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Champignons hallucinogènes : un espoir médicinal controversé

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  • Le microdosage, piste prometteuse pour le traitement de divers troubles. Le microdosage, piste prometteuse pour le traitement de divers troubles.

Depuis quelques années, l’intérêt des chercheurs pour la psilocybine – le principe actif d’un grand nombre de champignons hallucinogènes – n’a cessé de croître. D’après ces travaux de recherche, qui restent controversés du fait du caractère illégal de la molécule, la psilocybine présenterait des vertus pour le traitement de la dépression, des troubles obsessionnels compulsifs ou du stress post-traumatique notamment.

L’utilisation de champignons hallucinogènes, à vocation médicamenteuse ou spirituelle, date de plusieurs millénaires. Les recherches autour de la psilocybine commencent, à la fin des années 1950, et connaissent un véritable essor dans les années 1960, particulièrement aux États-Unis.

Le début de la controverse

Isolée pour la première fois en 1958 par Albert Hofmann (chimiste suisse notamment connu pour avoir découvert le LSD), la psilocybine est alors employée par des psychologues et psychiatriques américains qui explorent de nouvelles pistes de traitement pour leurs patients. En France à la même époque, Jean Delay teste cette substance à l’hôpital Sainte-Anne à Paris.

Puis, dans les années 1970, les États-Unis interdisent toute consommation de ces produits. Les « champignons magiques », psychotropes contenant de la psilocybine, sont alors catégorisés comme drogue de classe 1. Peu après, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) emboîte le pas de cette décision et toutes les recherches sur le sujet sont interrompues.

Les affaires reprennent

C’est seulement en 1998 que la psilocybine revient sur le devant de la scène, suite à une découverte d’un chercheur suisse. Celui-ci met en lumière le rôle de la psilocybine sur les capteurs de la sérotonine. La substance issue des champignons agirait sur les récepteurs de la sérotonine dans le système nerveux central en inhibant la recapture de celle-ci. Un mode d’action similaire à celui des antidépresseurs ISRS.

En 2001, à l’université d’Arizona et pour la première fois en près de trente ans, une étude sur la psilocybine est autorisée par les autorités américaines. Les chercheurs veulent alors évaluer l’impact de cette molécule sur les troubles obsessionnels compulsifs. Menée en double aveugle contre placebo, cette étude offre des premiers résultats très prometteurs, bien que réalisée sur un échantillon assez réduit (neuf participants). La même année, une équipe de chercheurs de l’université d’Harvard annonce également des résultats encourageants de la psilocybine sur l’algie vasculaire de la face, une maladie rare qui provoque des douleurs extrêmes au niveau du visage et pour laquelle l’apport thérapeutique classique est limité.

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Psilocybine et dépression

Si une réticence persiste en France, certains sont moins frileux à l’idée de réaliser des études autour de la psilocybine, notamment aux États-Unis. En 2018, la FDA (l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux) a même accordé la désignation de « breakthrough therapy » (avancée thérapeutique majeure) à l’utilisation de psilocybine dans le cas de dépressions résistantes aux traitements, puis pour les troubles dépressifs majeurs en 2019. Cette désignation est un véritable pas en avant puisqu’elle accorde un degré de reconnaissance aux études menées autour de cette substance.

Les récentes validations accordées par la FDA vont faciliter les recherches sur l’utilisation de la psilocybine pour le traitement de la dépression. Cela va notamment permettre aux chercheurs de travailler plus amplement sur des facteurs déterminants comme l’ajustement des posologies.

Une des pistes explorées dans le cadre de ces recherches est le microdosage. Déjà abordée dans les années 1960 au début des recherches sur les drogues psychédéliques et leur potentiel médicinal, cette technique consiste à ne consommer qu’entre 10 et 20 % de la dose considérée comme « récréative » (ici, hallucinogène). Le microdosage a pour but de ne pas ressentir les effets hallucinogènes provoqués par une dose plus élevée, mais seulement des modifications de l’humeur légèrement perceptibles. Cette dose ne doit pas impacter le train de vie de la personne qui la consomme.

Consommée ainsi à très faible dose, il semblerait que la psilocybine soit bénéfique dans le traitement de la dépression, y compris chez des personnes résistant à toutes autres formes de traitement. De nombreux témoignages recueillis par le psychologue américain James Fadiman semblent corroborer ces résultats, avec un très faible nombre de personnes pour qui le microdosage n’a pas du tout fonctionné, et seulement quelques-unes pour qui l’expérience a été décrite comme désagréable.

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Nouvelles connexions et atténuation de la peur

Un autre élément de recherche autour de la psilocybine réside dans son impact sur les connexions au niveau du cortex cérébral. Il apparaîtrait que cette substance soit capable de créer de nouveaux chemins de circulation de l’information. Dans ce cadre-ci, le célèbre mycologue et écrivain américain Paul Stamets affirme par exemple avoir réussi à se débarrasser de son bégaiement grâce à la consommation de champignons contenant de la psilocybine. À noter que cela reste une expérience très personnelle et propre à cet individu.

Des expériences menées sur des souris, à qui des doses de la substance psychoactive ont été administrées, ont permis aux chercheurs d’observer la formation de nouveaux neurones chez ces souris. Aussi, les chercheurs ont évalué l’évolution du sentiment de peur suite à des injections de différentes doses de psilocybine. Il est apparu que les souris ayant reçu l’équivalent d’une microdose de la substance présentaient les meilleurs résultats en termes de gestion de la peur.

Cet aspect de gestion de la peur est un élément essentiel de ces recherches. Les chercheurs expliquent que les souris sont soumises à des stress équivalents à ceux ressentis par les personnes souffrant de stress post-traumatique. La psilocybine pourrait donc s’avérer utile dans le traitement de ce type de troubles, comme pour la réduction de l’anxiété.

Tabac, sport, les autres pistes

Des chercheurs ont également obtenu des résultats prometteurs avec des volontaires qui ont pratiqué le microdosage de psilocybine pour arrêter de fumer. Certains sportifs, notamment dans les arts martiaux, évoquent également la consommation de psilocybine en microdosage. Ils décrivent alors un état de « super-lucidité » qui leur permet d’être plus rapides que leur adversaire, comme si leur cerveau était plus affûté.

Si une majorité des recherches sur le microdosage s’établit de manière pseudo-clandestine sur des patients qui s’administrent eux-mêmes leur microdose et rendent compte des résultats observés à des praticiens, les récentes autorisations de la FDA aux États-Unis ouvrent la voie à de plus amples recherches sur le sujet. Témoins de cette ouverture, de nouvelles initiatives législatives ont vu le jour aux États-Unis (Oregon, Californie, Iowa) pour proposer la dépénalisation de l’usage médicinal de ces champignons.

 

Sources :

Expirmental brain research, juin 2013.

Scientific reports, octobre 2017.

Archives of general psychiatry, janvier 2011.

Journal of psychopharmacology, novembre 2014.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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