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Ménopause, luttez contre ses symptômes

Article paru dans le journal nº 26 Acheter ce numéro

Dans la continuité de notre article consacré à la ménopause, le Dr Van Snyck nous propose une panoplie de solutions naturelles pour soulager les femmes de ses effets désagréables en contournant les traitements hormonaux substitutifs.

Rappelons d’abord que l’état de ménopause n’est pas une maladie, mais une évolution naturelle. L’arrêt des sécrétions hormonales féminines, qui commence par la progestérone puis par la chute des œstrogènes, entraîne des modifications physiques et psychiques. On distingue deux périodes. D’abord, la préménopause (45-48 ans), caractérisée par la baisse de la progestérone ou une élévation relative des œstrogènes qui induit un déséquilibre hormonal, provoquant irritabilité, irrégularité des cycles, tension dans les seins… La seconde étape correspond à la diminution des œstrogènes et se manifeste par des bouffées de chaleur puis par la disparition des règles.

La carence hormonale est responsable de l’amincissement, de l’assèchement de la peau et des muqueuses génitales et urinaires, de modifications de la silhouette et de l’ostéoporose. Actuellement, la ménopause touche des femmes d’une cinquantaine d’années qui vivent en moyenne jusqu’à 80 ans, et qui vont donc passer le tiers de leur vie avec les symptômes associés. Jusqu’en 2002, date de la grande étude WHI (Women Health Initiative), les hormones de remplacement étaient prescrites. Mais les risques de cancers et vasculaires
légitiment les approches « naturelles ».

Les phytohormones

La prescription de phytohormones représente une alternative souvent efficace au traitement hormonal substitutif (THS) dans diverses situations, notamment après la prise de THS pendant dix ans, lorsqu’il n’est plus souhaité ou mal toléré par la patiente. Les phytohormones peuvent être prescrites, après accord du médecin traitant, dans la majorité des contre-indications au THS, exception faite des cancers gynécologiques, surtout s’ils sont hormonodépendants, et des troubles majeurs de la coagulation (thrombose, embolie pulmonaire).

Phyto-œstrogènes en question

Les phyto-oestrogènes se retrouvent dans trois groupes principaux de substances végétales : isoflavones, lignanes et coumestanes. Les isoflavones se divisent en trois groupes actifs : génistéine, daidzéine et glycitéine. Ils ont une structure qui ressemble aux œstradiols (hormones clés dans le développement et le maintien des caractères sexuels féminins) et occupent les récepteurs œstrogènes. Lorsqu’ils sont associés aux œstradiols, ils ralentissent l’action de ces derniers en bloquant les récepteurs œstrogènes. Cette activité est confirmée sur les symptômes de ménopause, d’irritabilité, de bouffées de chaleur, de sueurs, d’ostéoporose… Ils ont aussi une action sur la cytologie vaginale et la diminution de flushes (érythème). Leur action préventive sur le cancer du sein a été étudiée et semble prometteuse, bien qu’ils soient déconseillés en cas de cancer avéré. Les isoflavones pourraient en effet interférer avec les traitements hormonaux du cancer du sein.

Une étude valide encore leur action bénéfique sur l’ostéoporose car ils réduisent la résorption de l’os par régulation du métabolisme : la daidzéine en contrecarrant l’IGF (insulin-like growth factor-1, ou « facteur de croissance 1 ressemblant à l’insuline ») dans l’os, et la génistéine en inhibant une enzyme transférase (la tyrosine kinase) et en ralentissant la vitesse des ostéoclastes. Concernant les affections cardiaques, le soja, grâce à la lécithine, diminue de 12,9 % le cholestérol LDL (le mauvais), augmente de 22 % le HDL (le bon), abaisse de 10,5 % le taux des triglycérides, ce qui réduit notablement le risque vasculaire. Notons encore que la génistéine présente une action antithrombotique.

Plantes imitant l’effet hormonal

  • Isoflavones de soja
  • (germes de la fève de soja)

Le soja sauvage (glycine soja) est à ce jour le phyto-œstrogène le plus étudié chez la femme. Les huiles végétales de soja, par exemple, sont riches en acides gras poly-insaturés de la série oméga 3 au même titre que les huiles de poisson. Ce sont des complé-ments particulièrement intéressants, notamment pour le fonctionnement cérébral et la prévention du risque cardiovasculaire (EPA, DHA).

  • Humulus lupulus

Le houblon (Humulus lupulus) est œstrogène-like et anti-androgène. Il est particulièrement intéressant chez la femme ménopausée présentant de l’acné ou une pilosité inesthétique (apparition ou aggravation).

  • Salvia officinalis

La sauge (Salvia officinalis) a une action œstrogène-like non prouvée mais souvent décrite. Elle est traditionnellement prescrite en cas de bouffées de chaleur. Sa toxicité est faible, sauf en huile essentielle, du fait de la présence de thuyone épileptisante. Préférez-lui la sauge sclarée.

  • Medicago sativa

La luzerne (Medicago sativa), ou alfalfa, présente une activité œstrogénique. Elle ne peut être utilisée à ces fins qu’avec circonspection car elle est rendue responsable de la réactivation possible de différentes pathologies auto-immunes (LED, pancytopénie, arthralgies…), sans doute liées à la présence de L-canavanine. La luzerne est une phyto-œstrogène très active. Son usage prolongé doit s’accompagner d’un bilan précis de la coagulabilité sanguine en raison de sa teneur en vitamine K. Riche en silice, elle est considérée comme plante reminéralisante. Des réserves à son emploi s’imposent donc.

  • Actaea racemosa

L’actée à grappes (Actaea racemosa) a une action de type hormonale qui diminue le taux de LH et stimule la sécrétion des œstrogènes. Elle est peu toxique, néanmoins son utilisation est moins traditionnelle. Elle présente une activité œstriol et anti-LH dont les points d’impact sont essentiellement l’axe hypothalamo-hypophysaire et la muqueuse vaginale. Son action sur l’endomètre est plus faible. Son efficacité sur les bouffées de chaleur, les troubles de l’humeur, la sécheresse vaginale et ses manifestations (prurit vulvaire, inflammation, dyspareunie) a été démontrée. Cliniquement, elle montre une action plus importante sur les symptômes du système sympathique que le soja.

  • Panax ginseng

Le ginseng (Panax ginseng) a des effets sur la gynécomastie chez l’homme (développement excessif des glandes mammaires). Sa toxicité est faible. Le ginseng et l’éleuthérocoque (Eleutherococcus senticosus) sont des stimulants hypophysaires, des toniques physiques et intellectuels, adaptogènes et stimulants immunitaires.

  • Angelica archangelica

L’angélique (Angelica archangelica) est toxique du fait de la présence de furocoumarines (photosensibilisants et cancérigènes), sauf en extraction aqueuse (les coumarines sont non-solubles).

  • Vitex agnus castus

Le gattilier (Vitex agnus castus), très étudié récemment, freine la sécrétion de prolactine par une action similaire à celle de la dopamine. Cette régulation aboutit, par une action directe sur l’hypothalamus, à l’augmentation du taux de progestérone et au rétablissement du rapport œstrogène-progestérone.

  • Alchemilla vulgaris

L’alchemille (Alchemilla vulgaris) est traditionnellement utilisée pour lutter contre l’hyperœstrogénisme. Son utilisation est basée sur la théorie des signatures (théorie selon laquelle la forme et l’aspect des plantes sont à rapprocher de leurs propriétés thérapeutiques). Elle a été peu étudiée.

  • Yam dioscorea villosa ou mexicana

L’igname du Mexique (Dioscorea mexicana ou villosa) est riche en diosgénine, précurseur de la progestérone naturelle, dont est issu par hémisynthèse un certain nombre de progestatifs ou progestérones allopathiques. Bien qu’évidente en pratique clinique, l’action progestative du yam n’était pas encore démontrée in vivo, et le corps ne possède pas les enzymes capables de transformer la diosgénine en progestérone. Cette plante est peu toxique. Deux publications récentes attestent néanmoins de son pouvoir progestéronique, que l’on peut considérer comme une phyto-pro-progestérone,
histoire d’éviter les polémiques.

Les plantes à action non hormone-like

Pour vaincre les bouffées de chaleur sans avoir recours à des produits de type hormone-like, certaines plantes sont efficaces en agissant sur le système parasympathique et orthosympathique.

  • Œnothera biennis

L’onagre bisannuelle (Œnothera biennis) est riche en acide gamma-linolénique de la série oméga 6, précurseur biologique de prostaglandines inhibitrices de la phospholipase A2, bloquant ainsi la cascade arachidonique, donc les processus inflammatoires, allergiques et d’accidents vasculaires. Elle est active grâce aux acides gras essentiels précurseurs des PGE1 et PGE2, et est non toxique.

Quelques allergies dues aux lactones sesquiterpéniques ont été notées exceptionnellement. L’achillée millefeuille a probablement un effet anti-inflammatoire sur le petit bassin grâce à ses lactones. Son activité hormonale est peu probable.

  • L’extrait de pollen

Il agit en diminuant les troubles du climatère (ou symptômes de la ménopause), bouffées de chaleur et sueurs nocturnes notamment. Le mécanisme d’action a lieu au travers des prostaglandines et du métabolisme du tryptophane. Les acides gras diminuent les douleurs articulaires, tandis que les vitamines B1 et B6 réduisent l’irritabilité et améliorent le sommeil.

  • La vitamine E

Elle renforce l’effet des produits naturels sur les bouffées de chaleur.

Associations utiles

La phytothérapie appliquée à la ménopause est une possibilité intéressante. Elle peut être complémentaire d’un traitement hormonal substitutif, alternative à celui-ci ou associée. Pour combattre les symptômes désagréables de la ménopause, le complexe Donna Comfort (sauge, houblon, ginseng, vitamine E et pollen) agit directement sur le système parasympathique et orthosympathique grâce à sa combinaison œstrogène-like et non hormone-like.

Hygiène de vie et alimentation

L’exercice à raison de 20 minutes minimum trois fois par semaine et une alimentation équilibrée seront associés à ces traitements naturels. L’alimentation peut aussi aider à prévenir l’ostéoporose grâce aux légumes verts, choux, figues et surtout fruits secs (amandes, noisettes) qui sont de bonnes sources de calcium. Si vous consommez encore des produits laitiers, il faut éviter les fromages à pâte cuite, très salés, qui sont très acidifiants, favorisent la fuite du calcium dans les urines.

Mettez l’accent sur les protéines mais évitez les viandes en trop grande quantité, car elles sont acidifiantes. Les légumineuses (lentilles, pois, haricots…) et le poisson sont conseillés, en particulier les poissons gras riches en oméga 3.

 


 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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