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Effets secondaires des traitements du cancer de la prostate

Article paru dans le journal nº 25 Acheter ce numéro

Le cancer de la prostate est traité avec un protocole semblable à tous les autres protocoles anti-cancéreux (chirurgie, chimothérapie, radiothérapie...). S'y ajoute toutefois l'hormontothérapie. Mais quel que soit la forme de traitement employée, les effets secondaires sont nombreux et, parcequ'ils atteignent presque toujours la fonction érectile, ils se doublent de problèmes de dépression chez les hommes qui ont suivi la voie officielle.

Les recommandations officielles  varient selon le degré de gravité de la maladie exprimé selon la classification TNM.

  • Pour les cancers n’ayant pas métastasé (soit N0 M0) : surveillance active, ultrasons focalisés (Ablatherm® HIFU) ablation de la prostate (avec ou sans curage ganglion-naire) ou curiethérapie ou radiothérapie externe et, pour les cas avancés, hormonothérapie (anti-androgènes).
  • Pour les cancers ayant métastasé (N1 ou M1) : l’hormonothérapie, éventuellement complétée de radiothérapie en cas d’envahissement ganglionnaire ou de chimiothé-rapie en cas de résistance de la tumeur à la castration chimique.

Qu’appelle-t-on surveillance active ?

Lorsque la tumeur cancéreuse est de faible volume et de bas grade, l’abstention interventionnelle peut être décidée car l’évolution est supposée très lente. Toutefois, un suivi régulier s’impose pour détecter au plus tôt une éventuelle accélération du processus malin. Cela implique la réalisation semestrielle d’un toucher rectal ainsi que d’un dosage du PSA (total et libre) et l’accomplissement annuel d’une biopsie .

Un risque élevé d’effets indésirables durables et invalidants

Quel que soit le type de traitement préconisé, la probabilité de séquelles importantes est élevée .

Après la chirurgie :

  • Incontinence urinaire : si la plupart du temps elle disparaît d’elle-même ou après rééducation du sphincter de la vessie, elle persiste dans un peu moins de 5% des cas. Les solutions proposées varient alors entre injections dans le sphincter, pose de ballonnets autour de l’urètre, réalisation de bandelettes sous-urétrales voire confection d’un sphincter artificiel.
  • Dysfonction érectile : si elle n’existait pas avant même l’intervention, elle est le fait de lésions neurovasculaires rendues nécessaires vu l’extension tumorale. Là encore, plusieurs traitements sont possibles, avec plus ou moins de succès : injections dans les corps caverneux, érecteur à dépression et, plus rarement, prothèse pénienne.
  • Disparition définitive de l’éjaculation quand l’ablation totale de la prostate s’est avérée nécessaire, l’intervention incluant l’exérèse des vésicules séminales.
  • Douleurs pelviennes, principalement lorsqu’un curage ganglionnaire a été nécessaire.
  • Rétrécissement au niveau de l’anastomose (jonction) réalisée entre la vessie et l’urètre.
  • Diminution de la longueur du pénis .

Au cours et dans les suites de la radiothérapie :

  • Inflammation du rectum ou/et de l’anus, souvent transitoire, mais aboutissant dans 5 à 6 % des cas à une véritable rectite dont la principale manifestation est le saignement de sang rouge par l’anus et qui nécessite le recours à l’électrocoagulation endoscopique.
  • Inflammation de la vessie (cystite radique) avec urines sanglantes, nécessitant oxygénothérapie locale hyperbare (sous forte pression) ou électrocoagulation par voie urinaire.
  • Difficultés à uriner, mictions impérieuses, régressant le plus souvent de façon spontanée.
  • Dysfonction érectile.
  • Incontinence urinaire.
  • Et à long terme, cancer de la vessie ou du côlon.

Après curiethérapie :

  • Urétrite.
  • Difficultés à uriner.
  • Dysfonction érectile chez 30 à 50% des cas, apparaissant essentiellement 3 à 5 ans après le traitement et s’installant progressivement. Les médicaments de la classe du sildénafil (Viagra®) sont alors une aide précieuse.

Au cours et dans les suites de l’hormonothérapie :

Selon la molécule utilisée, la nature des effets indésirables change. Ainsi, peuvent - entre autres - survenir :

  • Bouffées de chaleur, palpitations, anxiété.
  • Diminution de la libido.
  • Dysfonction érectile.
  • Diminution de la longueur du pénis .
  • Prise de poids .
  • Résistance à l’insuline, syndrome métabolique.
  • Pathologie rénale aiguë .
  • Aggravation du risque d’accident cardiovasculaire.
  • Anémie.
  • Ostéopénie voire ostéoporose.

Et de façon commune à tous les types de traitements

Dépression réactionnelle à la castration et aux troubles érectiles, dépression parfois si sévère qu’elle conduit au suicide.

 

Références :

39 . CF « Vidal Recos : recommandations en pratique 2014 », référence déjà citée.

40 . P. Perrin : « Surveillance active des cancers de la prostate » dans « Encyclopédie Médico-Chirurgicale », 2006 ; 5 pages.

41 . Haute Autorité de santé & Institut National du Cancer : « Guide ALD n°30 : Cancer de la prostate », janvier 2012, pp. 32-35.

42 . A. Parekh, M. H. Chen, K. E. Hoffman, and coll. : « Reduced penile size and treatment regret in men with recurrent prostate cancer after surgery, radiotherapy plus androgen deprivation, or radiotherapy alone » dans « Urology », January 2013 ; 81(1), pp. 130-134.

43 . E. J. Davis, J. L. Beebe-Dimmer, C. L. Yee, and K. A. Cooney : « Risk of second primary tumors in men diagnosed with prostate cancer: a population-based cohort study » dans « Cancer », September 01, 2014 ; 120(17), pp. 2735-2741.

44 . A. Parekh, M. H. Chen, K. E. Hoffman, and coll. : Référence déjà citée.

45 . H. S. Kim, D. M. Moreira, M. R. Smith, and coll. : « A natural history of weight change in men with prostate cancer on androgen-deprivation therapy (ADT): results from the Shared Equal Access Regional Cancer Hospital (SEARCH) database » dans « BJU International », March 2011 ; 107(6), p. 924-928.

46 . F. Lapi, L. Azoulay, M. Tmain Niazi, and coll. : « Androgen Deprivation Therapy and Risk of Acute Kidney Injury in Patients With Prostate Cancer » dans « JAMA », July 17, 2013 ; 310(3), pp. 289-296.


 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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