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L'IMC ne dit rien de vous

Léonard Katz  rédigé le 06 mars 2015 à 12h05
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L'IMC permet d'évaluer si vous êtes en surpoids ou bien obèse. Bien que la notion d'IMC (Indice de masse corporelle) soit mondialement reconnue, elle donne une idée très approximative de votre situation car elle ne tient pas compte de la masse grasse ni du poids des os ou de l'âge. En gros, il s'agit simplement d'un rapport entre la taille et le poids. Vous trouverez partout sur Internet des calculateurs assortis de commentaires sur votre éventuel surpoids. Mais ne vous laissez pas bourrer le crâne.

L'indice de Masse Corporelle est la formule officielle pour qui veut connaître son niveau de poids. Maigreur (IMC<20), surpoids (IMC>25) et obésité (IMC>30) s'évaluent grâce à une formule très simple et mondialement reconnue : IMC = poids / (taille*taille). Mais la formule comporte de graves limites. En effet l'IMC ne prend pas en compte la composition du corps (muscles, os) ou le sexe lesquels peuvent avoir un impact sur les rapports tissés entre le poids et la graisse corporelle. Ainsi une personne massive mais toute en muscles, aura un IMC très élevé malgré une masse grasse réduite. Faut-il dès lors la considérer comme obèse ? De nouveaux indices basés sur la circonférence des hanches ou de l'adomen ont été avancés. Fortement corrélés au taux de masse grasse, ces indicateurs semblent plus pertinents que le poids ou l'IMC. Ils débouchent sur un indice de masse grasse (ou d'adiposité : Body Adiposity Index) qui peut être calculé ainsi pour les femmes : [tour de hanche (cm) / ((taille (m) *1.5)-18)]. La formule est plus complexe, mais beaucoup plus proche de la réalité. Mais on préfère l'autre formule qui fait apparaître plus d'obèses et donc, plus de clients pour les marchands de régimes ou de compléments minceur.

L'IMC a-t-il toujours un sens

L’IMC, tel qu’il est utilisé systématiquement depuis les années 1980, est-il encore un indicateur approprié? Ou aurait-il dû être remplacé depuis longtemps par des méthodes de mesure plus récentes permettant de produire des résultats scientifiquement fon- dés? L’IMC et ses niveaux de classification en tant qu’indicateur de surpoids et d’obésité font régulièrement l’objet de critiques.

Les changements de la composition de la masse corporelle, qui accompagnent le début et la progression de l’obésité, ont un impact très important sur le métabolisme et la sensibilité à l’insuline. Le tissu adipeux serait en effet un facteur déterminant dans la régu- lation du débit lipidique de l’organisme et dans la régulation de l’homéostasie du glucose et des lipides. L’évaluation de la composition corporelle et de la distribution de la masse grasse au niveau corporel revêt donc une importance évidente dans la prévention et le traitement du surpoids, de l’obésité et des comorbidités associées à la surcharge pondérale.

Mais l'IMC est-il le bon indicateur ?

  • Seuls 2/3 de la variabilité interindividuelle de l’adiposité totale sont expliqués par l’IMC .
  • L’IMC ne tient pas compte du sexe, de l’ethnie, de l’âge et de l’aptitude physique (fitness) pour expliquer les variations de la masse grasse, même chez des individus avec la même masse corporelle.
  • L’ethnie et l’âge peuvent influer sur la relation entre les risques de comorbidité et de mortalité et l’IMC.
  • La distribution de la masse grasse corporelle peut varier énormément chez les individus, même chez des personnes ayant le même niveau d’adiposité. Ce point est important car l’obésité centrale est plus problématique pour les risques de comorbidité associés au surpoids.
  • Chez l’enfant, l’IMC varie très fortement en fonction de l’âge. A la naissance, la médiane de l’IMC est au plus bas à 13 kg/m2, ensuite augmente à 17 kg/m2 à 1 an et diminue à 15,5 kg/m2 à l’âge de 6 ans pour ensuite augmenter de nouveau jusqu’à 21 kg/m2 à 20 ans.

Les vraies méthodes d'analyse
de la masse corporelle

La composition de la masse corporelle peut être évaluée à différents niveaux, selon le type d’investigation clinique :

1.  Au niveau atomique grâce aux éléments de base comme le carbone, le calcium et l’hydrogène.

2.  Au niveau moléculaire par la mesure des quanti- tés d’eau, des protéines et des lipides.

3.  Au niveau cellulaire par l’intermédiaire de l’éva- luation de la masse des liquides extracellulaires et cellulaires.

4.  Au niveau tissulaire grâce à la mesure de la quantité et de la distribution des tissus adipeux, squelettique et musculaire.

Les méthodes qui mesurent la composition de la masse corporelle du niveau atomique jusqu’au niveau cellulaire sont appelées les méthodes de mesure directe de la composition corporelle. Parmi ces méthodes, on peut citer l’activation neutronique, la dilution isotopique, le comptage du potassium et les méthodes de critère. Ces dernières mesurent certaines propriétés de l’organisme, comme par exemple la densité corporelle (la densitométrie), ou la quantité et la distribution des tissus squelettique, musculaire et adipeux par rayons X ou grâce aux techniques d’imagerie: la tomodensitométrie, l’imagerie par rayonnement magnétique (IRM) et l’absorption biphotonique

Ces méthodes sont en général les méthodes de référence car elles donnent des résultats plus directs et précis. Cependant, elles sont coûteuses et nécessitent une installation et un équipement assez lourds et inadaptés à des études épidémiologiques. Par contre, elles sont souvent utilisées dans les études cliniques à plus petite échelle.

La méthode du tour de taille, simplement plus fiable de l'IMC

La mesure du tour de taille tout simplement a été initialement développée comme une évaluation plus simple et potentiellement plus liée aux risques pour la santé dus à la surcharge pondérale que l’indice de masse corporelle (IMC). Le tour de taille est surtout le meilleur indicateur anthropométrique du tissu adipeux viscéral caractérisant l’obésité centrale ou abdominale.

Ce dernier élément est particulièrement important car il a été montré que l’accumulation de la graisse au niveau abdominal est fortement corrélée au diabète de type 2, aux pathologies cardiovasculaires, au cancer (c.-à-d. les principales comorbidités liées à l’obésité) et, plus généralement, aux risques de mortalité .

La grosse limite de la mesure du tour de taille est sa précision, surtout avec des individus avec une obésité extrême. En effet, la mesure de la circonférence de la taille devrait être effectuée en position debout avec un mètre ruban «de couturière» à mi-distance entre le bord inférieur de la dernière côte et la crête iliaque pendant une expiration normale. Il ne faut pas effectuer la mesure en prenant comme référence le nombril car la position de ce point anatomique n’est pas assez reproductible chez les obèses.

Si l'on emploie cette mesure il faut considérer que le risque de maladie cardiovasculaire, de diabète et d'hypertension est faible pour les femmes dont le tour de taille est inférieur à 80 cm et pour les hommes dont le tour de taille est de 94 cm.

Il accru entre 80 et 88 cm pour les femmes et entre 94 et 102 cm pour les homme.

Enfin, il est considérablement accru au dessus de 88 cm pour les femmes et de 102 cm pour les hommes.

Pour ce type de pathologies, l'IMC est loin d'être aussi fiable.

Le rapport entre tour de taille et taille

Une autre mesure anthropométrique permettant d’évaluer la répartition de la graisse corporelle est l'Indice d'adiposité corporelle (IAC). Il est calculé comme suit :

% de masse grasse corporelle = Mesure du tour des hanches (cm) – 18 / Taille (m) X \/¯Taille (m)

Indice d'adiposité pour les femmes, par exemple :
>30% = obésité
Entre 29 et 26% = Surpoids
Entre 25 et 20% = Poids idéal
Entre 19 et 16% = Poids assez bas à faible
Entre 15 et 10% : Poids très bas, insuffisant

Ce rapport permet de différencier l’obésité centrale de type androïde (T/H >0,8 chez la femme et >0,9 chez l’homme) et celle périphérique de type gynoïde. Chez l’homme avec T/H >1 ou chez la femme avec T/H >0,85, les risques associés aux pathologies cardiovasculaires, au diabète et au cancer sont plus élevés.

Cependant, il semblerait que le tour de taille seul soit un meilleur prédicteur du tissu adipeux viscéral et des risques de comorbidité par rapport à IAC. En effet, ce dernier pourrait être négativement influencé par la mesure du tour des hanches qui reflèterait aussi la perte de la masse musculaire due à la sédentarité qui caractérise les obèses et les patients en général.

L'indice IAC a l’avantage, à différence de l’IMC, de ne pas avoir besoin de la mesure du poids. Après cette étude, il y a eu toute une série d’études qui ont testé la validité et la précision de l’IAC en le comparant avec l’IMC et d’autres mesures de la composition de la masse corporelle chez différentes populations.

En effet, Bergman et al. avaient étudié la validité de l’IAC seulement chez deux ethnies de la population des Etats-Unis (les afro-américains et les mexico-américains). Chez les blancs, il a été montré que l’IAC est mieux corrélé au pourcentage de masse grasse corporelle (% MG) chez la femme que chez l’homme. Cependant, chez les deux sexes, cette corrélation est toujours inférieure à celle entre l’IMC et le % MG.
Il semble que cet indice IAC soit un meilleur indicateur que l'IMC pour ce qui est des risques de santé lié au surpoids.

Son seul défaut est d'être incalculable pour une personne qui ne dispose pas d'une calculette.

Tour de taille sur tour de hanches, facile à calculer et très fiable

La graisse abdominale est ici déterminée par le rapport entre votre tour de taille et votre tour de hanches en centimètres à celle de vos hanches en centimètres. Comme ce rapport est important, il faut le connaître, car votre médecin s'en servira pour déterminer si vous risquez d'être atteint de certains troubles graves.

Le principe de ce calcul postule que le tour de taille est très peu lié à la taille (hauteur) de l’individu et qu'il ne doit donc pas être rapporté à cette dernière (c.-à-d. rapport du tour de taille sur la taille) car cette normalisation n’améliore pas la relation entre l’accumulation de graisse intra-abdominale et l’état de santé de l’individu. Une étude allemande a en effet montré que le rapport tour de taille sur le tour des hanches prédit de manière fiable les facteurs de risque pour la santé de l’individu.

En général, un rapport taille-hanches supérieur à 0,8 pour les femmes, et 1,0 pour les hommes, indique que vous avez accumulé un excès de graisse corporelle posant un risque pour votre santé.

Mesurez votre tour de taille comme expliqué au paragraphe précédent et mesurez votre tour de hanche au moyen d'un ruban métrique passé autour de la partie la plus large des hanches. Tenez le ruban métrique serré, mais pas trop.

On le voit, il y a de très nombreuses méthode autres que l'IMC pour évaluer le surpoids et surtout le risque qu'il représente pour votre santé.  Mais l'IMC conserve la vedette. Pour combien de temps ?

Attention : Les conseils prodigués dans cet article ne vous dispensent pas de consulter un praticien des médecines alternatives. Vous pourrez en trouver un près de chez vous et prendre rendez-vous sur annuaire-therapeutes.com

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