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Apnée du sommeil et médecine complémentaire

  • La stimulation de certains points d’acupuncture est susceptible de relever le niveau énergétique de la sphère pulmonaire.La stimulation de certains points d’acupuncture est susceptible de relever le niveau énergétique de la sphère pulmonaire.
Article paru dans le journal nº 34

Qu’on la nomme syndrome d’apnée obstructive du sommeil (SAOS) ou syndrome d’apnée et d’hypopnée obstructive du sommeil (SAHOS), l’apnée du sommeil est une maladie redoutable. Il y a encore cinquante ans, elle ne concernait que les personnes présentant une obésité extrême. Sa prévalence de nos jours affole les compteurs statistiques. Les approches complémentaires et naturelles peuvent-elles aider les personnes touchées ?

Article mis à jour le 22/08/2023 par Nihel Amarni

La constitution du SAOS (syndrome d’apnées–hypopnées obstructives du sommeil) est le fait de l’action conjuguée de plusieurs facteurs favorisants, dont certains appartiennent aux modes de vie. L’origine de ces derniers réside dans l’ignorance ou la négligence. Quand on se pose les questions : « Où en suis-je avec ma santé ? Ne serait-il pas bon que je consulte ? », il est indispensable de comprendre sa négligence avant d’entamer la moindre démarche. Pour ce faire, il est capital de se faire aider.

Plan de prise en charge

Aujourd’hui, dans la grande majorité des cas, on s’accorde, pour affirmer ou infirmer le diagnostic, de s’appuyer sur un questionnaire d’évaluation du sommeil, une polygraphie nocturne et une étude parallèle de la saturation en oxygène du sang.

Le simple fait que le conjoint ait remarqué l’existence de pauses respiratoires durant le sommeil doit suffire à consulter dans les plus brefs délais.

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Réduire le ronflement, oui mais pas n’importe comment.

De nombreuses orthèses (dispositifs médicaux) sont en vente libre, chacune présentée comme très efficace. Certes, le ronflement peut être significativement réduit et le confort du partenaire de lit considérablement amélioré, mais est-ce réellement efficace vis-à-vis du risque cardiovasculaire ? Peu de travaux ont été menés dans ce domaine.

Toutefois, un récent modèle d’orthèse (Narval CC) de conception française semble prometteur dans le traitement des SAOS. Plusieurs études cliniques relativement récentes ont en effet conclu que son port régulier est efficace chez les sujets présentant un SAOS d’intensité légère, modérée et sévère, qui refusent la VPPC ou qui lui sont intolérants. En effet, selon les résultats obtenus l’index IAH (Indice d’apnée hypopnée, un indicateur qui permet d’évaluer le degré de sévérité du Syndrome d’apnées hypopnées obstructives du sommeil) a diminué d’au moins 50 % chez l’ensemble des 172 patients traités(1). Enfin, cinq ans plus tard, l’efficacité du port de cette orthèse a continué de se vérifier chez plus de la moitié des participants(2). La Narval CC est fabriquée par ordinateur, ce qui permet de parfaitement adapter le dispositif à la morphologie du patient. Il n’est disponible que sur prescription médicale.

En outre, il existe des exercices quotidiens oropharyngés pour alléger ses ronflements nocturnes : avec la pointe de la langue, pousser contre le palais et propulser le corps de la langue vers l’arrière. Alors que la pointe de la langue reste collée aux incisives inférieures, coller le corps de la langue au plancher de la bouche et dire « A » par intermittence. Pratiqués à raison de 8 minutes par jour, ils réduisent le nombre d’épisodes de ronflements nocturnes ainsi que leur niveau sonore – c’est une bonne chose pour le partenaire de lit – mais ne modifient en rien l’IAH. Dommage !

Au cours du SAOS

L’adoption d’un régime alimentaire trop calorique et trop gras induit rapidement une altération de la flore intestinale dans sa composition, et souvent, à terme, une élévation des chiffres tensionnels.

Deux mesures d’hygiène peuvent facilement être déclinées :

  • Quitter le régime alimentaire occidental pour l’un des modèles suivants : Atkins amélioré, méditerranéen ou végétarien.

  • Faciliter le retour à un microbiote intestinal sain en faisant une cure d’au moins quatre mois de symbiotiques (probiotiques associés à des prébiotiques)(3).

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Compléments alimentaires (vitamines, antioxydants, plantes, minéraux) contre l’apnée du sommeil et ses conséquences.

S’il existe des moyens mécaniques (ventilation en pression positive, orthèse) pour lutter contre l’apnée du sommeil, certaines molécules peuvent également aider à en atténuer divers symptômes du SAOS :

  • Vitamine D : De nombreuses études, mais aussi méta-analyses (4) se sont penchées sur le lien qui semble exister entre carences en vitamine D et le SAOS, mais aussi son aggravation. Si leurs résultats restent contradictoires pour déterminer qui de la carence vitaminique ou de la SAOS provoque l’autre, les chercheurs sont catégoriques quant à leur association. De plus, les deux facteurs associés à des risques non négligeables pour la santé cardiovasculaire, d’autant plus lorsqu’ils sont cumulés (5). Ainsi des contrôles sanguins réguliers peuvent être réalisés afin de vérifier si son taux plasmatique de vitamine D, la concentration vitaminique, est satisfaisant ou pas, et s’il faut ou non envisager une complémentation. Dans ce cas, les recommandations préconisent une dose supérieure à 400 UI sans dépasser 800 UI/j* de Vitamine D3 : au moins 400 UI/j, toujours sous contrôle médical.

  • Magnésium : Lorsque l’on souffre de SAOS, le sommeil est fréquemment insuffisamment réparateur. Dès lors, le niveau de stress psychologique augmente progressivement et s’ajoute aux facteurs aggravants le SAOS. Pour diminuer cette éventualité, il est possible de faire une cure de complexe magnésien comprenant les deux fixateurs du magnésium (vitamine B6 et taurine).

  • NAC : le SAOS étant une grande source de stress oxydatif, les scientifiques se sont beaucoup penchés sur les antioxydants afin de diminuer ce phénomène. Ainsi, plusieurs recherches ont mis en exergue le potentiel d’action de la N-acétylcystéine contre le stress oxydatif et l’inflammation induits par le SAOS. Mais ce n’est pas tout. Une petite étude menée sur 20 adultes(6) a montré qu’une supplémentation de 600 mg de NAC administrés trois fois par jour pendant 30 jours entraînait des réductions significatives de l’IAH (Indice d’apnée hypopnée), des éveils liés à l’apnée, de la somnolence diurne et des ronflements, et une meilleure oxygénation.

  • Coenzyme Q10 (CoQ10) et Vitamine C et E : Dans une étude clinique(7) comprenant 26 hommes, le traitement à l’aide d’une combinaison d’antioxydants comprenant à la fois les vitamines C et E, ainsi que la coenzyme Q10, s’est révélé associé à des améliorations significatives des paramètres de la fonction respiratoire chez les patients atteints d’apnée du sommeil obstructive.

Ces résultats prometteurs restent à confirmer dans des essais cliniques de plus grande ampleur.

D’autres molécules (principalement aux propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires puissantes) sont aussi intéressantes, n’ont pas pour agir directement sur la pathologie du SAOS, mais pour en limiter les conséquences sur notre organisme aussi bien sur le système cardiaque qu’au niveau neurologique :

  • Curcumine : pour limiter les risques cardiovasculaires associés au SAOS, il peut être intéressant de se supplémenter en curcumine (8) (il existe aujourd’hui des galéniques qui améliorent sa biodisponibilité, et ceci sans risques). Ainsi, cette molécule aux grandes propriétés antioxydantes est à même de réduire l’inflammation des tissus de la gorge, le stress oxydatif qui en découle et, également, de  protéger en partie notre cœur des conséquences du SAOS.

  • Vitamines B : Plusieurs recherches ont démontré que les individus atteints d’apnée obstructive du sommeil, en particulier ceux souffrant de formes graves, présentent des niveaux accrus d’homocystéine(9), un acide aminé associé à un risque accru de développer des maladies cardiovasculaires et neurodégénératives. Or, selon diverses analyses, une supplémentation en vitamines B pourrait potentiellement réduire les taux sériques d’homocystéine, mais aussi diminuer les mesures du stress oxydatif et de l’inflammation(10).

Remède homéopathique du SAOS

Étant donné l'absence de réponse médicamenteuse, et le caractère encore exploratoire de la complémentation, il est aussi possible de se tourner vers des solutions plus holistiques. Ainsi l’homéopathie peut contribuer à retrouver un équilibre.

Ainsi dans son livre « Homéopathie », le livre de référence pour se soigner au naturel, le Dr Gardénal préconise, quel que soit le type de SAOS : Opium en 9 CH, à auteur d’une dose par semaine. Elle conseille également d’associer à ce traitement des tisanes de passiflore ou d’Escholzia californica afin d’aider le corps à se relaxer et retrouver un certain apaisement avant le sommeil.

Gestion du stress et médecine traditionnelle chinoise

Comme nous l’avons déjà évoqué, le stress est considéré comme un facteur aggravant du SAOS. Pour réduire ce dernier ou du moins apprendre à le canaliser, il est possible de se mettre à la méditation. On peut alors la pratiquer de manière quotidienne entre 10 et 20 minutes avant de s’allonger et de se laisser glisser dans le sommeil : l’endormissement et le sommeil sont alors de bien meilleure qualité.

Dans la même idée, on peut se tourner vers la pratique du yoga, du tai-chi-chuan, du qi gong et autres techniques assimilées : ces activités douces menées au quotidien améliorent la circulation de l’énergie dans les méridiens de santé et, par-là, les différentes fonctions de l’organisme.

En outre, la médecine chinoise considère le SAOS comme une accumulation d’humidité et de viscosités dont l’excès de masse grasse dans l’abdomen, et dans le thorax, est l’une des manifestations les plus évidentes.

La stimulation de certains points d’acupuncture est susceptible de relever le niveau énergétique de la sphère pulmonaire avec, pour conséquences cliniques, une respiration plus ample, une diminution du terrain anxieux ainsi qu’une diminution des zones œdémateuses.

Par ailleurs, l’apprentissage de l’automassage de ces points permet à domicile d’en prolonger durablement les effets.

En MTC, on recommande l’observation des trois principes suivants pour bénéficier du meilleur sommeil : penser peu, parler peu et manger peu !

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Teste apnée du sommeil à domicile

Une équipe espagnole a compris en 2011 (12) qu’il existait une relation entre la position de la langue par rapport au palais et la sévérité du SAOS exprimée par le biais de l’IAH. Cet outil appelé « Échelle de Friedman » se décline comme suit :

  • Grade 1 : les amygdales, la luette et le voile du palais sont tous visibles.
  • Grade 2 : seuls la luette et le voile du palais sont visibles.
  • Grade 3 : seul le voile du palais est visible.
  • Grade 4 : seul le palais osseux est visible.

Interprétation : plus le grade est élevé, plus le SAOS est sévère.

Se regarder dans la glace pourrait ainsi être une bonne façon pour chacun de connaître son niveau de SAOS.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé


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