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Prostate : une glande qui fait peur

Article paru dans le journal nº 54 Acheter ce numéro
  • Entre 40 et 50 ans, la prostate gonfle. Cette augmentation est biologiquement normale.Entre 40 et 50 ans, la prostate gonfle. Cette augmentation est biologiquement normale.

Penchons-nous sur la structure et le fonctionnement de la prostate.

La prostate est une glande présente uniquement chez l’homme. Elle est située au carrefour des voies urinaires et des voies spermatiques. Elle est placée en avant du rectum et sous la vessie. Elle entoure le canal de l’urètre (à ne pas confondre avec les uretères, canaux qui transportent l’urine des reins vers la vessie). Elle est constituée par quatre zones distinctes : antérieure, périphérique, centrale et transitionnelle. C’est dans la zone périphérique que se développent le plus souvent les cancers de la prostate. Cette zone est en revanche facilement palpable au moyen d’un toucher rectal, raison pour laquelle cet examen fait encore partie du diagnostic.

Deux types de tissus

La prostate est constituée de deux tissus qui diffèrent par leur structure comme par leur fonction :

  • Le tissu glandulaire, constitué par un système de canaux. Chaque glande est revêtue d’une double couche de cellules. La première, basale, située dans la partie externe de la glande ; la seconde est constituée de cellules muco-sécrétantes situées à l’intérieur (médicalement, on dit du côté « endoluminal »). Il y a aussi un troisième type de cellules, dites « neuroendocrines ».
  • L’autre type de tissu est une composante musculaire lisse.

La prostate a la forme d’une châtaigne. Ses dimensions « normales » sont de 3,5 cm de hauteur pour 4,5 cm de largeur et 3 cm d’épaisseur, pour un poids de 15 à 20 g. Il ne faut pas attendre plus de la quarantaine pour que son volume se mette à augmenter, une croissance qui se poursuit par la suite. À tel titre que, chez certains quadragénaires ou quinquagénaires, la prostate peut peser jusqu’à sept fois son poids initial. Toutefois, cette grosseur reste physiologique, sans qu’il y ait pour autant pathologie (cancéreuse, par exemple). Mais un tel poids n’est pas sans conséquence et peut se manifester par des gênes urinaires.

Une machinerie complexe

La prostate est aussi une glande, car elle élabore une substance. Il s’agit du liquide prostatique, ou liquide séminal. En clair, c’est le liquide qui se mêle aux spermatozoïdes venant des testicules au moment de l’éjaculation pour former le sperme. Ce liquide contribue à la fertilité : il complète la maturation des spermatozoïdes en leur apportant des constituants biochimiques pour assurer leur capacité à féconder l’ovule (vitamine C, phosphatases acides, zinc). Au sortir de la prostate, le sperme parcourt l’urètre pour être émis au niveau du méat, à l’extrémité du gland.

La prostate contient également un muscle qui aide à expulser le sperme. Pour fonctionner correctement, la prostate a besoin d’androgènes (hormones masculines), et plus particulièrement de testostérone, principalement produite dans les testicules et qui permet de maintenir la fonction sexuelle et reproductrice. La prostate est dépendante de cette hormone (elle est donc hormono-dépendante). Si la production d’androgènes s’arrête, elle entraînera une diminution de la taille de la prostate. C’est la raison pour laquelle, en cas de tumeurs cancéreuses prostatiques, on utilise des médicaments qui bloquent cette sécrétion (antiandrogéniques) et son évolution.

Point important à souligner : le manque de fiabilité des stratégies de dépistage actuelles. Le test sanguin PSA (Antigène prostatique spécifique), par exemple, peut révéler notamment une hypertrophie bénigne, une inflammation locale ou un récent toucher rectal. Mais il échoue notoirement à détecter les cancers (dans 82 % des cas d’après une étude récente), générant nombre de faux positifs et de faux négatif. C’est la raison pour laquelle il n’est plus conseillé par la Haute Autorité de Santé ou la Sécurité sociale chez les hommes asymptomatiques, y compris les hommes les plus à risque. Du fait de l’incertitude de ce test, ainsi que du toucher rectal, les biopsies sont également pratiquées de manière abusive aujourd’hui (45 % seraient inutiles).

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

Tags sur la même thématique prostate cancer de la prostate PSA

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