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Préparer l’après-pilule

Article paru dans le journal nº 81 Acheter ce numéro
  • Choisir un nouveau moyen de contraceptionChoisir un nouveau moyen de contraception

De plus en plus de Françaises délaissent la pilule pour des contraceptions avec moins d’effets indésirables. Beaucoup trouvent des avantages à arrêter les hormones, mais parfois apparaissent des symptômes désagréables. Outre-Atlantique, cela s’appelle le « syndrome post-pilule ». En France, le sujet reste méconnu et les femmes cherchent, seules, des remèdes. Tour d’horizon des bénéfices et désagréments les plus courants de ce changement. (partie IV)

Arrêter la pilule, le geste paraît anodin, pourtant il peut bouleverser la vie quotidienne et conjugale. Afin de vivre ce moment le plus sereinement possible, voici quelques conseils.

Un sevrage progressif

Un nombre croissant de femmes arrête la pilule en réalisant un sevrage progressif, comme on le fait avec d’autres médicaments aux effets puissants. À l’occasion de mon sondage de 2017, nombre de celles qui avaient eu des effets indésirables lors d’un précédent arrêt, ont dit que cette méthode avait permis de réduire leur syndrome post-pilule.

Nous avons interrogé la gynécologue Bérengère Arnal. Elle ne voit aucune contre-indication à ce sevrage hormis pour les femmes atteintes d’un cancer du sein ou d’un accident thromboembolique (qui doivent arrêter immédiatement). Elle conseille ce sevrage à ses patientes dans le cadre de traitements hormonaux substitutifs de la ménopause.

Comment procéder ? Bérangère Arnal conseille de commencer par prendre les comprimés un jour sur deux, puis sur trois durant 
deux à trois mois maximum. Les comprimés sont pelliculés pour une meilleure tolérance, évitez donc de les couper. L’un des avantages 
d’un sevrage serait de limiter l’effet rebond de l’acné (démarrer en même temps un traitement naturel) et l’un des inconvénients serait 
des saignements imprévisibles.

Sevrage ou pas, les Dr Briden et Brighten recommandent d’entamer un protocole post-pilule un à trois mois avant l’arrêt. Enfin, armez-vous de patience. Les cas les plus graves mettent des mois à voir les premières améliorations et les problèmes de peau sont souvent les derniers résolus.

Une nouvelle contraception ?

Pour nombre de femmes souffrant d’effets indésirables sous pilule, il est hors de question d’opter pour une nouvelle contraception hormonale. Beaucoup adoptent des dispositifs intra-utérins alias « stérilets » au cuivre, l’option sans hormones la plus efficace. En revanche, elle expose à nouveau à des risques d’effets indésirables. Si cette contraception ne vous convient pas, restent les options ci-dessous qui sont « efficaces » à « très efficaces », selon les critères de l’OMS, et sans effets indésirables majeurs. Les pourcentages d’efficacité présentés correspondent à l’efficacité en « usage parfait » en respectant les conditions d’utilisation et en usage « courant », c’est-à-dire avec les aléas de la vie réelle :

  • Préservatif masculin, efficacité : 85 à 98 %.
  • Diaphragme et spermicide : dôme en silicone à insérer dans le vagin avant le rapport. Efficacité : 84 à 94 %, maximisée en pratiquant aussi le retrait.
  • Symptothermie : méthode de connaissance du cycle qui permet de définir les périodes fertiles de la femme. À coupler pendant la période fertile avec le préservatif (efficacité 85 à 98 %), le diaphragme (efficacité 84 à 94 %) ou les pratiques non pénétratives (efficacité 99 %).
  • Contraception masculine thermique : slip troué ou anneau en silicone dans lesquels passent le pénis et le scrotum, ce qui remonte les testicules, augmente leur température et stoppe la production de spermatozoïdes. À porter quinze heures par jour. Efficacité : 99 à 100 % (NDLR, les études ont été réalisées sur des très faibles échantillons, le taux d’efficacité pourrait être réévalué à l’avenir).
  • Stérilisation féminine ou masculine : 99,9 % d’efficacité.

Gérer les avis de l’entourage

L’arrêt de la pilule génère parfois des réactions désapprobatrices : remarques paternalistes du corps médical, inquiétudes des parents, manque d’implication du conjoint… Pour y faire face, voici trois conseils :

  • Vous n’êtes pas tenue de révéler que vous arrêtez la pilule, c’est une décision intime.
  • C’est votre corps qui subit les effets indésirables d’une contraception, personne ne doit jamais faire pression sur vous pour que vous preniez telle ou telle contraception.
  • Ayez une discussion approfondie avec votre conjoint afin de réfléchir à votre nouvelle contraception et lui expliquer ce que vous attendez de lui (contraception masculine, implication financière).

Où trouver un médecin bienveillant ?

L’arrêt de la pilule est parfois mal perçu par certains médecins qui vous en découragent ou vous jugent sans vous écouter. Si tel est votre cas, voici deux ressources :

• Carte des « soignants bienveillants » sur le site : www.gynandco.wordpress.com (basée sur des retours patients).

• Liste des 400 médecins français, suisses et belges formés aux méthodes de connaissance du cycle sur jarretelapilule.fr

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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