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Cancer de la prostate : faut-il se soigner ?

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On dit souvent qu'il est inutile de soigner un cancer de la prostate car l'évolution est tellement lente que le malade a de bonnes chances d'être mort avant que son cancer ne le tue. Cette affirmation est de moins en moins vraie car l'augmentation de l'espérance de vie permet à de nombreuses personnens d'être encre en bonne santé et en pleine possession de leurs moyens physiques et psychiques à un âge très avancé. En revanche, en éliminant un certain nombre de facteurs de risque, on peut espérer éviter sa survenue et surtout, ralentir encore sa progression.

Un cancer de moins en moins létal

En France métropolitaine, au cours de l’année 2009, 53 465 nouveaux cas de cancer de la prostate ont été officiellement répertoriés tandis que 8 876 décès causés par ce même cancer étaient enregistrés. Depuis, l’incidence continuerait d’augmenter tandis que la mortalité s’infléchirait légèrement.

De tous les cancers frappant la gente masculine, celui de la prostate est de loin le plus fréquent puisqu’il représente à lui seul un peu plus de 28% des cas connus, soit plus que les cancers du poumon et du côlon réunis. Toutefois, en termes de létalité, il ‘‘n’est que’’ troisième, loin derrière le cancer pulmonaire, mais juste derrière le cancer colorectal. Ainsi, ‘‘ne représente-t-il’’ que 10% des décès masculins par cancer.

Le plus souvent, le diagnostic était posé aux alentours des 70 ans. Quant à la survie à partir de celui-ci, elle était (toujours en 2009) de 84% à 5 ans et de 70% à 10 ans . Ainsi, le décès survenait majoritairement après 75 ans, l’âge moyen étant même de 83.
Toujours selon les mêmes statistiques officielles, le taux d’incidence  a considérablement augmenté entre 1980 (24,8 cas pour 100 000 hommes) à 2005 (127,1) avant de diminuer régulièrement (99,4 en 2009). Durant la même période, la mortalité est passée de 16,3 (pour 100.000 hommes) en 1980, à 18,3 en 1990 puis a régulièrement régressé, elle aussi (10,2 en 2009).

De fortes disparités régionales

Néanmoins, derrière cette avalanche de chiffres qui couvrent l’ensemble de la gente masculine du pays, se cache une réalité insoupçonnable pour tout regard peu sourcilleux : celle d’une extrême variabilité de la pénétration de la maladie d’une région à l’autre et de son impact sur la santé publique.

Entre 2008 et 2010, le taux d’incidence de ce type de cancer n’était que de 53,3 (pour 100.000 hommes) en Corse alors qu’il culminait à 113,9 en Franche-Comté !

Idem du taux de mortalité, minimal dans les régions du sud et en Corse (8,1 pour 100.000 hommes) et maximal en Haute-Normandie (14,1), Nord/Pas-de-Calais (14,4) et Picardie (14,7). De façon similaire, la baisse de la mortalité n’a pas été aussi importante d’une région à l’autre entre les périodes 1985-1989 et 2005-2009, s’échelonnant de 17% à presque 40%.

Même constat à l’échelon européen : en France, si l’incidence du cancer prostatique est parmi les plus élevées, son pouvoir létal se situe dans la moyenne des pays voisins (toutefois 50% plus élevé qu’en Albanie !).

Pourquoi de telles différences d'une région à l'autre ?

Que ce soit au niveau des régions ou des nations, il existe une extrême variabilité quant aux chiffres officiels tant en termes d’incidence que de mortalité.

Quelques facteurs ont été avancés pour expliquer ces faits :

  • Le degré d’avancement technologique : la maladie est plus prégnante dans les pays les plus industrialisés, là-même où l'exposition aux perturbateurs en-docriniens et la pression de l'industrie agroalimentaire sont les plus fortes.
  • Le manque ...
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