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Prostate : solutions naturelles et prévention

Article paru dans le journal nº 54 Acheter ce numéro
  • Un mode de vie sain, une alimentation équilibrée et riche en fruits et légumes, ainsi qu'une activité physique régulière sont prescrits.Un mode de vie sain, une alimentation équilibrée et riche en fruits et légumes, ainsi qu'une activité physique régulière sont prescrits.

En cas de pathologie de la prostate, les remèdes allopathiques sont incontournables. Ces traitements seront toutefois plus efficaces si vous veillez à respecter quelques règles d'hygiène de vie et précautions alimentaires, sans oublier les solutions de la phytothérapie.

Si des solutions naturelles existent, soyons clairs : on ne badine pas avec les pathologies prostatiques. Donc, en cas d’adénome prostatique avec rétention aiguë urinaire (RAU, en clair, on ne peut plus uriner), ou de cancer de la glande, il est n’est pas admis de cesser un traitement allopathique pour les stratégies thérapeutiques naturelles. Elles peuvent, en revanche, être parfaitement complémentaires.

Par ailleurs, nous ne cessons de le répéter, l’auto­traitement et l’automédication sont à proscrire. Un vrai naturopathe, ou tout acteur de la santé digne de ce nom, est un professionnel qui établit des protocoles sensibles et adaptés à chaque cas et chaque patient. Cela étant, les règles que nous allons vous conseiller de suivre relèvent du bon sens et vous donneront une idée de l’éventail remarquable que proposent les médecines complémentaires.

Le tabac, c’est tabou

En premier lieu, il est à noter que perdre du poids est un prérequis. Comme dans bien des cas, le surpoids pèse (sans mauvais jeu de mots) sur l’équilibre santé. Une alimentation trop calorique augmente tous les types de cancer et notamment prostatique. Des études ont révélé que la réduction de la ration calorique avait une incidence bénéfique sur le cancer de la prostate.

Supprimer le tabac est aussi une évidence. Chez les fumeurs, le cancer de la prostate – qui est, nous l’avons dit, un cancer à progression lente – est plus agressif et plus évolué que chez les non-fumeurs. Le tabac augmente de 30 % le risque de développer le cancer de la prostate. De plus, le tabagisme stimule la croissance des cellules prostatiques. En cause, le cadmium contenu dans les volutes.

L’alimentation

Pour une réforme efficace de l’alimentation, les indications sont souvent les mêmes. Il est donc conseillé de privilégier une alimentation équilibrée en protides, glucides et lipides, de qualité bio, de saison (et donc adaptée à chacune d’elles), et suivant les besoins de chacun. Fruits et légumes, donc, riches en vitamines, minéraux et antioxydants et fibres. Si possible, on préparera et consommera ces produits le moins cuits possible pour conserver les éléments nutritionnels qu’ils contiennent et pour assurer ainsi une bio-assimilation optimale (sauf dans certains cas, comme chez les personnes souffrant de colites, qui privilégieront les jus de fruits ou de légumes).

Évitez les graisses animales saturées et préférez les graisses insaturées. On conseille de consommer maquereaux, sardines, harengs, noix et huiles végétales de première pression à froid vierges et bio pour les lipides essentiels à nos cellules. Pour le zinc, optez pour les amandes et graines de citrouille ou de courge, mais aussi les huîtres et la levure de bière. Le zinc présente l’avantage d’inhiber l’activité de l’enzyme 5-alpha réductase qui permet la transformation de la testostérone en dihydrotestostérone, responsable de l’augmentation du volume de la prostate. Limitez les produits laitiers qui augmentent les risques de développer des pathologies prostatiques. Des études ont révélé qu’un régime riche en calcium (plus de 2 000 mg par jour) multiplie par cinq le risque de développer un cancer de la prostate par rapport à celui qui n’en contient que 500 mg par jour. Limitez les épices (comme le poivre, le curry, le safran, le clou de girofle…) pour éviter leurs effets irritants.

Le miso est une pâte obtenue à partir d’un mélange de graines de soja, de riz ou d’orge, de sel marin et de koji. On peut le considérer comme un alicament, ou, plus scientifiquement, un nutraceutique. Probiotiques, phytostérols, oméga-3, vitamines B, isoflavones : le miso contribue à éliminer les pathogènes, à rééquilibrer le microbiote, et facilite la digestion. En outre, ses composés participent à la prévention de différents types de cancers, dont le cancer du sein, du côlon, et donc de la prostate. Évidemment, pour tirer le meilleur de ses bienfaits, le miso ne doit pas être pasteurisé.

Outre les légumes et les fruits, mettez l’accent sur certains aliments comme les tomates pour leur lycopène (que l’on trouve également dans les citrouilles, les courges, ou les épinards…), l’ail (dont certains naturopathes conseillent de consommer 1 à 2 gousses crues par jour) et les oignons pour leurs propriétés antioxydantes (entre autres, la liste des effets bénéfiques de ces aliments étant tellement longue).

Un peu de vin rouge peut aider

Proscrire l’alcool ou du moins sa consommation immodérée tombe sous le sens. Toutefois, dans le cadre de la prostate et des risques de cancer, le vin rouge semble tirer son épingle du jeu. Boire du vin rouge (à raison de 4 à 8 verres de 12 cl par semaine, il ne s’agit pas de boire une bouteille par jour non plus !), aurait un impact bénéfique sur le risque de cancer puisque l’incidence du cancer prostatique chuterait de 50 %. Pourquoi ? Cela serait dû à la présence de flavonoïdes, et en particulier du resvératrol. Antioxydant, anti-inflammatoire, réducteur de la prolifération cellulaire, ce dernier stimule aussi la mort cellulaire (apoptose) et contrôle ainsi la prolifération des cellules cancéreuses. De plus, le resvératrol aurait une action de contrôle du taux de testostérone, hormone que l’on implique dans le cancer de la prostate.

Et la bagatelle ?

En outre, et même si cela peut sembler délicat d’en parler, il reste que la pratique sexuelle est particulièrement bénéfique pour la prostate. Une très sérieuse étude australienne a révélé qu’une éjaculation par jour diminuerait très significativement le risque de développer un cancer. Mais, il s’agit ici du coït. Allez savoir pourquoi, la masturbation n’apporterait pas les mêmes bénéfices.

Phytothérapie

Bien des plantes ont une action très bénéfique, notamment sur les effets congestifs de l’adénome prostatique. Elles sont aussi dépourvues d’effets secondaires rédhibitoires. Citons :

  • La baie de palmier nain (Serenoa repens) : les baies de cette plante originaire de Floride inhibent l’enzyme 5-alpha réductase que nous avons citée plus haut. Elles réduisent également les contractions des muscles lisses de la vessie et du sphincter qui provoquent l’envie d’uriner. Elle est très riche en zinc et en acides gras essentiels.
  • Racine d’ortie (Urtica dioica) : l’ortie est une source importante de fer, de silice et de zinc. En cas d’adénome, privilégier les racines. Les feuilles seront utiles en cas d’inflammation des voies urinaires. Les racines agissent sur les récepteurs des cellules prostatiques et empêchent la transformation de la testostérone en DHT (dihydrotestostérone), nocive pour les cellules de la prostate. Les études ont démontré que ce sont les polysaccharides et les lectines qui sont ici les principes actifs, accompagnés de flavonoïdes (ici, la quercétine), d’amines telles que l’histamine, de minéraux (calcium, potassium…) ainsi que, dans les racines toujours, de phytostérols. En synergie avec les baies de palmier nain, on observe la diminution de près de 90 % des symptômes liés à l’adénome.
  • Prunier d’Afrique (Pygeum africanum). On trouve le prunier dit d’Afrique dans les zones montagneuses, en particulier celles du Kenya, de Madagascar ou du Cameroun. En cas d’adénome prostatique, on recommande l’écorce réduite en poudre. On la plébiscite en raison des trois principes actifs qu’elle contient : les phytostérols (effet anti-inflammatoire bloquant ici les prostaglandines et leucotriènes qui ont une fâcheuse tendance à s’accumuler dans la prostate en cas d’HPB), les terpènes aux effets décongestionnants, et les esters féruliques qui semblent avoir une incidence sur l’activité de la testostérone.
  • Graines de courge ou de citrouille (Cucurbita pepo). Elles contiennent 30 à 50 % d’acides gras (oléiques, linoléiques…), du zinc, des phytostérols, etc. Les antioxydants des graines de citrouille sont les caroténoïdes, qui réduisent le risque de développer un cancer.
  • Extrait de pollen de fleurs. C’est une source superstar pour lutter contre les symptômes de l’HPB. Il contient une grande variété d’acides aminés (dont tryptophane, leucine, isoleucine…), du lactose, des vitamines des groupes B, C, D et E. À noter toutefois que certaines personnes peuvent être allergiques. Le pollen de fleur frais a une action significative sur l’inconfort urinaire en cas d’adénome. Les deux pollens semblant avoir une action la plus importante sont ceux de saule et de ciste. En outre, le pollen aurait la capacité de faire baisser le taux de PSA.
  • Jus de grenade (Punica granatum) : c’est par sa haute teneur en antioxydants, et plus particulièrement en polyphénols, que la grenade est intéressante en cas de problèmes prostatiques, et plus particulièrement de cancer, aussi bien en prévention que pour en ralentir l’évolution.

Les vitamines

Une fois encore, il est indispensable de consulter un professionnel (médecin pour un bilan de santé, naturopathe pour un bilan de vitalité) pour obtenir le meilleur dosage en vitamine. De plus, les prises sont limitées dans le temps.

  • Vitamine C : elle sera utilisée pour son action antioxydante et antiradicalaire que l’on exploitera avantageusement en association avec les vitamines A et E et le sélénium.
  • Vitamine E : la plus antioxydante et antiradicalaire des vitamines. Elle est indispensable en prévention et même en traitement des pathologies prostatiques. On la suspecte également d’avoir une action bénéfique au niveau hormonal.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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