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Véganisme : quels effets et risques sur la santé ?

Article paru dans le journal nº 58 Acheter ce numéro
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Une partie du discours végane repose sur les bénéfices santé que ce mode alimentaire induirait. Qu’en est-il vraiment ?

Partant des études actuellement disponibles, on peut dire que le végétalisme se caractérise par :

  • Des apports quotidiens en magnésium, phosphore, potassium, sodium et vitamine C supérieurs aux apports recommandés par les autorités de santé, mais insuffisants en vitamines B12 et D, en calcium et en zinc, en carnosine, créatine et taurine.
  • Une diminution des apports en acides gras saturés et en cholestérol, deux facteurs qui réduisent le risque de plusieurs maladies chroniques.
  • Une insuffisance en oméga 3 (notamment en EPA et DHA) et un rapport oméga 6 sur oméga 3 trop élevé (10/1 au lieu de 5/1).
  • Le respect de l’équilibre acido-basique.
  • Une réduction du terrain inflammatoire.
  • La non-diminution du risque de syndrome métabolique (tour de taille excessif, hypertension, élévation de la glycémie à jeun et des triglycérides, baisse du HDL-cholestérol) et de ses complications cardiovasculaires, contrairement à ce qui est observé avec le régime végétarien.
  • Un taux sanguin d’acide urique plus élevé que celui relevé chez les végétariens et les omnivores.
  • Un taux élevé de cadmium dans le sang et les urines, ce qui représente un surrisque de cancer et d’atteinte de la fonction rénale, surtout si les apports en zinc sont insuffisants.
  • Une modification profonde de la flore intestinale caractérisée par l’abondance des souches protectrices et la faible proportion des souches potentiellement pathogènes.
  • Un moindre risque de diabète de type 2.
  • Chez le diabétique, une augmentation des apports en glucides, en fibres et autres nutriments, une amélioration des constantes biologiques et la réduction de la douleur liée à la neuropathie chronique.
  • En cas de net surpoids, une perte de poids significative dès six mois de suivi, comparativement aux autres régimes alimentaires les plus pratiqués.
  • Un moindre risque de cancer du sein, du corps de l’utérus, des ovaires, de la prostate et de l’estomac.
  • La possibilité d’hypothyroïdie (par manque d’iode) et de maladie auto-immune de la thyroïde.
  • Une légère diminution de la densité osseuse en minéraux, sans retentissement significatif sur les risques d’ostéoporose et de fracture. À condition toutefois que les apports en calcium et en vitamine D ne soient pas trop faibles, tout particulièrement chez l’enfant du fait qu’il est soumis à des périodes de croissance intense. Cependant, comme le véganisme induit un renouvellement osseux plus rapide, il n’est pas impossible qu’à long terme, il soit responsable de certains troubles osseux.
  • Une possible déminéralisation dentaire.
  • Une amélioration de l’équilibre émotionnel (réduction de l’anxiété et de la dépression), du sentiment de bien-être et de la productivité.

Quid du syndrome métabolique ?

Le constat de la non-diminution du risque de syndrome métabolique chez les personnes véganes est le résultat d’une étude exceptionnelle par son ampleur et sa durée (plus de 93 000 personnes ont été suivies pendant près de quatre ans). Il s’oppose ainsi en tout point aux résultats de petites études qui affirment que le véganisme est associé à la diminution du risque cardiovasculaire lié à des troubles métaboliques.

Parmi les raisons qui expliquent cet apparent paradoxe, il faut retenir les faits suivants :

• La modification d’un mode alimentaire ou d’un traitement peut avoir des effets à court et à long termes qui s’opposent : après une amélioration, la situation revient parfois au point de départ avant de s’inverser.

• En termes de recrutement, la fiabilité d’une étude ne commence qu’à partir de 400 sujets.

Grossesse et allaitement

Du fait du manque d’homogénéité des études et d’un nombre insuffisant d’éléments de preuves, il est en encore trop tôt pour affirmer que mener une grossesse en étant végane est tout à fait sain pour la mère et pour l’enfant, même si une attention suffisante est portée à la satisfaction des apports en vitamines et minéraux.

Quels risques de carence ?

On ne naît pas végane, on le devient. Décider d’être végane, c’est s’aventurer dans un mode de vie dont on ne connaît pas tous les effets. Entre déficit et carence, quelle différence ? Un déficit empêche les fonctions biologiques de l’organisme de fonctionner à leur niveau optimal. Une carence est un déficit d’une telle importance qu’elle peut provoquer des lésions irréversibles si une complémentation n’est pas rapidement administrée. Or, la consultation des publications qui concernent le véganisme révèle que le mot carence est souvent utilisé à la place de déficit. Ce qui fausse l’estimation des risques.

Vitamines

  • Vitamine B12 : chez le nourrisson et l’enfant, risque de troubles du développement neurologique et de la croissance ; chez l’adulte, troubles vasculaires (phlébite, voire embolie), dépressifs, à tout âge, anémie macrocytaire (à grosses cellules) responsable d’une fatigue intense, glossite (langue rouge et douloureuse) et, dans les cas extrêmes, dégénérescence irréversible de la moelle épinière avec incapacité à marcher et à contrôler les sphincters urinaire et anal.
  • Vitamine D : hyperparathyroïdisme, si la carence d’apport n’est pas compensée par une exposition suffisante à la lumière solaire.

Minéraux et oligo-éléments

  • Fer : anémie.
  • Zinc : baisse des défenses immunitaires et plus grande sensibilité à la toxicité du cadmium.

EPA et DHA (oméga 3 à longue chaîne)

Risque accru d’accidents vasculaires par thrombose sur athérosclérose, surtout si le rapport oméga 6 sur oméga 3 est largement supérieur à 5.

Et à moindre degré…

  • Calcium : risque d’ostéoporose sur le long terme.
  • Iode, surtout chez la femme enceinte : pour les futurs enfants, risque de retard du développement cérébral (au pire, le crétinisme) et de la croissance staturale.
  • Méthionine : risque d’accélération du vieillissement.
  • Carnosine, dipeptide antioxydant, présent en grande quantité dans les muscles et le cerveau. En son absence, le vieillissement s’accélère et la mémorisation est moins bonne.
  • Créatine : risque de baisse de la production de l’énergie nécessaire à la cellule.

Un déficit est rarement isolé, et plus les carences sont nombreuses, plus la détérioration de l’état de santé est profonde. Si ce tableau est rare chez l’adulte, il est plus fréquent chez le nourrisson dont les parents ont remplacé tout produit lacté par des boissons végétales (amandes, avoine, châtaignes, noisettes, riz, soja). Ainsi ont été observés des anémies sévères, des hématomes intracrâniens, des crises d’épilepsie qui ont même conduit au décès. Les risques sont augmentés en cas d’orthorexie nerveuse. Parfois, la manifestation du besoin légitime de manger sainement se transforme en trouble du comportement alimentaire. Ce changement d’attitude peut être la première manifestation ou une complication d’une maladie mentale (addiction au sport, anorexie mentale, boulimie, trouble obsessionnel compulsif). Les risques de malnutrition augmentent alors chez la personne qui souffre de ce trouble, mais aussi chez les proches dont il a charge.

Orthorexie : de quoi parle-t-on ?

Composé de la juxtaposition de deux mots grecs, orthos (droit, correct) et orexis (appétit), le terme orthorexie exprime l’idée de manger sain, un besoin légitime universellement partagé mais de plus en plus rarement satisfait, suite à la forte emprise de l’industrie agro-alimentaire sur les sociétés occidentales. S’inscrire dans une démarche orthorexique est donc un choix de vie louable. En 1997, le Dr Steven Bratman a créé le concept d’orthorexie nerveuse pour désigner le désir obsessionnel de ne consommer que des aliments parfaitement sains. Une attitude psychique rigide qui expose à une sous-nutrition ainsi qu’à une auto-exclusion de la société. La personne qui souffre d’orthorexie mentale est sujette à de nombreuses peurs comme celle d’ingérer des aliments considérés comme malsains. Ce comportement peut induire : coma, insuffisance respiratoire, hypotonie majeure, hypotrophie, atrophie cérébrale. Cette attitude conduit par exemple à mettre son chien ou son chat au régime végane pour protéger les espèces dont ceux-ci se nourrissent.

Quoiqu'il en soit, certaines personnes qui se disent véganes pratiquent en réalité une restriction sévère de leur champ nutritionnel au point de restreindre considérablement leurs apports en vitamines que le véganisme habituellement assure telles que les B9, C et E. Au risque de développer une cécité irréversible.

L'orthorexie, chez qui ?

Les communautés étudiante (en particulier dans le domaine de la médecine et des sciences de la nutrition), sportive et artistique seraient les plus sensibles au besoin de manger sain pour rester en bonne santé. Quant au trouble du comportemental qui peut en découler (l’orthorexie nerveuse), moins de 1 % de la population occidentale serait concerné. Vu sa découverte récente, ce trouble ne bénéficie pas encore de recommandations officielles. À ce jour, les thérapies cognitives et comportementales, les thérapies d’acceptation et d’engagement et la pratique de la pleine conscience apparaissent des voies d’avenir. Quant au traitement de la dénutrition éventuellement associée, il relève de la compétence d’un médecin nutritionniste.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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