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Ménopause, pallier la chute des oestrogènes

Article paru dans le journal nº 65 Acheter ce numéro

À la ménopause, la chute d'oestrogènes entraîne chez la femme des symptômes incommodants, d'intensité variable mais aussi des plus grands risques face à certaines maladies. Bouffées de chaleur, sautes d'humeur, troubles du sommeil, sécheresse vaginale, ostéoporose, phlébites peuvent être évités ou atténués grâce aux solutions naturelles.

Même si la ménopause n’est pas une maladie, les réponses s’organisent autour de quatre axes de travail : des sédatifs ou des anxiolytiques pour répondre aux symptômes psycho-émotionnels s'ils dominent le tableau clinique de la patiente ; une suppléance spécifique hormonale, même si, depuis 2003, les recommandations de l’AFSSAPS (aujourd’hui ANSM) ont largement pondéré les stratégies hormonales substitutives ; une action locale pour un meilleur confort vaginal (lubrifiants et/ou ovules améliorant la trophicité de la muqueuse) ; enfin, une lutte contre l’ostéoporose, préventive ou curative, s’appuyant notamment sur des apports calciques et vitaminiques D. Plusieurs solutions naturelles s’offrent aussi aux patientes, avec un nécessaire suivi médical.

La sudation volontaire

La régulation de la température corporelle est un phénomène complexe, faisant intervenir des facteurs vasculaires, hépatiques et thyroïdiens. Les oestrogènes régulent la température de la peau via l’hypothalamus (principe de l’homéostasie). Quand leur taux chute, des bouffées de stimuli (progestérone) provoquent une vasodilatation rapide et une sudation brutale, surtout nocturne. Ce sont les bouffées de chaleur. C’est donc pour éviter une surchauffe que l’organisme tente de dissiper la chaleur en faisant transpirer et en provoquant une vasodilatation périphérique. Les déclencheurs sont souvent le stress, les émotions, les variations de température, les espaces confinés, la prise de café, de tabac ou d’alcool.

En naturopathie, il est habituel d’interpréter les bouffées de chaleur sur le registre des « surcharges humorales » : le mode de vie fait que se cumulent un affaiblissement fonctionnel progressif des émonctoires (filtrage moins performant du foie et des reins surtout), une sédentarité, et donc une minoration de la ventilation pulmonaire et de la sudation liée à l’activité physique, et une consommation excessive de produits animaux, sucres, aliments raffinés, lipides dits trans ou saturés… Sans oublier les innombrables prises involontaires de polluants (xénobiotiques). Il n’est donc pas absurde de considérer les bouffées de chaleur comme autant de tentatives périodiques d’élimination de ces indésirables par les glandes cutanées (sudoripares et sébacées).

La clé d’excellence pour les contrôler demeure la sudation volontaire et régulière pendant quelques semaines. Sauna (chaleur sèche) ou hammam (chaleur humide) feront de petits miracles : la transpiration obtenue dans la journée (après-midi de préférence) se substituera aux suées nocturnes. Rares sont les femmes déçues par la méthode.

Du soja bio et fermenté

Neuf Américaines sur dix se plaignent de bouffées de chaleur, contre une Japonaise sur quatre seulement. Or l’alimentation des Japonaises est très riche en phytoestrogènes : elles en consomment chaque jour plus de 50 mg, alors que les Américaines en reçoivent 10 fois moins. Parce qu’ils peuvent mimer les hormones femelles, les phytoestrogènes diminuent-ils les bouffées de chaleur ? Des études cliniques récentes ont cherché à le savoir. Six ont trouvé que les isoflavones de soja sont efficaces en complément de l’alimentation pour diminuer les bouffées de chaleur. Les femmes qui ont pris chaque jour un extrait de soja riche en isoflavones ont vu leurs bouffées baisser de 65 % contre seulement 28 % dans le groupe ayant reçu le placebo.

La controverse va toutefois bon train depuis quelques années, les agences sanitaires européennes communiquant sur les dangers du soja (cancer, féminisation des hommes…). Mais les études ont été réalisées avec des sojas en graine ou des extraits non fermentés. La solution : choisir des produits bio et fermentés (comme le miso).

Les oestrogènes diminuant, ils ne nourrissent plus la muqueuse vaginale et la vulve comme avant. Plus fine, sensible ou hémorragique, la muqueuse souffre d’autant plus durant les rapports sexuels que la lubrification naturelle décroît. Acide, la flore vaginale est aussi menacée d’alcalinisation par manque d’acide lactique ou par le champignon Candida albicans. Lors d’une dysbiose (perturbation de l’équilibre du microbiote) associée à une inflammation digestive aiguë ou chronique, la perméabilité de la muqueuse intestinale favorise la migration des souches. Le désagrément lors d’une activité sexuelle est nommé dyspareunie, typique de la vaginite atrophique postménopausique, et concerne pas moins d’une femme occidentale sur deux.

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En allopathie, des ovules vaginaux pharmaceutiques associent des souches de bacilles de Döderlein (flore normale du vagin) à des hormones de synthèse (Lactobacillus casei, estriol, progestérone).

Des alternatives naturelles sont possibles et appréciées par de nombreux gynécologues :

  • Cures d’huile d’onagre,
  • Oméga 7 (acide palmitoléique) issus par exemple des graines de l’argousier,
  • Zinc,
  • Silicium organique,
  • Ovules au calendula (en pharmacie, à utiliser au début des désagréments pour limiter l’inflammation),
  • Ovules à base d’huiles essentielles de sauge sclarée et de cyprès, vitamine E naturelle, huile végétale de rose musquée du Chili et de jojoba (en cas d'historique de cancer hormono-dépendant, à arbitrer avec votre professionnel de santé)
  • Gel d’Aloe vera.

Alternatives végétales aux THS

Apports hormonaux ou non ? Reprenons rapidement ici la controverse à propos des traitements hormonaux substitutifs (THS) – ou de la ménopause (THM). On sait depuis 2002 que consommer des oestrogènes par voie orale pendant plus de cinq ans multiplie fortement le risque de cancer de l’utérus. Des études plus récentes ont également montré un risque accru de cancer du sein et des ovaires. Les autres effets secondaires ou indésirables sont nombreux et aujourd'hui bien répertoriés : prise de poids, oedèmes, tensions mammaires, phlébites, varices, troubles de la vésicule biliaire, céphalées, dépressions… Argumenter en faveur d’une prévention cardiovasculaire s’est avéré être une grave erreur, comme les études l'ont montré depuis : tout comme la pilule anticonceptionnelle, les THS altère la circulation, élève la tension artérielle et augmente les risques de thrombose (phlébites, embolie pulmonaire, angine de poitrine).

Ainsi, de plus en plus de gynécologues se tournent vers des traitements naturels végétaux pour remplacer les THM (surveillance médicale indispensable). Les phytoestrogènes ne sont pas, à proprement parler, des hormones mais plutôt des leurres. Ils sont en effet 1 000 à 10 000 fois plus faiblement dosées en actifs que les hormones féminines et leurs molécules. Ils appartiennent à la catégorie des polyphénols (et non des stéroïdes dont les oestrogènes font partie), tout comme les flavonoïdes, les tannins, les anthocyanes et les catéchines, des antioxydants que l’on trouve dans les fruits, les légumes et dans le thé. On considère qu’ils ont une activité oestrogénique 200 à 100 000 fois inférieure (selon les sources) à celle des différents oestrogènes.

Toutefois, leurs actions sont modulatrices car ils ont des affinités pour les récepteurs tissulaires tantôt alpha, tantôt bêta : en ceci, ils sont favorablement pro oestrogéniques sur les os, le cerveau, les poumons ou la vessie, mais, favorablement encore, anti oestrogéniques sur les ovaires, les seins et l’utérus ! De plus, ils sont sans danger pour la santé. Dans les années 1990, des études ont d’ailleurs confirmé leur action bénéfique.

Où trouver des phytoestrogènes

Les phytoestrogènes se retrouvent dans le soja (fermenté ou germé), les légumineuses, le houblon, le lin, le fenouil ou la carotte. Les plus connus, comme ceux du soja, appartiennent à une famille de substances appelées isoflavones (pois chiches, haricots, fèves, thé vert, oignon, chou-fleur, concombre, raisin, framboise, vin rouge, huile d’olive, agrumes…). Mais il existe d’autres phytoestrogènes appelés lignanes (céréales complètes, graines de lin, de tournesol, de sésame, olives, flageolets, lentilles, poivrons, fruits rouges, pommes, poire, pamplemousse, ail, thé vert…). Comme de nombreux composés phénoliques, les lignanes peuvent être qualifiés d’antioxydants.

Si vous préférez éviter les phyto-oestrogènes, il existe des alternatives que vous trouverez ici.

Isoflavones à booster

Les isoflavones du soja ne sont ni assimilables, ni actives dans leur état natif. Il faut qu’elles soient transformées par les bactéries intestinales lors de la digestion pour être absorbées par l’intestin, passer dans le sang et être actives au niveau des récepteurs œstrogéniques. En fonction de la flore intestinale de chacun, du régime alimentaire et de la prise de médicaments, les isoflavones peuvent être activées ou non. Il semblerait que chez certains, la consommation de soja n’ait aucun effet sur l’activité œstrogénique. Il convient donc de sélectionner la qualité des aliments concernés (bio, frais) et de bien connaître son métabolisme. Brocoli, carotte, chou-fleur, épinard et pamplemousse boostent le métabolisme des isoflavones.

Une nécessaire médecine intégrative

Dans tous les cas de risques majeurs, cardiovasculaires et osseux (ostéoporose), une saine et cordiale complémentarité des praticiens, allopathe et naturopathe, dans le respect des compétences et des fonctions de chacun, est de mise. Cette coopération réalise ce qu’il est convenu de nommer aujourd’hui « médecine intégrative », un nouveau paradigme (pour la France) qui donne un aperçu de ce que sera la médecine de demain.


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