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Agir en conscience pour mémoriser le positif

Article paru dans le journal nº 86 Acheter ce numéro
  • augmenter sa capacité d’inscrire des choses positives dans la mémoireaugmenter sa capacité d’inscrire des choses positives dans la mémoire

Un quart de la population souffre de dépression, deux tiers dort moins bien, les urgences psychiatriques débordent. La grand-mère isolée, le célibataire empêché, l’employé en télétravail avec ses trois enfants, le patron de bar pourtant toujours enjoué, etc. Chacun a son histoire à raconter, certes, mais la détresse psychique concerne tout le monde, vous et moi aussi.

(Partie III)

Eric Berne, une référence de l’analyse transactionnelle en psychologie, définit la conscience comme le fait de «  savoir ce qui se passe maintenant, et à travers nos cinq sens ». Précisons qu’il nous faut 3 à 5 fois plus d’éléments positifs dans une journée que de négatifs. Or, il y a beaucoup d’éléments positifs, auxquels on s’habitue tant ils ne représentent pas un intérêt s’ils ne mettent pas notre survie en cause. On doit ce processus au cerveau reptilien (prévu pour la survie) qui exerce le plus souvent une domination sur le choix de stockage d’expériences. La mémorisation est en pratique distribuée de manière implicite ou explicite. Dans la mémoire implicite, le cerveau range tout ce qui est négatif, les peurs et les réflexes. C’est une mémoire à très long terme. A contrario, la mémoire explicite traite le positif, c’est-à-dire qu’une expérience positive y reste tant que l’on se concentre dessus. Un plaisir sans conscience n’est pas un plaisir, mais justement l’absence de plaisir. Pour augmenter sa capacité d’inscrire des choses positives dans la mémoire implicite, il importe de les considérer comme de véritables expériences par le biais de cette combinaison : sentir l’agréable, développer le ressenti agréable et avoir l’intention de garder le sentiment agréable.

Le cerveau en constante modification…

Les expériences, comportements et pensées modèlent la structure de notre cerveau, c’est la plasticité cérébrale. Elle s’opère selon quatre procédés, dont le premier, la synaptogénèse, correspond à la création ou suppression de synapses ou à la modification de leur efficacité. Les neurones possèdent entre mille et dix mille de ces synapses pour leur permettre de communiquer entre eux. Le cerveau oriente la modification du potentiel synaptique des neurones pour générer des réponses adéquates au gré des apprentissages et découvertes. Il réorganise parallèlement le cortex, soit sa méthode de représentation, et renforce ou appauvrit la myélinisation des axones, c’est-à-dire la qualité de leur gaine, en fonction de nos focalisations. Enfin, il a été démontré récemment que même à l’âge adulte le cerveau peut produire de nouveaux neurones (environ 700 par jour), ce qui classe le mythe du cerveau figé. Au contraire, la structure du cerveau est en constante évolution…

… pour le meilleur ou pour le pire !

On peut illustrer cette plasticité en observant la manière dont se construisent les habitudes : lorsque les circuits cités précédemment se renforcent, la pensée et les comportements s’enracinent et câblent une habitude. Vous arrive-t-il de vous demander comment malgré votre volonté vous n’arrivez pas à ne pas faire une chose dont vous avez l’habitude ? Indépendamment du bénéfice secondaire qu’elle vous apporte d’un point de vue psychologique, il s’agit là d’une manifestation d’ancrage parce qu’on l’a répétée encore et encore… privilégiant ainsi une belle autoroute neuronale construite par le cerveau pour améliorer son efficacité à réaliser cette tâche. Même deux petits mois de confinement suffisent pour instaurer une habitude néfaste. Belle aubaine que cette démonstration quant à l’ouverture vers ce qu’il est nécessaire de mettre en place pour créer des habitudes qui nous portent, et ainsi prendre en charge sa neuroplasticité : il est possible de modifier son cerveau de manière saine et bénéfique, et si les efforts nous paraissent monstres au démarrage, ils seront habitudes bientôt, donc automatiques.

Neurogénèse et dépression

On a récemment fait du lien entre dépression et arrêt de la

neurogénèse, perçu symboliquement comme l’arrêt de la vie

à cause de son influence sur la mémoire et l’état émotionnel

(moins de nouveaux neurones, moins de bonne humeur, moins

de capacité au long cours à générer de nouveaux apprentissages,

moins d’évolution). La neurogénèse dépend de plusieurs facteurs, à la fois génétiques et environnementaux. Elle se fait dans les deux hippocampes, grâce à certains facteurs de croissance (molécules qui inhibent ou favorisent la multiplication de cellules), neurotransmetteurs et hormones. Mentionnons que les jeunes neurones meurent assez vite (il leur faut 2 à 4 semaines pour être pleinement fonctionnels), et que la

proportion de survivants est un critère plus juste à prendre en

compte que le nombre de nouveaux neurones créés. Cette fragilité est d’ailleurs à l’étude chez les bipolaires.

S’adapter 
en mettant 
du sens

Un effort sans conscience est une souffrance. Aussi considérons la raison de nos efforts pour les transformer en source de plaisir, ce qui se produit dès lors qu’une chose négative est associée à une chose positive plus importante. Visualiser, ressentir et projeter 
le résultat sollicite diverses aires cérébrales impliquées dans le processus de motivation ; c’est un bon soutien quand les bénéfices de nos actes ne sont pas immédiats.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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