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États-Unis : le potentiel anti-addictif d’un médicament dérivé de l’iboga testé officiellement

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  • Un arbuste d'Iboga (copyright Hiobson, CC BY-SA 4.0 creative Commons)Un arbuste d'Iboga (copyright Hiobson, CC BY-SA 4.0 creative Commons)

Alors que l’iboga, plante psychotrope, est interdite aux États-Unis (comme en France), l’un de ses dérivés de synthèse vient d’obtenir un feu vert officiel pour être évalué. Objectif : étudier sa capacité à traiter la dépendance, notamment aux opiacés. Le NIDA (National Institute on Drug Abuse) a conclu un partenariat avec la start-up Delix Therapeutics pour mener des tests précliniques sur le dérivé synthétique de l’ibogaïne qu’elle a développé.

Baptisé Delix-7, ce dérivé synthétique de l’ibogaïne serait-il la promesse d’un traitement efficace pour les malades qui n’arrivent pas à sortir de leur addiction, entre autres aux opiacés ?

Son potentiel thérapeutique semble en tous cas suffisamment intéressant pour que le très officiel NIDA (l’agence fédérale américaine chargée de la recherche scientifique sur l’usage des drogues et ses conséquences) autorise des études précliniques pour déterminer ses propriétés toxicologiques, pharmacocinétiques et pharmacologiques. Il faut dire que Delix-7 possède un atout de taille : ses propriétés ont été modifiées afin de supprimer les effets psychédéliques originels de la plante. Rappelons que cette dernière est l'objet d'un engouement récent et d'un important trafic (souvent illicite) au niveau mondial, menaçant sa pérennité.

Contrairement à l’iboga (Tabernanthe iboga), son alter ego d’origine naturelle qui pousse en Afrique centrale, il ne cause donc pas d’arythmie cardiaque et ne suscite pas d’épisode psychédélique, selon une étude parue en décembre 2020 dans la revue Nature. David Olson, cofondateur de la start-up Delix Therapeutics, est celui qui a modifié et breveté ce nouveau médicament. Il s’appuie sur les études précliniques déjà publiées pour avancer que « Delix-7 diminue le comportement d’addiction à l’alcool et à l’héroïne ». Il ajoute dans un communiqué : « Nous sommes ravis de collaborer avec le NIDA pour évaluer plus avant son potentiel en tant que nouveau traitement de l’addiction pour une variété de substances. »

Un laboratoire, sous contrat avec le NIDA via son programme de recherche sur les addictions, va donc mener des essais complémentaires. Si les données et les études sur les animaux prouvent que l’expérimentation de Delix-7 se fait en toute sécurité et confirme un potentiel thérapeutique, alors Delix Therapeutics demandera aux autorités de lancer des essais cliniques sur l’homme.

Ce serait une avancée majeure aux États-Unis alors que toutes les études scientifiques officielles portant sur Tabernanthe Iboga (sa version naturelle) ont été arrêtées depuis 1995. Et pourtant, les recherches ont continué ailleurs avec l’aval des autorités de santé, comme en Israël ou en Inde, ou encore très récemment au Brésil et en Nouvelle-Zélande où des recherches ont été publiées en 2018 sur l’efficacité à long terme des traitements à l’aide d’ibogaïne en association avec des thérapies psychologiques.

Ce n’est d’ailleurs pas la seule substance « psychédélique » à intéresser les chercheurs en quête de traitement de diverses dépendances et affections mentales. La psilocybine (la principale substance psychoactive des champignons hallucinogènes) ainsi que la MDMA font également l’objet de recherches soutenues, notamment par la Multidisciplinary Association for Psychedelic Studies (MAPS), pour traiter par exemple la dépression ou le syndrome post-traumatique.

Si les autorités américaines, avec le NIDA, commencent tout doucement à entrouvrir la porte à certains « médicaments psychédéliques », c’est aussi parce que le pays fait face à un énorme problème d’addiction de masse. L’organe américain de contrôle et de prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention) a fait état en novembre dernier d’un chiffre alarmant : les États-Unis ont franchi pour la première fois la barre des cent mille morts par overdose par an.

Lire aussi Vaincre l'addiction : la méthode globale

 

Références

"A non-hallucinogenic psychedelic analogue with therapeutic potential", Nature, 9 décembre 2021

"Treatment of opioid use disorder with ibogaine: detoxification and drug use outcomes", The American Journal of Drug and Alcohol Abuse, avril 2017

"Observational Study of the Long-Term Efficacy of Ibogaine-Assisted Therapy: New Zealand", M.A.P.S

"Drug Overdose Deaths in the U.S. Top 100,000 Annually", National Center for Health Statistics, CDC, 17 nov 2021

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

Tags sur la même thématique Addiction iboga psychédéliques opiacés

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