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Talc à l’amiante : les scientifiques poursuivis par les industriels

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Un patient américain atteint d’un cancer de la plèvre a récemment réussi à faire établir le lien entre sa maladie et l’utilisation d’un talc de la firme Johnson & Johnson, probablement contaminé à l’amiante. Aujourd’hui, l’entreprise a décidé de s’attaquer aux conclusions des scientifiques ayant permis à ce patient de gagner son procès.

Nous vous en parlions dès 2020, le talc peut contenir de l’amiante et représenter un danger en cas de mauvais usage, ce qui pourrait en faire le prochain scandale sanitaire (NDLR : nous savons depuis les années 1970 que les lieux d’extraction du talc sont souvent proches de sources d’amiante naturelle, ce qui pourrait entraîner une contamination). L’actualité récente vient nous le rappeler : la firme pharmaceutique Johnson & Johnson, accusée d’avoir vendu du talc cancérigène, a été condamnée, en juillet, à verser près de 19 millions de dollars d’indemnités à un patient américain qui a accusé leur poudre à base de talc d’avoir favorisé son cancer de la plèvre en l’exposant à de l’amiante.

L’entreprise fait actuellement l’objet de plus de 38 000 poursuites concernant ses produits à base de talc (comprenant une poudre pour bébé) qui seraient contaminés par de l’amiante et sont accusés de causer divers cancers, comme ceux de l'ovaire ou de la plèvre. Après avoir cessé la commercialisation desdits produits, Johnson & Johnson a proposé, en avril dernier, plus de 8 milliards d’euros aux plaignants pour mettre fin aux poursuites lancées en Amérique du Nord.

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Des scientifiques accusés d’utiliser une « science de pacotille » pour « dénigrer » les produits de l'entreprise

Ce sont maintenant les scientifiques à l’origine de deux études établissant un lien entre les produits de soins personnels à base de talc de Johnson & Johnson et le développement, chez certaines personnes, de mésothéliome (ou cancer de la plèvre) qui sont poursuivis par la firme. Début juillet, via une action en justice, Johnson & Johnson a tenté de forcer trois d’entre eux à « se rétracter et/ou à publier une correction » de leurs études, alléguant que les chercheurs ont pratiqué de la « science de pacotille » pour « dénigrer » les produits de l'entreprise.

Les représentants de l’industriel demandent au tribunal d'obliger les chercheurs à divulguer l'identité des patients et affirment que les scientifiques auraient caché le fait que certains patients, voire tous ceux enrôlés dans leurs études, avaient été exposés à de l'amiante provenant d'autres sources.

Selon l’un des chercheurs attaqués, la firme cherche clairement à les « faire taire », et ces poursuites pourraient profondément paralyser toute recherche médicale future sur le sujet. Mark Lanier, un avocat qui a représenté une vingtaine de femmes dans un procès remporté contre Johnson & Johnson en 2018 sur le sujet du talc, voit, dans cette façon d’agir de l’entreprise, une « vieille tactique » pour essayer d’« écraser l'opinion scientifique par l'intimidation », tactique qui illustre tout à la fois l’« audace » et le « désespoir » de la firme pharmaceutique. Depuis, cette dernière a tout de même remplacé son talc par de l'amidon de maïs.

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Références bibliographiques

« Johnson & Johnson sues researchers who linked talc to cancer », Reuters.com, 13 juillet 2023.

« J&J unit files for second bankruptcy to pursue $8.9 billion talc settlement », Reuters.com, 5 avril 2023.

« J&J subsidiary sues more talc researchers », Chesmistryworld.com, 18 juillet 2023.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé


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