comme en phytothérapie, c’est le totum qui reste le plus efficace. Il stimule l’immunité qui permet de lutter spécifiquement contre les cellules cancéreuses. Il a des propriétés directement antitumorales. À ce titre, il a montré une efficacité sur le cancer de la prostate. Le reishi est antioxydant, protecteur du foie et de ­l’estomac, et possède des propriétés ­toniques et adaptogènes. Chez un patient qui présente un cancer évolutif, c’est toujours le champignon que j’utilise en priorité alors qu’en phase de rémission, je privilégie d’abord le maïtaké.

Le coriolus versicolore ou polypore ­versicolore (Trametes versicolor) est également riche en polysaccharides dont les propriétés sont anticancéreuses. Le ­paradoxe est que ce champignon ­bénéficie de moins d’études formelles. Il est pourtant parfois considéré comme le champignon prioritaire en cancérologie. Les études disponibles montrent tout de même une potentialisation de la chimio et un ralentissement de la progression des tumeurs.

Alliés de premier ordre

En fin de compte, la mycothérapie n’a pratiquement aucun effet secondaire ni de contre-indication en cancérologie. Elle est complémentaire des chimiothérapies et peut donc être utilisée à tous les stades de la maladie cancéreuse.

Il faut toutefois savoir raison garder. La mycothérapie seule ne soigne pas le cancer. Mais les propriétés de certains champignons sont particulièrement utiles pendant ou après les traitements hospitaliers. Au minimum, la mycothérapie va soutenir le système immunitaire et la forme générale. Ses propriétés antitumorales et antiprolifératives ne pourront être qu’un avantage supplémentaire dans la lutte contre la maladie.

Idéalement, demandez conseil à votre médecin pour adapter les produits et les doses à vos besoins, et soyez prudent dans le choix des marques à utiliser.

La problématique de la qualité 
et du prix des produits

Face à ces propriétés très encourageantes, nous regrettons que la mycothérapie ne soit pas mieux étudiée et utilisée en France. 
L’une des raisons est la difficulté de contrôler la qualité des produits. 
Il ne suffit pas de broyer un morceau de maïtaké et de le mettre dans 
une gélule pour qu’il soit efficace. Et comme les champignons sont des aliments, il n’existe pas de législation encadrant la mycothérapie. 
De ce fait, les distributeurs peuvent mettre « maïtaké » sur des boîtes 
de gélules sans qu’on sache quels principes actifs elles renferment. 
Je reste moi-même parfois sceptique face à certaines gammes qui offrent peu 
de visibilité sur la qualité de leurs produits. Une marque espagnole paraît rigoureuse et efficace mais elle est très chère (MicoSalud). 
La gamme Phytomance propose trois champignons, maïtaké, shiitaké et reishi, 
à des prix raisonnables pour des produits titrés en principes actifs. 
Pour aller plus loin, vous pouvez lire les livres d’Alain Tardif sur la mycothérapie.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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