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Les apprentis sorciers de l'HORMONOTHÉRAPIE

Article paru dans le journal nº 8 Acheter ce numéro

Les hormones sont des vecteurs d’information et des déclencheurs d’activité à tous les niveaux de notre être, que ce soit d’un point de vue physiologique ou psychologique. Aujourd’hui elles sont aussi devenues un instrument important de la médecine pour soigner de nombreuses maladies, même graves, réduire certains symptômes désagréables, voire augmenter notre espérance de vie. Leur potentiel est aussi grand que leur fonctionnement complexe. Ce que l’on a tendance à oublier pour prescrire de plus en plus largement ces médicaments qui comportent des risques bien réels.

Les hormones interviennent à tous les niveaux de notre être, non seulement pour notre métabolisme mais également sur le plan émotionnel, intellectuel et même spirituel. L’hormone se fixe à des récepteurs spécifiques situés soit à la surface des cellules (par exemple pour l’insuline), soit à l’intérieur de celles-ci (comme pour la vitamine D et les hormones secrétées par les glandes sexuelles, une partie des glandes surrénales et le placenta). Ainsi activés, les récepteurs enclenchent toute une série de réactions. Pour cette raison, l’action de l’hormone est comparée à celle d’une clé qui ouvre une porte ou à celle d’une estafette qui transporte l’information depuis les centres de décision jusqu’aux appareils exécutifs.

Les réactions engendrées au niveau cellulaire sont de deux types. Soit elles provoquent la stimulation de la synthèse de nouvelles protéines par l’intermédiaire d’un ensemble de gènes. C’est ainsi qu’agissent l’hormone de croissance et les hormones sexuelles (œstrogènes, progestérone, testostérone). Soit elles permettent la régulation de l’activité de protéines intracellulaires. C’est le cas de l’insuline, sécrétée par certaines cellules du pancréas, qui facilite la pénétration du glucose dans les cellules et son utilisation à des fins énergétiques en même temps qu’elle favorise l’utilisation des lipides stockés dans les cellules graisseuses.

Comment ça marche, une hormone

Certaines hormones ont un usage essentiellement interne (elles sont dites endocrines). Elles stimulent certaines activités dans un ou plusieurs organes. D’autres ne sont produites que par des glandes externes, la peau notamment (elles sont appelées exocrines). Elles interviennent (à un niveau inconscient) que ce soit pour définir ou défendre notre territoire, affirmer ou faire respecter notre point de vue, révéler nos attirances et aversions sexuelles.

À la différence de la transmission par voie nerveuse, la communication par voie hormonale est plus lente, plus diffuse et plus durable. Lorsque le taux sanguin d’une hormone sécrétée par un organe baisse, le cerveau en est avisé. Il secrète à son tour une hormone (dite neurohormone parce qu’elle est secrétée par des neurones spécifiques) qui va stimuler l’organe. Lorsque le taux sanguin est rétabli, la sécrétion de la neurohormone est interrompue. Il existe donc un système de régulation en boucle appelée rétrocontrôle (ou auparavant feedback).

En fait, le circuit est plus complexe. Par exemple, après la fin de ses règles, l’hypothalamus de la femme secrète de la GnRH (gonadotrophin releasing hormone) qui stimule la sécrétion de la FSH (follicle stimulating hormone) et de la LH (luteinizing hormone) par l’hypophyse. La FSH induit alors la formation d’un follicule ovarien et la sécrétion d’œstradiol. Arrivé à maturation, le follicule subit l’action de la LH et l’ovulation a lieu. Sous l’action conjuguée de la FSH et de la LH, l’ovaire produit progestérone et œstradiol en vue d’une éventuelle fécondation. Quand le taux sanguin des hormones sexuelles atteint un seuil satisfaisant, la sécrétion de la GnRH est stoppée.

50 hormones pour des missions très variées

Actuellement, près de 50 hormones ont été identifiées. Pour celles-ci, grâce à la connaissance que nous avons de leur mécanisme de régulation, des protocoles existent pour pallier leur éventuelle défaillance. D’autres viennent d’être découvertes (adiponectine, leptine, ostéocalcine) et il est très vraisemblable que l’on en identifie de nouvelles dans le futur. De tailles et de natures très variables, elles sont soit :

  • Dérivées d’un simple acide aminé telles les catécholamines et la thyroxine.
  • Issues de l’assemblage de quelques acides aminés (hormones peptidiques) comme la leptine, la vasopressine et la TRH.
  • De véritables protéines, par exemple l’insuline, l’adiponectine, l’hormone de croissance.
  • Produites à partir du cholestérol (hormones stéroïdes) comme les œstrogènes, la testostérone et le cortisol.
  • Synthétisées à partir de lipides. Ce sont essentiellement les dérivés à longue chaîne des acides gras oméga 6 et oméga 3 comme les prostaglandines, leucotriènes…

Chaque organe produit une ou plusieurs hormones : l’hypothalamus secrète de la CRH et la GHRH (hormone libérant l’hormone de croissance), l’épiphyse est à l’origine de la mélatonine, le pancréas du glucagon, de l’insuline, de la somatostatine, de l’amyléine. Les ovaires fabriquent des œstrogènes, progestérone, inhibine, noradrénaline alors que les testicules fabriquent de la testostérone, inhibine, relaxine. Le rein produit de la rénine, le placenta des œstrogènes, de la progestérone, etc.

Les promesses pas toujours au rendez-vous

Si cette discipline a trouvé plusieurs domaines d’application, elle n’est pas sans poser de problèmes. Les traitements substitutifs de la ménopause après s’être développés dans les années quatre-vingt sont aujourd’hui sérieusement remis en cause. Outre-atlantique, plusieurs études montrent une corrélation entre l’augmentation du risque du cancer du sein et ces traitements. Et si la position officielle n’est pas encore d’interdire ces substances, des médecins de plus en plus nombreux ne les conseillent plus à leurs patientes.

L’hormonothérapie dans les traitements cancéreux s’accompagne aussi de nombreux effets secondaires amenant régulièrement à réajuster les protocoles. Il est toujours très délicat de parvenir à un dosage proche de celui que notre corps aurait eu naturellement. Et si les défenseurs de l’hormonothérapie anti-âge ont une réponse aux différentes réserves que l’on peut émettre, les résultats ne sont pas toujours à la hauteur des promesses. Le fait de chercher à stimuler la production de ces substances ou à les réguler n’est pas anodin.
Si l’hormonothérapie semble avoir encore de beaux jours devant elle, il n’est pas sûr qu’elle nous assure des jours meilleurs.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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