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Sport, bol d'air et bain de soleil

Article paru dans le journal nº 98 Acheter ce numéro
  • Le mouvement stimule le métabolisme et son absence le ralentit.Le mouvement stimule le métabolisme et son absence le ralentit.

Alors que beaucoup se réjouissent de sortir de l’hiver et s’impatientent de retrouver les charmes printaniers, les maux hivernaux ne font pas relique et disparaissent parfois aussi timidement que fleurissent les végétaux au printemps… sensibles à la moindre variation. Qualifions cette période de véritable transition, synonyme d’adaptation. — Partie 3


Des journées plus courtes et plus froides déclenchent naturellement l’envie de rester en intérieur. Les occupations ne se font plus en plein air, là où les conditions permettent pourtant une bien meilleure désacidification de notre interface pulmonaire. La conséquence est une propension à l’acidose, qui augmente encore le besoin des fameux micronutriments nous faisant défaut en hiver. Il en va de même pour la pratique des activités physiques, qui dans le meilleur des cas sont maintenues en intérieur, ou qui peuvent complètement disparaître du planning pendant plusieurs semaines.

C’est une réalité : quand le climat le permet, on sort plus facilement, on marche davantage, on relance plus naturellement une sortie le soir, sans parler des activités sportives exceptionnelles de l’été. Le mouvement stimule le métabolisme et son absence le ralentit. Le rapport entre énergie consommée et calories apportées en est perturbé, installant des conditions d’accumulation réelles (colles et cristaux). De plus, le mouvement et la respiration sont les garants d’une bonne circulation lymphatique, cet éboueur du corps. On peut tout à fait diminuer son activité pour répondre à l’invitation au repos de la saison hivernale. Mais il nous faudra alors accorder plus d’attention à notre organisme, l’épauler avec soin et en conscience au moment opportun afin de favoriser les éliminations sans le surmener.

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Pour notre biologie, l’hiver est une prière de repos

L’hibernation, comme nous l’avons vu, n’est pas une option pour nous. Ceci dit, tout nous invite à réduire nos activités, à commencer par la durée de jour, autrement dit d’exposition à la lumière du soleil. En effet, notre horloge biologique est conçue pour réagir à la moindre variation de luminosité, et plus précisément à la lumière bleue, des longueurs d’onde émises par le soleil et capturées par le biais de nos rétines. Les neurones de ces dernières expriment un photopigment, la mélanopsine, pour capter rigoureusement ce spectre lumineux. Ce photopigment, à l’inverse des cônes et des bâtonnets (également situés dans la rétine), n’est pas connecté aux parties du cerveau contrôlant la vision mais à notre horloge biologique au niveau de l’hypothalamus, et il régule comme un métronome toute notre physiologie sur 24 heures.

La lumière bleue est plus forte en milieu de journée, mais avec l’aide de la mélanopsine à la sensibilité si spécifique, le cerveau reconnaît malgré tout l’aube et le crépuscule, les autres longueurs d’onde de rayonnement étant proportionnellement moins présentes à ces moments-là. En fonction de la quantité de lumière reçue par la rétine le jour, les chefs d’orchestre du système endocrinien organisent les sécrétions qui contrôlent le réveil ou l’endormissement. La nuit, la glande pinéale fabrique la mélatonine, hormone du sommeil, selon les données lumineuses enregistrées dans la journée mais aussi les jours précédents : la lumière diminuant, la sécrétion commence. À l’inverse, lorsque la lumière augmente, la sécrétion de mélatonine diminue. Elle est remplacée par celle de cortisol par les glandes surrénaliennes pour déclencher la vigilance et préparer l’organisme au mouvement dans sa phase d’éveil. Nous produisons ainsi davantage d’hormone du sommeil en hiver et sommes alors plus somnolents, sensation confondue avec la fatigue, même si les deux peuvent coexister. Dormir plus longtemps, c’est une opportunité de réparer plus, assimiler mieux et réclamer moins d’énergie. Une sorte d’hibernation à notre manière, finalement.

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Nos organismes tendent à s’encrasser

Nous nous focalisons beaucoup sur ce que nous mangeons « en trop » dès lors que l’opportunité d’accès aux aliments saisonniers, donc plus exceptionnels, prend la tournure d’une jauge à culpabilité. Pourtant, trois soirées raclette de suite peuvent être bien accueillies du moment que l’équilibre au fil des semaines est préservé. D’ailleurs, consommons-nous réellement plus calorique en hiver ? Chaque saison a ses « excès », apéros, bières, jus de fruits et crèmes glacées des longues soirées d’été, sucreries et chocolats de Pâques, menus gourmets des cérémonies diverses, etc. n’occupent-ils pas une place analogue ? C’est plus un problème de proportion : le métabolisme est plus lent et privé de mouvement en hiver. Le foie s’engorge, la lymphe patine, les reins diminuent la filtration à moindre hydratation, comme les poumons quand il y a moins de sorties en plein air, etc.

Ces gras sucrés qui nous leurrent

Certains accuseront la saison, mais nul besoin de fêter Noël pour abuser de chocolats. L’intestin les assimile en les transformant en triglycérides, dont une partie circule vers le cerveau venant interagir avec les neurones transmetteurs de dopamine. Ils amadouent le système de récompense et perturbent l’action de la dopamine, faisant exister un risque de troubles alimentaires et d’obésité au lieu de relancer une motivation digne de ce nom. Mieux vaut essayer de diminuer leur consommation…

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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