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Des postbiotiques prometteurs ?

Article paru dans le journal nº 93 Acheter ce numéro
  • Des postbiotiques pour améliorer notre santéDes postbiotiques pour améliorer notre santé

Comme le dit le dicton : « Il y a toujours un avant et un après. » Dans nos intestins et dans notre microbiote aussi. Avant, il y a les pré et probiotiques, après il y a les postbiotiques. Encore méconnus, ces « déchets » issus de la digestion et de ses fermentations pourraient pourtant avoir un rôle encore plus prégnant sur notre santé.

Les postbiotiques, comme leur nom l’indique, sont les substances et organismes que l’on retrouve après la digestion et le passage par le microbiote. Issus des processus de fermentation liés à la digestion, ce sont en quelque sorte des « déchets » (des « métabolites » si vous préférez le nom savant) qui ont un impact bénéfique sur notre santé, par exemple en limitant la prolifération d’agents pathogènes ou en modulant l’acidité intestinale.

Pour utiliser une comparaison imagée, si notre corps et son microbiote étaient la cuisine d’un restaurant, les prébiotiques seraient les aliments bruts, la matière première et les probiotiques seraient les cuisiniers qui façonnent cette matière pour produire le produit fini à déguster : les postbiotiques. Parmi les postbiotiques les mieux connus se trouvent les acides aminés comme le tryptophane (acide aminé du bonheur et du sommeil), la tyrosine qui permet de produire la dopamine et adapter l’organisme face au stress, les vitamines des groupes B et K, les acides gras à chaînes courtes (comme le butyrate aux effets anti-inflammatoires) ou encore certains neurotransmetteurs (comme la célèbre sérotonine ou la GABA).

Les « post » ont le vent en poupe

En mai 2018, une équipe de chercheurs mexicains publie dans la revue Trends in Food Science & Technology un article qui fait mieux connaître le concept des postbiotiques (également parfois appelé « parabiotiques »). Ils y expliquent que les postbiotiques ont de nombreuses activités bénéfiques sur notre immunité, notre tension ou notre cholestérol mais aussi pour freiner l’obésité ou les phénomènes inflammatoires notamment ceux liés à la formation des tumeurs.

D’autres effets sont observés qui permettent une cicatrisation accélérée des plaies ou de réduire les risques d’accidents cardiovasculaires.

Considérés comme une option thérapeutique viable pour les maladies allergiques, car ils améliorent l’équilibre des réponses immunitaires, les postbiotiques ont déjà été testés avec succès pour prévenir l’exacerbation de l’asthme et de la respiration sifflante chez les enfants. Il a aussi été observé que la présence dans les intestins de certains postbiotiques comme le butyrate était inversement proportionnelle à la sévérité des symptômes de la dermatite atopique.

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Un fonctionnement encore mystérieux mais prometteur

Comme l’explique le docteur Jakub Żółkiewicz du département de pneumologie pédiatrique et d’allergie, à l’Université de médecine de Varsovie, auteur d’un article de synthèse sur le sujet : « En jouant un rôle vital dans notre système immunitaire et la composition de notre microbiote, les postbiotiques pourraient être utiles dans la prévention et le traitement de nombreuses pathologies pour lesquelles nous manquons de thérapies efficaces, comme la maladie d’Alzheimer, la sclérose en plaques ou certaines maladies inflammatoires de l’intestin. » Ils pourraient être utiles aussi dans la prévention et le traitement du coronavirus, car la structure et l’activité du microbiote intestinal peuvent être liées à l’apparition de biomarqueurs prédisant prédictifs de la sévérité de la maladie.

De plus, leur longue durée de conservation en fait des candidats idéaux pour développer des compléments alimentaires sûrs et efficaces. Mais bien qu’ils soient déjà commercialisés sous certaines formes (GABA, butyrate et tryptophane notamment), les postbiotiques sont encore loin d’avoir révélé tous leurs mystères. Leurs mécanismes exacts ne sont pas complètement élucidés et il n’existe pas encore de consensus scientifique mondial à leur propos comme pour les pré et probiotiques. Gageons donc que les années à venir nous permettront d’y voir plus clair et d’entrer dans l’ère des postbiotiques.

Les sources naturelles de postbiotiques

La façon la plus simple d’augmenter notre taux de postbiotiques reste une alimentation saine et équilibrée riche en fibres et en pré et probiotiques comme les aliments et boissons fermentés (choucroute, yaourt, tempeh, miso, kéfir, kombucha, etc.).

D’autres aliments peuvent influer plus précisément sur leur production. Les amidons résistants présents dans des féculents comme le riz, la pomme de terre, l’avoine ou les haricots permettent par exemple de booster sa production de butyrate qui permet de prévenir les troubles digestifs chroniques.

Le vinaigre de cidre est une source d’acétate, un des acides gras à chaîne courte qui permet de réduire les phénomènes inflammatoires et contribue à préserver une barrière intestinale saine.

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Sources :

« Postbiotics-parabiotics: the new horizons in microbial biotherapy and functional foods », Microbial Cell Factories, août 2020.

« Postbiotics and Their Potential Applications in Early Life Nutrition and Beyond », International journal of molecular sciences, septembre 2019.

« Postbiotics—A Step Beyond Pre- and Probiotics », Nutrients, juillet 2020.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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