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Asthme allergique ou pas ?

Article paru dans le journal nº 23 Acheter ce numéro

On imagine souvent que l'asthme a des causes seulement allergiques. Ce n'est pas le cas. Il existe de multiples autres causes (virus, stress, parasite, intolérance, refux gastro-oesophagien...) qui peuvent provoquer des crises. Celles-ci sont alors brutales et parfois violentes. Dans ces cas, la simple suppression de la cause fera disparaître les crises, encore faut-il être capable de l'identifier d'autant qu'il faut parfois chercher assez loin dans l'histoire familiale de la personne concernée.

Aujourd’hui, on parle de plus en plus souvent d’asthme allergique (60 % des cas environ, tous âges confondus). Mais il y a des différences fondamentales entre l'asthe allergique et non-allergique.

L'asthme non-allergique

Le mécanisme
Bien que les altérations qu’il provoque au niveau des voies aériennes soient identiques à celles engendrées par l’asthme allergique, le processus par lequel l’asthme non allergique opère est encore assez mal connu. La thèse actuellement retenue privilégie la nature irritante de l’agent déclencheur, que ce soit une infection virale, l’exposition brutale à un froid intense, à une substance chimique… Ainsi, la première crise peut survenir immédiatement après le premier contact.

Seuls les corticoïdes sont alors utilisables pour réduire l’état inflammatoire des bronches et ralentir leur évolution vers des altérations structurelles de plus en plus graves (les bronchodilatateurs n’ont qu’une action de confort).

Le diagnostic
L’asthme non allergique survient préférentiellement après la quarantaine et concerne plus les femmes que les hommes. En l’absence de terrain allergique, le bilan médical recherche :

  • une origine microbienne : Mycoplasma pneumoniae, Chlamydia pneumoniae, pneumocoque ;
  • une origine virale : virus respiratoire syncytial, hæmophilus…
  • une origine parasitaire : ankylostomiase, trichinose…
  • un corps étranger intrabronchique ;
  • une mucoviscidose, une dilatation des bronches ;
  • une vascularite ;
  • un reflux gastro-œsophagien, même asymptomatique ;
  • une maladie coeliaque (intolérance au gluten) ;
  • la présence de polypes ORL.

Les facteurs prédisposants
De nombreux facteurs prédisposent à la survenue de la réaction asthmatique.

  • La prédisposition génétique, certains variants situés sur le chromosome 17 exposent à un risque plus élevé.
  • Certains événements pendant la grossesse : une consommation régulière de fruits oléagineux et d’œufs, l’utilisation de produits chimiques domestiques irritants, mais aussi le stress de la mère pendant la grossesse.
  • La prématurité (pour les enfants nés avant 32 semaines), mais aussi la naissance par césarienne ainsi que la période de naissance (saison des pollens, humidité..).
  • Les infections ORL repérées chez le nourrisson sont capables de favoriser un asthme précoce.
  • La qualité de l’alimentation : certains déficits en vitamines, minéraux et autres micronutriments ne sont pas sans conséquence.
  • La pollution de l’air extérieur et intérieur et intérieur a un impact très important sur les poumons des jeunes enfants.
  • La fréquentation des piscines, même découvertes, augmente le risque de développer un asthme. Les produits chlorés utilisés irritent puissamment les voies respiratoires et les fragilisent, facilitant ainsi, le passage des allergènes aériens.
  • L’exercice de certaines professions est un facteur de risque du fait de l’exposition à des substances irritantes. Six métiers sont particulièrement exposés : les boulangers, les professionnels de la santé, les coiffeurs, les peintres, les professionnels du bois et les employés de nettoyage.
  • Pour les femmes, la prise d'oestrogènes sans progestérone en guise de traitement hormonal de la ménopause augmenterait le risque de développer un asthme.
  • La survenue d’événements stressants tels que la séparation de leurs parents, la mort d’un grand-parent aimé, le départ d’un ami proche ou la violence environnementale sont des événements qui peuvent générer le déclenchement d’asthme. La voie de l’héritage transgénérationnel peut également être explorée.
  • L’émergence récente de la psychogénéalogie oblige à envisager que l’asthme puisse provenir de traumatismes anciens non résolus qui atteindraient plusieurs générations. Comme l’explique Anne Ancelin-Schützenberger dans son livre « Guérir les blessures familiales et se retrouver soi » qui cite des patients qui reproduisent les symptômes du grand-père gazé au cours de la Première Guerre mondiale, il y a presqu’un siècle.

L'asthme allergique

Le mécanisme
L’allergie est un dérèglement du système immunitaire qui se met à considérer dangereuses des substances qu’il reconnaissait jusque-là comme inoffensives : pollens, poils d’animaux, aliments…

Lors du premier contact avec une substance que l’organisme considère comme dangereuse, certaines cellules immunitaires (les plasmocytes) synthétisent des anticorps de la série des immunoglobulines E (IgE) à des concentrations faibles. Les IgE ainsi libérées circulent dans le sang avant d’être éliminées ou bien se fixent à d’autres cellules sanguines.

Lors d’un second contact avec le même allergène, deux molécules d’IgE se combinent avec celui-ci. Ce complexe stimule l’ensemble de cellules où se sont fixés les IgE qui produisent alors immédiatement les médiateurs de l’allergie dont l’histamine, la sérotonine, les prostaglandines de série 2 et les leucotriènes.

L’histamine et la sérotonine provoquent une constriction des bronches. Les leucotriènes augmentent la concentration cellulaire en calcium et, par-là, la production d’histamine, ce qui aggrave la bronchoconstriction. Quant aux prostaglandines de série 2, ils favorisent l’inflammation.

Le diagnostic
Le diagnostic d’allergie repose aujourd’hui essentiellement sur la découverte d’une élévation significative du taux sanguin des immunoglobulines E (IgE) et des globules blancs de la série éosinophile. Lorsque l’origine allergique est confirmée, la détermination du ou des allergènes se fait par la réalisation de tests cutanés : timbres (patch tests), injections sous-cutanées de quantités infimes d’allergènes (prick-tests).

Les allergènes sont nombreux. Il s’agit :

  • des pollens d’herbacées, de graminées ou d’arbres ;
  • des moisissures saisonnières (Alternaria, Botrytis, Stemphyllum…) ou perannuelles (Aspergillus, Penicillium, Rhizopus…) ;
  • des acariens présents dans la poussière;
  • des protéines produites par la peau des animaux et colportée par leurs poils ;
  • des insectes (blattes en premier lieu) ;
  • des substances présentes dans l’alimentation (trophallergènes) : ce sont, pour l’essentiel, des protéines ou des complexes de protéines et de glucides d’une taille bien particulière, mais certains additifs ont aussi ce pouvoir pathogène.
  • des allergènes professionnels : acide chromique, amines aromatiques, cobalt, formaldéhyde (autre nom du formol), isocyanates, sels de nickel, persulfates, phénylhydrazine, phosphates, polyuréthane, poussières de bois… pour ne citer que ceux qui sont reconnus comme responsables d’asthme professionnel ;
  • des médicaments : aspirine, pénicilline, sulfamides…
  • et plus rarement des auto-antigènes : les IgE elles-mêmes et certains de leurs récepteurs à haute affinité !

Pourquoi l'allergie explose

L’accroissement fulgurant du nombre de personnes allergiques a véritablement débuté au cours des années 1960. Plusieurs causes sont aujourd’hui reconnues fautives de cette augmentation :

  • La pollution de l’air, tant extérieur qu’intérieur.
  • L’usage à grande échelle des additifs alimentaires.
  • L’excès d’hygiène au cours des premières années de vie.
  • La prolifération des acariens dans les lieux de vie clos.
  • La mondialisation du commerce et de l’alimentation, notamment l’accès à des fruits oléagineux exotiques (arachides, noix de cajou et de pécan).
  • La diversification précoce de l’alimentation, notamment chez les enfants dont les parents présentent des antécédents allergiques.
  • L’utilisation de casseroles en inox pour la cuisson d’aliments acides, comme la tomate : le peu de nickel qui passe ainsi dans les aliments et dans l’eau de cuisson peut être à l’origine de certaines réactions allergiques ou les favoriser.

Les allergies croisées très fréquentes

Du fait que le même allergène peut être présent dans plusieurs organismes vivants, l’allergie à un de ceux-ci entraîne l’allergie aux autres. C’est ce qu’on appelle des allergies croisées. Ainsi, les allergies respiratoires sont souvent croisées à des allergies alimentaires, de sorte qu’un sujet allergique aux pollens de bouleau a un risque de 50% de faire une allergie également aux légumes ombellifères (carotte, céleri, coriandre, fenouil, persil) et aux fruits de la famille des rosacées (abricot, cerise, noisette, pêche, pomme). La personne allergique aux graminées présente 40 % de sensibilisation à la tomate. Et, réciproquement, une personne qui présente une allergie alimentaire a un risque plus élevé de faire une allergie aux pollens !

Peut-on être allergique à sa belle-mère ?

Il est courant d’entendre : « Je suis allergique à ma belle-mère », ou à mon patron, à mon voisin, etc. Mais qu’en est-il réellement ?
Fort heureusement, dans la grande majorité des cas, ce n’est pas l’expression d’une allergie. Toutefois, on peut supposer que l’incapacité à gérer cette forme de stress peut générer au niveau biochimique une perturbation de la régulation des neuromédiateurs capable de créer à son tour un lit inflammatoire chronique.

Il suffit pour s’en convaincre de se souvenir de personnes proches qui, pénétrant chez vous, voient un bouquet de fleurs sur la table du salon et sortent aussitôt leur spray d’urgence pour faire face à la crise d’asthme qui s’annonce… alors que les fleurs incriminées sont artificielles ! Malgré tous les efforts dont on peut faire preuve pour les rassurer, la crise d’asthme n’est pas évitée.

Ce qui est vrai à la simple évocation de fleurs ou d’animaux (les chats tout particulièrement) l’est aussi au simple rappel du nom d’une personne proche avec laquelle le commerce est très difficile.

L’asthme psychique est en fait la caricature du rejet de l’autre, soit par anticipation, soit par réaction au fait de se sentir envahi. À la peur est toujours associée l’incapacité à faire respecter les limites de son espace personnel. Sans travail en psychothérapie, il est vain d’espérer une stabilisation de la maladie sur la durée.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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