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Le cerveau et ses croyances

Article paru dans le journal nº 86 Acheter ce numéro
  • Le cerveau et ses croyancesLe cerveau et ses croyances

Un quart de la population souffre de dépression, deux tiers dort moins bien, les urgences psychiatriques débordent. La grand-mère isolée, le célibataire empêché, l’employé en télétravail avec ses trois enfants, le patron de bar pourtant toujours enjoué, etc. Chacun a son histoire à raconter, certes, mais la détresse psychique concerne tout le monde, vous et moi aussi.

(Dossier partie II)

Le philosophe Ernest Holmes disait «  la vie est un miroir qui renvoie au penseur l’objet de ses pensées ». Le mécanisme qui gère l’attention est constitué d’un ensemble de cellules nerveuses disposées en réseau dense, qui se différencient des autres par leur plus grand nombre d’axones (fibres nerveuses transmettant l’influx nerveux). Nommé système activateur réticulé (SAR), c’est un outil de régulation et d’aiguillage des informations venant du corps ou de l’extérieur pour en permettre l’interprétation, selon celles déjà enregistrées auparavant. Ce système agit tel un filtre amortissant les signes répétitifs et ne laisse parvenir à la conscience que les influx utiles, importants ou intenses. Pour illustrer son fonctionnement, c’est grâce au SAR que nous n’entendons pas le « tic-tac » de l’horloge d’une pièce lorsqu’on parle à un interlocuteur, mais que l’on peut n’entendre plus que ce bruit répétitif si l’on essaie de dormir dans cette même pièce en étant convaincu qu’il va saboter notre endormissement. C’est ainsi que nous renforçons ce sur quoi nous nous centrons. Ainsi, 98 % de nos pensées sont les mêmes que la veille.

Dans le contexte du Covid-19, où l’omniprésence des informations autour d’une épidémie et des morts qu’elle provoque, cumulée à la difficulté de créer de nouvelles pensées dans l’isolement du confinement, ou de nouveaux gestes, il n’aura évidemment pas fallu longtemps à la formation réticulaire pour être réceptive aux soucis : peurs, frustration, manque de ses proches, ­d’espace, et d’activités, etc. Cela générera d’ailleurs plusieurs profils face au virus, les plutôt anxieux ou les plutôt déprimés.

Ressasser aggrave 
la détresse

Plus nous nous concentrons sur un problème, plus nous 
le renforçons. Dédions plutôt cette énergie à 
la cognition optimaliste, en reprogrammant une nouvelle dynamique du cerveau, par la pensée intentionnelle tournée non plus vers le souci mais vers la recherche de solutions et d’actions concrètes, et changeons d’état d’esprit.

Anxiété non prise en charge et possibles déclins métaboliques

À un certain stade (rapport cortisol/DHEA élevé), les risques sont l’hyperglycémie, l’insulino-résistance, l’hypertension artérielle, les troubles menstruels et de la libido, la tendance hypothyroïdienne, la fonte musculaire, l’altération du métabolisme osseux, la chute de cheveux, l’acné, l’affinement de la peau, la prise de poids, et surtout une baisse immu­nitaire donc une vulnérabilité aux infections (augmentation des cytokines et de la réaction virale, baisse globale des lymphocytes). D’où l’importance de traiter l’anxiété.

Des pensées neuves

Cela implique fatalement une démarche cons­ciente pour placer son attention ailleurs, et considérer ce système comme une opportunité. Paolo Coelho disait : « Si vous savez vraiment ce que vous voulez, le monde conspire à votre réussite ». Sans se couper des médias ou du monde, sélectionner et limiter les moments et diversifier les sources où l’on s’informe, proposer à ses interlocuteurs d’autres sujets de discussion, permet à ce filtre de traiter d’autres types de données. Pour utiliser la réticulée de manière constructive, il faut ainsi avant tout établir l’intention de ses actes – la volonté consciente de réaliser quelque chose. Le message est envoyé au SAR pour que l’on s’attende à ce que l’événement se produise, il ouvre une nouvelle voie pour accepter les stimuli, et en outre laisse moins de place au doute, ce gros dérailleur de sécurité intérieure, de confiance en soi et d’actions audacieuses.

Du virtuel au réel

La pensée élabore images et concepts hors du champ réel dans la matière. Elle se déroule dans notre tête, elle est en quelque sorte virtuelle. Lorsque l’on s’imagine le pire, l’organisme est déjà en train de s’y préparer. Un imaginaire stressant déclenche la distorsion nerveuse pour nous permettre de fuir ou combattre. Voilà alors beaucoup d’énergie dépensée et d’opérations métaboliques négligées pour une situation qui n’est même pas encore arrivée. Tantôt nécessaire pour se préparer vraiment à quelque chose, la ­sur-mentalisation est souvent un témoignage d’anxiété. Cette mécanique cognitive mérite une hygiène particulière afin d’être utilisée à bon escient. Revenir au réel, c’est quitter l’endroit où l’on se trouve (dans nos pensées) pour retrouver les sensations, le corps. C’est pratiquer, par exemple, la pleine conscience. L’attention ainsi portée équilibre l’activité du diencéphale, siège des cogitations, ruminations et diverses élaborations mentales anxiogènes.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

Tags sur la même thématique Stress anxiété cerveau résilience covid-19

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